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Pascale Binant - Thèmes de recherche

Thèse

Peintures rupestres de la Serra da Capivara : Les espaces de la représentation. Piaui, Brésil

     La Serra da Capivara, dans l’Etat du Piaui au Brésil, est connue pour la richesse de ces vestiges archéologiques et tout particulièrement l’extrême densité de peintures rupestres recensées par le travail conjugué des Professeurs Niede Guidon et Anne-Marie Pessis de l’Université de Recife. Un travail de plus de trente ans dont les fruits de l’opiniâtreté se concrétisent aujourd’hui par l’existence du Parc national de la Serra da Capivara et de la FUNDHAM Fundaçao do Museu do Homen Americano. Recherche, préservation, diffusion et mise en valeur de ce patrimoine exceptionnel animent l’esprit de ces structures.

   Sur l’ensemble du Parc de la Serra da Capivara, d’une superficie de 129 140 ha, plus de mille sites ont été répertoriés : tocas ou abris peints, la plupart attribués à l’Holocène, entre 9000 et 3000 ans BP, certaines dates laissant envisager une antériorité Pleistocène qui reste à confirmer. L’aire circonscrite par le Parc constitue une entité géographique et archéologique à l’origine de notre problématique, à savoir : les relations espace-s/représentation-s.


Figure 1 - Parc de la Serra da Capivara vue d'ensemble.  Photo © P. Binant

   Dans cette étude de peintures rupestres de la préhistoire du Brésil, il ne s’agit pas de considérer la dimension spatiale limitée au seul espace peint : la paroi ou, au mieux : l’abri, mais d’une démarche innovante dans ce domaine : la considération, autant que faire se peut, de l’ensemble des relations spatiales accessibles à partir des vestiges toujours existants. En l’état actuel, ces relations nous semblent pouvoir s’appréhender  comme suit :

1    -  Les représentations dans l’espace topographique ;
2    -  Les représentations dans l’espace de la Toca  ;
3    -  Les représentations dans l’espace de la paroi :
      a. selon des espaces naturels prédéterminants ;
      b. selon des espaces artificiels, transformés par l’Homme ;
4    -  Les représentations dans l’espace des représentations.


Figure 2 - Toca do Boqueirao do Paraguaio, n°97. Photo © P. Binant

    En nous demandant :
  Pourquoi, parmi les innombrables parois offertes à l’expression graphique des populations d’alors, certaines ont été investies, d’autres pas ?

  Au-delà de l’étude des peintures – figuration, techniques de réalisation, organisation, éventuelle signification – notre approche interroge le territoire comme entité signifiante de la dynamique culturelle et sociale qui a contribué, en leur temps, à leur accomplissement.
    Pour répondre à cette question centrale du travail envisagé, la considération de la localisation de chaque toca peinte au sein de l’ensemble du territoire circonscrit nous paraît primordiale. Parallèlement, chaque Toca peinte s’inscrit dans le territoire en relation avec  les autres tocas peintes (ou non). Au fil du temps, le territoire est ainsi  maillé par la prolifération des lieux peints dont il nous appartient d’essayer de saisir les raisons du choix ainsi que les inter-relations.

   Une fois déterminée une aire particulière au sein de l’ensemble du territoire qui, trop vaste, ne peut pas être considéré dans sa totalité, chaque toca peinte fera l’objet d’une description systématique, par fiche, indiquant sa localisation, ses caractéristiques géologiques, topographiques et morphologiques ainsi qu’une description détaillée des différents composants - de fond comme de forme -  des représentations observées. Une couverture photographique exhaustive alimentera le fonds documentaire en complément des documents déjà existants, réalisés par Niede Guidon et son équipe, mis à notre disposition à la bibliothèque de la FUNDHAM.
    Ce fonds documentaire étaiera l’approche de la notion d’espace au sein même de la Toca. D’une part en considérant les espaces de représentation dans la Toca, d’autre part en considérant les espaces de représentation sur la paroi et l’éventuelle utilisation voire transformation de celle-ci à cette fin. Pour terminer, l’ultime espace considéré sera celui de la représentation elle-même et de l’agencement des différentes figures entre elles dans cet espace.
Ce travail permettra également l’établissement d’un lexique des figures. Nous entendons par figure tout graphisme de nature humaine, quelles que soient sa forme et sa technique de réalisation.


Figure 3 - Toca da Baixa das Cabaceiras,n°170. Remontage photographique P. Binant

   Ce travail s’inscrit également dans le cadre de la mission franco-brésilienne « Espaces  et  Temps  des  Premiers  Hommes  du  Piaui »  – E.T.P.H.Pi  entreprise depuis 2007 sous l’égide du Ministère des Affaires Extérieures et dirigée par Michel Rasse, Maître de Conférences à l’Université de Rouen.  Depuis 2008, au sein de cette mission, nous sommes chargée de l’étude spatio-temporelle des peintures rupestres du Parc de la Serra da Capivara.


Du scientifique au public

   Du savoir scientifique au savoir néophyte, comment s’opère la transmission des connaissances ?
   La préhistoire, de ce point de vue, est un domaine de prédilection. Discipline des Sciences humaines, elle élabore un discours scientifique à partir de faits observés selon des méthodes différentes en fonction des écoles et des époques. L’étude de ces changements de méthode est, en soi, riche d’enseignements quant à l’inscription de la préhistoire comme démarche scientifique et à sa capacité de rendre compte de la réalité des temps passés qui font son objet d’étude. La préhistoire reste cependant  peu curieuse de son histoire, épistémologie, historiographie y sont peu développées.
   Sans un regard critique de la discipline sur elle-même quelle valeur accorder aux connaissances acquises et, a fortiori, à celles transmises au public ?













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