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Le(s) sens de l'altérité


Le(s) sens
de l'altérité

Les sens
de l'évolution

Détermination et
sens des systèmes techniques










  Nous utilisons le mot altérité comme la reconnaissance de l’autre dans sa différence. Cette notion implique un travail réflexif sur la façon dont nous le percevons. Non pas une objectivité scientiste, qui, dans nos domaines de recherche, est en réalité médiatisée et liée par la subjectivité de celui qui l’énonce, mais une interprétation qui tend vers l’objectivité tout en assumant sa subjectivité reconnue.

  La reconnaissance de l’altérité n’est pas à confondre avec la mise en évidence de la diversité. L’altérité rend compte d’une dimension anthropologique, alors que la diversité ne rend compte que d’un ensemble de possibles qu’offre l’homme, mais dont il n’est pas l’essence, c’est un simple constat. Cette phase reste néanmoins essentielle et fait l’objet de tout un ensemble de registres de méthodes capables de montrer l’existence de différences, et où portent ces différences.

  Le sens de l’altérité ou plutôt les sens de l’altérité sont bien évidemment plus difficiles à appréhender. Pour aborder certains d’entre eux, nous ne parlerons pas de métaphysique, trop loin de nos préoccupations immédiates, mais d’ontologie en s’attachant aux objets produits par l’Homme et non à l’Homme pris isolément. Pourquoi s’attacher aux objets, le plus souvent perçus comme complémentaires et extérieurs à l’Homme ? L’Homme et la technique sont coévolutifs. En d’autres termes, la technique serait aussi constitutive de l’évolution humaine. De l’ontologie du sujet, nous nous déplaçons ainsi vers l’ontologie de l’objet puis celle du couple objet/sujet. En cela nous introduisons une distinction fondamentale capable de rendre compte de l’existence de sens pluriels de l’évolution. Il existe une approche spécifique de l’objet qui rend compte d’un sens particulier de l’évolution. En effet, les objets évoluent-ils à l’envers, du plus concret vers le plus abstrait ? Ne parle t’on pas le plus souvent de perfectionnement, de progrès ? Et du sens de l’évolution de l’objet via l’homme, qui est la seule réalité matérielle. Autrement dit son histoire. Mais une histoire appréhendée à travers ses différents aspects : économique, psychologique, technique, symbolique etc.

  Si l’utilisation d’objets n’est pas spécifique de l’Homme, l’observation sur le temps long des objets produits par l’Homme montre que leur transformation permanente est une des caractéristiques humaines. L’Homme réalise des objets par le biais d’une technicité inventée, puis transmise. Il les invente, les manipule, les transforme, les abandonne et en réinvente de nouveaux. Cette cyclicité témoigne d’un mouvement que certains ont appelé « élan vital », tendance, individuation etc. L’intelligence et l’instinct de l’Homme ont produit, depuis les premiers vestiges que nous avons retrouvés il y a 2,5 Ma jusqu’à ce jour, des objets qui, par réflexivité, ont permis à l’Homme de mieux s’adapter, pour ne pas oser dire mieux vivre. La co-évolution est donc un phénomène complexe que nous tentons de comprendre.

  Cette compréhension repose sur la prise en compte des artefacts, bien évidemment, mais le dire de cette façon ne suffit pas. En effet, il y a mille et une façons d’appréhender l’objet. De façon très générale nous pouvons les regrouper en trois points de vue :

- 1. Le premier point de vue pense les objets comme des instruments extérieurs à l’Homme, de simples interfaces, des ustensiles. Les objets sont alors simplement classés. Mais ni la réalité intrinsèque (raison de leur existence), ni le sens sont interrogés ; cette position amène à nier l’existence de toute culture technique.

- 2. Le deuxième point de vue perçoit en l’objet toute sa valeur culturelle, mais décrète du fait de son ancienneté et de l’absence d’analogie possible avec un référentiel actualiste qu’il est mort de toute mémoire. La solution préconisée est alors de mettre en relation les différents objets issus d’un même espace temps, d’une même situation. Le sens ne provient pas des objets mais des relations qu’ils entretiennent entre eux. Cette approche de type systémique est intéressante, mais que signifie une relation si l’on ne peut établir le pourquoi de la nécessaire complémentarité.

- 3. Le dernier point de vue est celui que notre équipe adopte. Il s’agit de partir du principe que tout objet, quel qu’il soit, possède en lui une mémoire anthropologique, appelée plus communément mémoire épi-phylogénétique, capable d’être dévoilée. Notre travail consiste à retrouver cette mémoire afin de disposer du maximum d’informations. Mais là encore, il ne suffira pas de le dire de cette façon, car trois questions fondamentales et sous-jacentes se posent :

- Quelles informations recherche-t-on et à quelle question tentons nous de répondre ?
- Pourquoi faire ?
- Comment faire pour obtenir ce maximum d’informations ?


Autres thèmes de recherche :
- Les sens de l’évolution : approche techno-logique
- Détermination et sens des systèmes techniques : économique, technique, spatial











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