Francis FERRIÉ – La mort andine et son aménagement spatio-temporel

« La mort andine et son aménagement spatio-temporel »

Francis FERRIÉ
Chercheur, CIHA (Centro de Investigaciones Históricas y Antropológicas – Santa Cruz–Bolivia), EREA  (Centre Enseignement et Recherche d’Ethnologie Amérindienne – LESC–UPO Nanterre–France), CAS  (Centre for Amerindian, Latin American and Caribbean Studies, St Andrews University, Scotland)
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LE FUNÉRAIRE. Mémoire, protocoles, monuments.
11e colloque annuel de la MAE

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Si les andins nourrissent leurs défunts decrescendo, durant les trois années qui suivent la mort biologique, en leur élevant des autels commémoratifs personnalisés; c’est pour mieux les expulser (alma kacharpaya ou « renvoi des âmes » en quechua).

Les vivants assurent la « bonne mort » de leurs défunts dont la force vitale s’amenuise, leur évitant ainsi de se transformer en voraces entités pathogènes ou condenados. Les autels, installations domestiques éphémères, aménagent l’oubli des défunts et les préparent à un destin eschatologique, vers l’ancestralité dépersonnalisée, dans des monuments lithiques ou huaca relégués au liminal du paysage.

L’aménagement spatial du funéraire opère un type de thanatomorphose par la cirsconcription autant de l’ancestralité propitiatoire que de la mort pathogène. La description de la fabrique andine de l’archaïque permet de catégoriser diverses strates géolocalisées et leurs passerelles. Serait-ce cette géographie mnémonique, où s’opère le processus de dissolution de l’ancestralité, que s‘inscrivent les régimes d’historicité indigènes ?