Durant les quatre prochaines années, nous poursuivrons notre réflexion collective sur la définition des entités funéraires. Que signifie la norme funéraire ? Comment passer de sa caractérisation, fondée sur les faits matériels, à la compréhension fonctionnelle du système funéraire ? Partant de l’analyse du moindre geste au sein de la structure sépulcrale, notre enquête s’engage ensuite sur deux voies : la confrontation des structures puis des nécropoles (ou ensembles funéraires), enfin des groupes de nécropoles, permet de séparer l’anecdotique ou la mode locale des éléments imposés par le système ; l’anecdotique et la mode locale sont, quant à eux, essentiels pour accéder à la perception réelle de la mort. Bien plus spontanés que ceux qui sont imposés par le rite, ces gestes traduisent directement les sentiments ou les idées des survivants ; de la même façon, seul l’inventaire des possibles, pour une population, indiquera les interdits, particulièrement signifiants. La publication de notre réflexion sur la norme, dans les deux prochaines années, constituera une étape significative.
Notre recherche sera conduite, comme il se doit, sur le terrain et en laboratoire. Les fouilles dans lesquelles nous nous impliquons sont l’occasion de collaborations avec des chercheurs d’autres équipes, d’autres unités, ou de laboratoires étrangers. Des programmes arriveront à échéance, comme Bury (Oise) (P. Chambon, J.-G. Pariat, C. Thevenet, dir. L. Salanova, ArScAn-Protohistoire européenne), les nécropoles du Bronze final dans le nord de la France (I. Le Goff), ou la nécropole Lapita de Teouma (Vanuatu) (F. Valentin) ; d’autres s’engagent, comme sur le site néolithique de Beisamoun (Israël) (F. Bocquentin) par exemple, ou l’enceinte de Banville (Calvados) (J.-G. Pariat, dir. G. Kerdivel, UMR 6566). Des études s’achèveront, conclues par des publications, comme Bazoches-sur-Vesle (J. Leclerc, P. Chambon), la nécropole gallo-romaine de Vierzon (I. Le Goff), les nécropoles de l’Auxerrois (P. Chambon), les sépultures de Mallaha (F. Bocquentin).
Ces différentes études alimentent nos échanges collectifs et renouvellent sans cesse notre questionnement méthodologique sur le discours funéraire des populations préhistoriques. D’ores et déjà, nous prévoyons d’aborder collectivement trois aspects essentiels : le contenant, architecture sépulcrale ou enveloppe du corps, attesté de plus en plus souvent, est-il indissociable de la sépulture ? La structuration des espaces funéraires, leur rapport avec les espaces domestiques, nous permettront d’explorer la relation entre le monde des morts et celui des vivants ; les cas où le mort pourrait n’être finalement qu’un instrument dans la relation avec la mort : le défunt disparaîtrait alors au profit du rituel.
Enfin, nous envisageons d’intensifier notre collaboration avec l’Université. L’encadrement d’étudiants restera pour nous une priorité, au sein des deux universités partenaires, mais également dans un cadre externe. En outre nous souhaitons développer dès la licence et approfondir en Master 2, la formation dispensée en rapport avec ce programme, actuellement en Master 1 à Paris 1.

