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Mélina Dessoles - Thèmes de recherche

   La période comprise entre 60 000 et 45 000 est traditionnellement une période très sujette à débat, avant tout en Europe occidentale. C’est à cette période que l’Homme de Néandertal disparaît progressivement au profit de l’Homo Sapiens dont l’origine serait africaine. L’Homo Sapiens serait né il y a 200 000 ans en Afrique et aurait progressivement colonisé le onde pour apparaître finalement vers 35 000 BP en Europe (exemple de l’Homme de Cro Magnon). Plusieurs routes sont retenues pour parler alors de l’Out of Africa, dans lequel finalement le débat s’insère. Originaire d’Afrique, l’homme moderne aurait soit remonté le Nil pour rejoindre la côte méditerranéenne ou soit il serait passé par le Bab el-Mandeb  de la corne africaine pour rejoindre la péninsule arabique pour ensuite se disperser. Mais quelque soit le modèle retenu, la migration se fait du sud vers le nord, sans prendre en compte une quelconque influence de nord sur le sud et ainsi envisager un possible reflux des Hommes modernes face à des changements contextuels (changement environnementaux, recul avec des populations vivant sur ces territoires,…). On associe généralement les comportements modernes (sépultures, nouvelle technique de débitage, apparition de l’industrie osseuse) à l’Homme moderne. Progressant vers le nord, celui-ci aurait apporté avec lui cette culture dite « moderne », remplaçant progressivement la culture locale et/ou dont certains éléments sont assimilés par la population allochtone. Cette assimilation est alors automatiquement perçu comme étant celle des Homo sapiens qui influencent les Néandertaliens sans imaginer que l’assimilation de certains éléments culturels ait pu jouer aussi dans l’autre sens.
    Pour répondre à cette question, il était inévitable d’abord d’envisager une étude poussée sur l’Egypte qui géographiquement parlant (et peut-être aussi culturellement parlant) constitue un lien entre Afrique et Orient. Il était ensuite nécessaire d’effectuer des comparaisons entre des sites correspondant plus ou moins à une même fourchette chronologique.
  Le choix du matériel de référence s’est tout de suite porté sur le matériel provenant de la région de Qena.
    Issu de fouilles récentes, le matériel a déjà fait l’objet d’études qui ont permis de placer ces occupations dans une fourchette chronologique précise et d’en déterminer la stratégie de débitage mise en place. Malgré tout, notre problématique n’étant pas celle d’une redéfinition de la technique Levallois, la reprise du matériel nous permet d’aborder d’autres questions comme celle de l’évolution dans la production d’outils suivant les périodes (entre fin Paléolithique moyen et début Paléolithique supérieur) et suivant les lieux, pour voir si à certains moments, cette production se rapproche davantage d’une tradition africaine ou d’une tradition levantine. La provenance du matériel lithique étudiée nous permet donc de faire à la fois une étude diachronique et une étude synchronique.
   Dans le but d’une comparaison entre sites, le choix s’est porté vers le sud de l’Egypte dont les collections issues des fouilles Wendorf sont aujourd’hui conservées au British Museum, même si ces fouilles sont plus anciennes. La comparaison s’effectuera donc entre des sites de Moyenne Egypte et des sites de Haute-Egypte/Nubie (E71K9, E71P2, E71P6 et E71P7).

   Ce travail doctoral fait par ailleurs l’objet d’une co-tutelle de thèse entre Paris Ouest-Nanterre et la Katholieke Universiteit Leuven.

   Parallèlement à ce travail de doctorat en cours, j’ai participé à des missions en Egypte :

        •    D’abord à Hiérakonpolis, site du prédynastique égyptien, où il m’a été permis d’étudier un échantillon de l’industrie lithique dans le but de réaliser une modélisation spatiale de la localisation des ateliers en parallèles avec l’évolution de la cité et la mise ne place progressive d’un pouvoir politique plus complexe.

         •    Ensuite au nord du lac Qaroun (Fayoum) où j’ai été invitée par le SCA - Ministère des Antiquités Egyptiennes à participer à une fouille égyptienne. L’un des buts de cette première mission était de réaliser des prospections en vue de mettre en place une nouvelle étude de cette zone géographique. En plus d’obtenir des informations complémentaires sur l’Epipaléolithique égyptien (fouilles de Caton-Thompson, fouilles et études géomorphologiques de Wendorf) quelques éléments sur le Paléolithique moyen ont pu être rassemblés. Le programme d’étude a dû être abandonné pour des raisons politiques. La date de reprise du programme n’est actuellement pas connue.

    Parallèlement à ces recherches sur le territoire égyptien, je travaille également dans le Bassin Parisien, sur les sites de Pincevent et d’Ormesson, au sein de l’équipe CNRS-UMR 7041 Ethnologie préhistorique. Ma participation a surtout concernée la gestion du matériel excavé lors des fouilles, depuis le prélèvement sur site jusqu’ç la répartition des objets aux spécialistes qui sont ensuite chargés de les étudier. Cette gestion des collections passe notamment par le choix des méthodes appropriées pour la conservation, plus particulièrement pour les matériaux fragiles que sont les os et l’ocre. Dans ma fonction, je dois également former des étudiants dans le cadre de leur formation universitaire. Aujourd’hui, je collabore davantage au travail sur Ormesson et à la problématique sur les Gravettiens du Bassin parisien en participant notamment à l’étude du matériel et à sa publication.

   Depuis l’année universitaire 2012-2013, je suis en charge des TD d’ « Introduction à l’ethnologie préhistorique » à Paris Ouest Nanterre La Défense, niveau L1.













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