Conférences autour de l’archéologie du Proche-Orient

Dans le cadre de la fête de la science 2017
Les conférences de la MAE

9 octobre 2017
17h-19h
Bâtiment Max Weber, Salle des conférences

Ouvert à tous

Conférence de Cécile Michel (ArScAn)
« Femmes d’affaires, tisseuses et épouses : la vie des Assyriennes il  y a 4000 ans »

Les tablettes cunéiformes, exhumées à Kültepe, l’ancienne ville de Kanesh située en Anatolie centrale (Turquie), constituent les archives privées de marchands assyriens établis là au xixe siècle av. J.-C. Les lettres envoyées depuis leur ville d’origine, Assur (Irak) reflètent le rôle influent des femmes au sein de leur famille et dans l’économie domestique, ainsi que leur contribution au commerce international. Les documents juridiques découverts à Kanesh les font intervenir comme partie dans les contrats de mariage et divorce, les successions, les créances et les contrats d’achat. Cette documentation unique permet de dresser un portrait vivant de ces femmes d’Assur et de Kanesh et de reconstituer leur quotidien.

Cécile Michel est assyriologue, Directrice de Recherche au CNRS dans le laboratoire Archéologies et Sciences de l’Antiquité (Nanterre) et Professeure à l’Université de Hambourg (Allemagne) ; elle préside l’International Association for Assyriology. Déchiffrant les tablettes cunéiformes du IIe millénaire avant J.-C. de haute Mésopotamie et d’Anatolie, elle mène des travaux sur l’économie et le commerce, la société, l’histoire des femmes et du genre, la vie quotidienne et la culture matérielle, la chronologie et la géographie historique, l’éducation et les pratiques de l’écriture et du calcul. Outre la publication de nombreux ouvrages et articles scientifiques, elle s’est investie dans la diffusion des connaissances vers les jeunes et les moins jeunes (Le tour du monde des écritures, Les écritures cunéiformes et leur déchiffrement, Histoire de déchiffrements, Les débuts de l’histoire, film : L’écriture cunéiforme, écrire et compter) et tient le blog Brèves Mésopotamiennes pour la revue Pour la Science.

Conférence de François Villeneuve
« L’archéologie préislamique en Arabie aide-t-elle à situer les origines de l’islam ? »

Les fouilles et les recherches épigraphiques se sont multipliées dans la péninsule arabique durant la décennie écoulée. L’Arabie du millénaire qui a précédé l’islam, au lieu de n’être connue que par des explorations très anciennes ou par les seuls travaux conduits en Jordanie, au Yémen, en Oman ou aux Emirats, est mieux documentée, car l’Arabie Saoudite s’est soudainement ouverte à de nombreux travaux de terrain saoudiens et internationaux. Le contexte humain et environnemental des derniers siècles avant la révélation reçue par le prophète Muhammad, presque totalement inconnu au début des années 2000, est désormais un peu mieux éclairé. On se demandera dans cette présentation si cela contribue à jeter quelques lueurs sur les débuts de l’islam.

François  Villeneuve est professeur d’archéologie à l’Université Paris 1, directeur du laboratoire ArScAn et président du conseil scientifique de l’Institut français du Proche-Orient (Beyrouth, Damas, Amman, Jérusalem, Irbil). Il a fouillé et prospecté longuement en Syrie et Jordanie et participe en ce moment à deux grandes opérations de terrain en Arabie Saoudite : Hégra dans le Hijâz et l’archipel Farasan au sud de la mer Rouge.