Amandine CRISTINA – Être un propriétaire-éleveur de chevaux dans l’Antiquité tardive en Occident

« Être un propriétaire-éleveur de chevaux  dans l’Antiquité tardive en Occident : la construction du prestige social grâce à l’image et aux valeurs véhiculées par un animal »

Amandine CRISTINA
Doctorante
Université Paris Ouest Nanterre

Les Romains ont toujours été passionnés par les spectacles : jeux de l’amphithéâtre, jeux scéniques, jeux gymniques et jeux du cirque. Mais le spectacle qui déchaînait les foules, a fortiori suite à l’interdiction des combats de gladiateurs vers 400 après J.-C., c’était celui du cirque et particulièrement l’épreuve reine, la course de quadrige. Le peu d’effet que les discours des prédicateurs chrétiens eurent sur les fidèles, qui continuaient de se rendre au cirque et de parler des chevaux vainqueurs et des auriges pendant les sermons, suffit à nous convaincre que les chevaux comme leurs conducteurs étaient toujours considérés comme des vedettes dans l’Antiquité tardive. Le cirque était bien le lieu de la ferveur populaire, mais les élites romaines y ont joué un rôle essentiel qui ne se limitait pas seulement à celui d’évergète.

Nous proposons dans cette communication à l’aide de documents iconographiques et textuels de démontrer comment les propriétaires de chevaux, en Occident entre le iiie et le vie siècle après J.-C. se sont mis en scène à côté de leurs chevaux pour exalter le prestige lié à cet animal de luxe. Comme le disait déjà Xénophon : « selon l’opinion générale, l’occupation la plus belle et la plus magnifique de toutes, c’est l’élevage des chevaux pour les courses de chars ». En effet, le cheval et surtout son élevage ont toujours été une affaire de riches et ont, de fait, été réservé à une petite frange de la société romaine. Sans élevage, les élites ne pouvaient se constituer une écurie qui se devait d’être de qualité et prouver leur importance au sein de la hiérarchie sociale. Sans élevage, les élites ne pouvaient offrir des jeux hippiques comme les appréciaient leurs concitoyens et accentuer leur rôle politique au sein de la cité.

C’est durant l’Antiquité tardive que le rôle du cheval connaît d’importantes transformations en passant du cheval d’apparat et de course dans l’Antiquité au cheval de guerre dans les armées tardo-antiques, pour devenir le marqueur social d’une nouvelle élite, la chevalerie, au haut Moyen Âge. Le sujet viendra combler une lacune dans la compréhension du rôle du cheval dans le développement social et économique de la société tardo-antique. Notre sujet recouvre bien des aspects inhérents à la notion de prestige. Mais nous nous attacherons principalement à montrer les différentes pratiques ostentatoires mises en place par les élites autour du cheval et de son élevage et les différents sens qu’elles revêtent.

Le Prestige, autour des formes de la différenciation sociale
10e colloque annuel de la MAE