Gérôme TRUC – Mettre les morts du 11-Septembre à leur (juste) place

« Mettre les morts du 11-Septembre à leur (juste) place »

Gérôme TRUC
Doctorant, EHESS, Institut Marcel Mauss
Page personnelle

LE FUNÉRAIRE. Mémoire, protocoles, monuments.
11e colloque annuel de la MAE

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Cette communication s’inscrira dans le prolongement d’un article publié dans Raisons Politiques en 2011 dans lequel avait déjà été examiné les problèmes posés par la pulvérisation des corps des personnes tuées dans l’effondrement des tours du World Trade Center, tant en ce qui concernait la qualification du site de leur mort que le traitement des décombres mêlés aux restes humains. Nous repartirons cette fois-ci de l’opposition de certaines familles de victimes à l’ossuaire qui, au sous-sol du musée-mémorial national du 11-Septembre, doit devenir la dernière demeure des restes humains non-identifiés, dès lors que ce musée aura ouvert ses portes au printemps 2014. Pour éclairer cette opposition, nous remettrons en perspective le traitement des morts du World Trade Center avec celui qu’ont connu les morts de l’attentat contre le Pentagone et ceux du vol 93 qui s’est écrasé en Pennsylvanie. Nous montrerons que le fait que les premiers aient tous été inhumés au cimetière militaire d’Arlington, et que les seconds aient été enterrés à l’endroit même où ils ont péri, et où un mémorial est désormais en cours de construction, lie inextricablement « nationalisation » des morts et « sacralisation » de la terre où ils reposent. Or, parce que l’effondrement des tours jumelles a eu un impact mondial, et parce qu’il s’est produit en plein coeur de Manhattan, cette double opération s’avère problématique à Ground Zero.