|
Dernière mise en ligne du Cahier des Thèmes Transversaux
Rites, cultes, religions... et pratiques funéraires. Cette association ne va pas de soi, mais elle aide à définir clairement notre projet : reconnaître dans les gestes la traduction symbolique de sentiments et de croyances. Ritualisant les gestes techniques de traitement du cadavre, ancrées ainsi dans la matérialité, les pratiques funéraires aident à maintenir dans le concret la prise en compte des comportements religieux. En contrepartie, le souci de l’aspect cultuel nous dissuade de faire des documents funéraires une source indirecte d’informations profanes.
Archéologues et ethnologues de terrain, notre approche se veut originale, complémentaire de celle des théoriciens de la religion et des sociologues de la mort. Peuple par peuple, site par site, chacune de nos réunions cherche à pousser aussi loin que possible l’interprétation d’ensembles homogènes minutieusement observés. Quand nous avons la chance d’en disposer, les témoignages oraux, textuels ou iconographiques, sont alors particulièrement précieux ; il n’est cependant pas question de les accepter sans critique. Plusieurs des cas étudiés ont fait clairement apparaître que les séquences gestuelles, y compris dans leurs aspects les plus élémentaires, portent une vérité plus abstraite mais souvent plus sûre que les commentaires des contemporains. On peut y déceler la logique unique de chacune des solutions retenues pour relier, sous la forme du rituel, sentiments, croyances, et contraintes techniques.
Loin d’une anthropologie générale à la recherche d’invariants, nous nous attachons à la façon proprement humaine de construire dans chaque culture un système chaque fois différent mais toujours cohérent pour accepter la vie et prendre en charge la mort.


