Denis REGNIER – Accompagnement de l’épouse, évitement de l’inceste et placement temporaire de morts dans les tombes ancestrales betsileo (Madagascar)

« Accompagnement de l’épouse, évitement de l’inceste et placement temporaire de morts dans les tombes ancestrales betsileo (Madagascar) »

Denis REGNIER
Enseignant-chercheur à l’Université Libre de Bruxelles (Laboratoire d’Anthropologie des Mondes Contemporains – LAMC)
Page personnelle

LE FUNÉRAIRE. Mémoire, protocoles, monuments.
11e colloque annuel de la MAE

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Il est bien connu que le placement des morts revêt une importance singulière à Madagascar. Dans le Sud betsileo, l’enterrement d’une épouse dans la tombe où son mari est placé ne va pas de soi car il s’oppose à ce que l’on peut appeler la « logique de la tombe ancestrale ». Celle-ci veut en effet que seuls les descendants des ancêtres apicaux de la tombe puissent y être enterrés. Pourtant, il arrive que des hommes parviennent à faire accepter à l’ancien de la famille qui a l’autorité sur la tombe le désir du couple de continuer une existence commune dans la « maison des morts » (tranon’ny maty). Dans ce cas, plusieurs options s’ouvrent pour le placement du couple qui tiennent compte des règles organisant la disposition des corps sur les « lits » (farafara) de la tombe, en particulier celles d’évitement de l’inceste et celles qui différencient les descendants des ancêtres des « invités » (vahiny), i.e. les hôtes temporaires. Je détaillerai ces règles ainsi que les différentes options possibles, et montrerai que le choix du placement n’est pas anecdotique car il peut faciliter le déplacement ultérieur des ossements vers une nouvelle tombe et donc la division du groupe centré sur la tombe initiale.