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Hommage
à R. Ginouvès
 
  Ses recherches
 
  sur l'informatique pour l'archéologie
 
 

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par Anne-Marie Guimier-Sorbets
Université Paris X, UMR ArScAn

C'est à la bibliothèque de l'Université Laval de Québec que, en 1967, René Ginouvès a expérimenté les avantages de l'informatisation de la documentation - même s'il ne s'agissait alors que d'un catalogue de bibliothèque - et il a imaginé tous les avantages que l'archéologie pourrait en tirer pour la gestion documentaire des données factuelles.

En France, Jean-Claude Gardin avait déjà réalisé toute une série de travaux dans ce domaine, et René Ginouvès les a, dès lors, suivis avec beaucoup d'intérêt. Par ses réels talents d'enseignant, sa force de persuasion et son enthousiasme constant, il a lancé certains d'entre nous dans la même direction, nous procurant les moyens de travailler en créant à l’Université de Paris X-Nanterre en 1969 un centre de recherche plus spécifiquement destiné à l'archéologie classique. L'intérêt de cette voie, à l'époque, n'était pas évident ; beaucoup des institutionnels reconnus y étaient même franchement hostiles. René Ginouvès a toujours eu une confiance totale, certains disaient même excessive, dans l'apport de ces "nouvelles technologies de l'information" à nos disciplines "littéraires". Il en a suivi les développements et souhaitait, autant que possible, les expérimenter pour voir quels bénéfices nous pouvions en tirer, à condition de les accompagner d'une solide réflexion méthodologique et de ne pas perdre de vue les finalités scientifiques de l'Archéologie.

Parallèlement, il a milité passionnément pour la création de larges banques de données documentaires, à la constitution desquelles il souhaitait voir participer les chercheurs de toute la communauté internationale. Il n'était pas le seul de sa génération à les promouvoir, mais ils étaient bien peu nombreux en archéologie classique. En cela, d'ailleurs, il n'a que partiellement réussi : les bases de données factuelles constituées en Archéologie à l'échelle internationale sont aujourd’hui très rares. Ce constat et son analyse ont été faits, notamment par lui, et ils restent toujours valables.
Comprenant que le support institutionnel était indispensable, il s'est aussi adressé à "son" institution, l'École française d'Athènes - institution traditionnelle s'il en est - et à Olivier Picard, qui en était alors le directeur. Le travail y a été entrepris dès 1981, et si cette École a aujourd'hui une certaine avance dans la gestion informatisée de ses archives scientifiques, c'est en grande partie à René Ginouvès et à Olivier Picard qu'elle le doit.

René Ginouvès avait compris que l'informatique allait changer nos méthodes de travail, mais que cela avait un "coût" méthodologique et exigeait le développement de nouveaux outils. Dans les années 70 et 80, il a préconisé et rédigé, en collaboration avec des spécialistes français et étrangers, des vocabulaires multilingues normalisant la terminologie traditionnelle et établissant les équivalences entre les différentes langues : il en a favorisé la réalisation pour le décor de la mosaïque ainsi que pour les formes de vases grecs, et il a rédigé lui-même le Dictionnaire consacré à l'architecture grecque et romaine. Véritables systèmes descriptifs destinés aux applications informatisées, ils sont assez largement utilisés aujourd’hui dans les publications de forme traditionnelle.

 

 

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