Arnaud ESQUERRE – De la libre circulation des morts

« De la libre circulation des morts »

Arnaud ESQUERRE
Chargé de recherche
UMR 7186 – LESC
Page personnelle

LE FUNÉRAIRE. Mémoire, protocoles, monuments.
11e colloque annuel de la MAE

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Pourquoi l’État est-il, en France, la seule entité, via ses représentants, à déplacer les morts ? Il peut le faire notamment lors des exhumations à la suite de concessions arrivées à leur terme, dans le cadre d’une enquête médico-légale, et lors de la « restitution » de restes humains, présents dans des collections publiques, à un autre État qui en a fait la demande. Or, sans que cela présente un danger pour l’hygiène publique, les morts pourraient tout aussi bien circuler librement dès lors qu’ils sont sous forme de cendres, comme cela a été le cas de 1976 à 2008 en France. Pourtant cette possibilité s’est refermée dans un mouvement plus large de changement du rapport des restes humains au territoire depuis les années 1990, qui vise à immobiliser les morts sur le territoire, en triant ceux qui appartiennent à une communauté conjointe avec celle des vivants, de ceux qui n’y appartiennent pas.