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Hommage
à R. Ginouvès
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René Ginouvès
"Remarques sur l'architecture domestique à Vaison (Vaucluse) "
Revue Archéologique 34, 1949, p. 58-65.

Les fouilles exécutées à Vaison, sous la direction du Chanoine J. Sautel[1], sont parmi les plus instructives de France. En ce qui concerne l'architecture domestique en particulier, elles nous présentent des habitats plus récents, certes, que ceux d'Ensérune et de Glanum, mais mieux conservés que ceux-là, et plus complexes que ceux-ci, parce que situés au point de rencontre d'influences plus nombreuses, et destinés à une vie plus évoluée.

Déjà apparaissent des maisons remarquables par leurs dimensions et leur ordonnance ; leur étude fera avancer l'histoire de l'habitat urbain[2] ; des mosaïques, des peintures murales sont dégagées qui permettront de mieux comprendre, par comparaison, les nombreux documents du même ordre découverts en France, et parfois tellement négligés[3]. Or, ce n'est pas une vue figée qui nous est présentée : les remblais, les remplois, les changements d'appareil, montrent comment les bâtiments se sont transformés peu à peu, avec les variations des conditions de vie ou l'arrivée d'influences nouvelles. En effet, et c'est encore ce qui rend l'étude de Vaison si attachante, il est impossible de considérer la ville comme exclusivement “ romaine ” : elle a été bâtie par et pour une société où se côtoyaient des éléments indigènes, romains et gréco-orientaux ; tout y porte la marque de cette diversité. Nous insisterons ici spécialement sur les influences helléniques et hellénistiques.

Cependant, il faut voir dans ces remarques plutôt un programme de travaux qu'un bilan de découvertes. Et d'abord parce que les fouilles sont loin d'être assez importantes encore pour autoriser autre chose que des hypothèses. Il ne faudrait pas se figurer qu'on connaît Vaison. Veut-on étudier le plan de la ville ? On n'a dégagé aucune rue orientée de l'Est à l'Ouest ; et si, dans la direction Nord-Sud, six voies sont nettement indiquées, c'est sur des longueurs encore très réduites, et certains indices (par exemple les déviations des égouts antiques conservés sous la ville moderne) laissent présumer que le réseau en était beaucoup plus complexe qu'on ne l'imagine généralement. Quant au périmètre extérieur, on n'en peut rien dire. On n'a découvert aucune trace de fortifications, et des substructions antiques se retrouvent sur une très vaste surface : il paraît seulement que la ville proprement dite se situait sur la rive droite de la rivière. Veut-on étudier les maisons en elles-mêmes ? Une seule a été complètement dégagée, la “ Maison du buste en argent ” ; une autre presque en totalité : la “ Maison des Messii ”. A cela s'ajoutent la “ Maison à atrium ”, dont on ne connaît qu'un péristyle ; le “ péristyle du Vivier ” et celui qu'on dégage actuellement, qui devaient faire partie du même ensemble ; et deux groupes de demeures pauvres, très difficiles à étudier[4]. Mais si les fouilles sont encore très insuffisantes en surface, elles le sont aussi en profondeur ; dans l'ensemble, les recherches n'ont pas dépassé, jusqu'aujourd'hui, le niveau des grandes habitations qu'on peut dater grossièrement des deux premiers siècles de notre ère ; mais tout laisse penser qu'elles cachent d'autres murailles et d'autres fondations. Dans les maisons où la dénivellation du terrain a obligé à conserver des murs antérieurs, contre le front de terre, çà et là apparaissent, sous le petit appareil régulier, des parois en petit appareil irrégulier ; pour établir le grand péristyle de la “ maison du buste en argent ”, on a dû faire d'énormes remblais; les fouilles à venir nous diront peut-être ce qu'ils ont recouvert.

Aussi bien, des difficultés supplémentaires s'ajoutent, qui tiennent à la difficulté d'aménager convenablement les fouilles archéologiques. La ville de Vaison, assez habilement, a su tirer parti de ses ruines pour le plaisir des yeux, et ce sont des jardins très agréables qui s'étagent sur les collines du Puymin et de La Villasse. En même temps, on a voulu protéger les vestiges dégagés ; mais il semble qu'on ait laissé aux maçons une trop grande liberté ; et la recherche est souvent gênée par les restitutions fort importantes qui ont été exécutées. Il suffit d'ajouter quelques assises de pierre pour cacher, par exemple, le mode de raccord entre deux murs. Quand on pose sur un stylobate antique des tambours modernes le pittoresque y trouve son compte, mais on ne peut plus étudier le mode de liaison entre support et colonne. La tentation est très séduisante de compléter un péristyle, mais on risque de fausser complètement la conception qu'on peut se faire de toute une partie de la maison[5]. Il faudrait toujours se souvenir qu'on n'a le droit de bâtir, sur le champ des fouilles, que pour protéger et pour présenter. – Pour protéger : mais alors on doit relever et publier très minutieusement les documents tels qu’ils ont été trouvés ; ce qui peut paraître sans intérêt à tel archéologue sera utilisé par un autre. – Pour présenter des fragments dispersés : mais alors seul doit être reconstitué le lien qui les unissait à l'ensemble découvert (s'il s’agit d'un tambour de colonne, on pourra reconstituer la partie comprise entre la base et ce tambour, mais jamais la partie supérieure et le chapiteau) ; il convient de remettre en place, et non de chercher des effets de pittoresque; et d'autre part, la matière et le travail devront indiquer la reconstitution, dès le premier abord. On s'interdira en particulier, comme une tricherie, de donner trop habilement aux pièces modernes un aspect antique, par le moyen de quelques éraflures et de quelques mutilations. Principes qui sembleraient devoir entraîner une adhésion immédiate, si de trop nombreux exemples ne manifestaient la nécessité de les répéter périodiquement.

A cela s'ajoute une certaine dispersion des documents: des colonnes, des chapiteaux, exposés dans des “ Musées en plein air ”, ont perdu les numéros qu'ils devaient porter et qui pouvaient les faire retrouver d'après le catalogue officiel de la fouille. D'autres ont, depuis longtemps, quitté Vaison pour des collections dont ils suivent les vicissitudes ; ainsi les fragments d'architecture qui se trouvaient au Musée Calvet d'Avignon ont été portés au Musée lapidaire, où il est bien difficile de les découvrir – comme aussi certain fragment de fresque qu'il serait intéressant de connaître[6]. Point n'est besoin de citer des mosaïques transportées aussi en Avignon dans des temps lointains[7], complètement défigurées par les restaurations, ou celles qui. attendent depuis longtemps qu'ils soit possible de les exposer[8].

Mais de telles difficultés sont des obstacles, et non des empêchements. Si l'état actuel des fouilles à Vaison ne permet de faire que des hypothèses, du moins il permet déjà d'en faire. Et déjà apparaît, avec une évidence assez remarquable, la persistance d'une tradition hellénique qui ne se manifeste pas seulement dans la sculpture, la toreutique, la céramique, mais encore dans l'architecture, et en particulier dans l'architecture domestique.

Les grandes maisons donnent sur la rue par des vestibules importants : leur largeur est assez caractéristique, si on les compare à ceux des maisons romaines, fort allongés en général. Elle rappelle au contraire, les plans qui tendent vers le carré, des vestibules de Pergame[9], Olynthe[10], Délos[11], Herculanum, imprégnés d'influences helléniques. Quant au plan trapézoïdal de l'entrée de la Maison des Messii, il ne serait pas difficile d'en trouver des exemples dans les villes grecques, à Délos[12] ou à Olynthe[13]. Pour le vestibule de la Maison du buste en argent, entièrement couvert, la porte d'entrée de la maison est en retrait par rapport à la façade, et ménage un porche soutenu par deux colonnes : cette disposition, qui distingue un -porche, et un -vestibule, est connue dans quelques maisons de Pompéi, mais aussi, et fréquemment, dans les maisons grecques[14]. Il est remarquable qu'on passe du porche dans le vestibule par trois portes, qui se retrouvent à l'arrière entre le vestibule et l'atrium. Le porche lui-même est soutenu par deux colonnes qui correspondent aux montants de pierre entre les portes. Cette triple voie d'accès sur toute la profondeur évoque directement l'entrée du “ Palais ” de Palatitza[15], où les dimensions sont à peine plus importantes.

Après le vestibule, vient l'atrium ; nous n'examinerons ici que sa structure, en réservant pour l'étude d'ensemble de la maison les considérations sur son rôle. Dans la Maison des Messii, la mosaïque de l'impluvium permet de restituer le compluvium dont les proportions coïncident avec celles des atria romains[16]. Mais si, comme nous le verrons, cette pièce n'est caractérisée que par son rôle très diminué, l'atrium de la Maison du buste en argent, lui, témoigne dans sa structure d'influences helléniques nettement marquées. C'est un atrium corinthien qui, à vrai dire, pourrait presque être appelé un péristyle. On connaît à Pompéi des atria corinthiens, mais non pas avec les mêmes caractéristiques qu’à Vaison. Ce qui désigne d’abord l’atrium à ciel ouvert, c’est l’impluvium, réservoir plus profond, mais aussi large que le compluvium, où se rassemblaient les eaux de pluie ; or, ce dispositif est tout à fait inexistant à Vaison ; on n’a trouvé aucune trace de dallage ou de pavement qui eût servi de fond au bassin, et le stylobate est tout à fait semblable à celui du petit péristyle de la même maison, où jamais on n’a songé à voir un atrium. D'autre part, on peut admettre, en gros, que dans un péristyle le rôle essentiel soit joué par la partie découverte, tandis que dans l’atrium il est donné à la partie couverte[17]. Or, dans l'atrium de la Maison du buste en argent, la partie couverte est réduite au rôle d'un portique, entourant une cour. Et il ne s'agit pas là d’un cas isolé ; partout où fait sentir l’influence grecque, l’atrium, ou bien perd toute importance, ou bien prend les caractéristiques d'un péristyle : évoquons seulement les exemples d'Herculanum[18], des maisons de la Bétique, pour lesquelles on a noté en même temps la “ profondeur de l'influence hellénique dans la province ”[19] et la transformation des atria en “ véritables péristyles ”[20] ; de certaines demeures de l’Afrique du Nord, dont on a dit qu’elles étaient “ typiquement grecques ”[21]. Même le seul fait d’adopter l’atrium corinthien n’est pas sans avoir une certaine signification : il doit être une “ forme hybride ”[22] dans laquelle l’influence grecque se marque essentiellement par l’introduction de la colonnade[23].

Les péristyles ne présentent, en élévation, rien de remarquable ; notons simplement qu’on connaît à Vaison au moins deux péristyles rhodiens, conçus selon les schémas fréquents à Délos (colonnes jumelées ou colonnes à consoles). Mais il est deux caractères qui sembleraient pour le plan, rapprocher ces péristyles plutôt de ceux des maisons romaines ; leur ampleur et le dispositif de leur sol. Alors qu’à Délos[24] aucun péristyle n'a plus de cinq colonnes sur les plus longs de ses côtés, les péristyles de Vaison évoquent ceux de Pompéi, qu’entourent souvent des portiques de huit ou dix colonnes. Certes, on a trop eu tendance, jusqu’à maintenant, à voir dans les maisons de Délos le type unique des maisons grecques ; même en mettant de côté l’enseignement que peut donner l’immense péristyle d'une habitation aussi profondément hellénisée que la “ villa suburbaine ” d'Herculanum, voici, à Pergame[25], un péristyle qui, à l’époque romaine, avait huit colonnes sur les longs côtés, six sur les petits, mais qui, déjà avant l’époque impériale, en avait cinq sur les petits côtés et huit sur les grands ; voici, à Agrigente[26], un péristyle dont les côtés mesurent vingt mètres ; et il est permis d'évoquer aussi le grand péristyle du “ palais de Palatitza ”, puisque l'entrée de cet édifice était de proportions à peine plus importantes que celles de la maison du buste en argent. Quant à l’arrangement de la partie découverte, il semblerait d'abord naturel de le comparer aux péristyles de Pompéi et de l'opposer à ceux de Délos. On a distingué en effet[27] le péristyle délien, dont la partie découverte était dallée et formait un impluvium, et le péristyle pompéien qui entourait un jardin. Comme c’est le cas à Vaison. En ce sens, les péristyles de Glanum se rapprocheraient infiniment plus de la véritable tradition grecque. Il ne faudrait pas pourtant donner à cette distinction un sens trop absolu : la cour dallée formant un impluvium n'est pas un élément essentiel dans le péristyle grec. A Olynthos, plusieurs cours à péristyle ont simplement un sol de terre, et quand il y a un impluvium, il n’occupe pas nécessairement toute la partie découverte[28]. A Délos même, on trouve des exemples où cet impluvium manque[29]. Le péristyle de Palatitza n’a conservé aucune trace de pavement. De plus, pour la vie de tous les jours, l’utilisation de la partie découverte du péristyle était la même, tant à Délos qu’à Vaison ; s’il était possible ici de marcher dans le jardin, J. Chamonard reconnaît qu’à Délos “ les habitants de la maison devaient s’installer dans l’impluvium même, comme ailleurs dans les cours[30] ”. Enfin, le petit caniveau qui longe le stylobate dans la plupart des péristyles de Vaison joue un peu le même rôle qu’un impluvium ; lors des averses trop violentes, il recevait l’eau qui ne peut pénétrer dans la terre pour l’évacuer vers l’égout. Il n’y a donc pas de différence essentielle entre le péristyle de Vaison et le péristyle grec.

Les salles à manger se reconnaissent à leur pavement. Il indique, dans la Maison des Messii, l’emplacement de trois lits, de la table, et d’un vaste espace réservé en avant, selon le schéma connu à Pompéi. Mais dans la Maison du buste en argent, une petite pièce évoque, avec beaucoup de précision, des ensembles grecs, aussi bien l' d’Olynthe[31], que ceux de Délos, de Corinthe, d'Olbia : l'andrôn à Olynthe, est approximativement carré ; il a en général trois mètres de côté ; la partie centrale est pavée d'une mosaïque fine ; la bordure, large de 0 m. 85 à 1 m., forme un léger relief (ce qu’on ne rencontre pas ailleurs dans les autres andrônes du même type) ; une évacuation est prévue, dans un angle, pour les liquides répandus ou les eaux de lavage. Toutes ces dispositions, sauf la bordure en relief, correspondent exactement à celles de Vaison. Quant à la salle à trois nefs, dans la Maison “ du buste en argent ”, ce ne peut être qu’un (oecos corinthien ”, bien connu à Pompéi[32]. Beaucoup plus caractéristique est la salle à deux nefs de la Maison des Messii ; on ne trouve pas dans l’architecture romaine d’exemples d’une semblable rangée centrale de colonnes ; mais le monde grec en offre de multiples applications – souvent dans l’architecture religieuse : temples de Thermos, de Néandria[33], d’Artémis Orthia à Sparte[34], “ Basilique ” de Paestum, temples de Locres, d’Érétrie[35], de Thasos, “ maison sacrée de Priène ”[36] ; souvent aussi bâtiments publics : ainsi la “ Stoa Basilique de Théra ”[37], le Bouleuterion d’Olympie, la stoa des Naxiens à Délos, la Stoa d’Olynthe[38], etc., quelquefois encore dans des salles à manger de banquet, à Trézène ou à Épidaure par exemple[39]. Et parmi ces exemples, il en est qui se rapprochent d’une manière étrange de la salle à colonnade centrale de Vaison . ceux qui concernent les salles de délibération et d’assemblée, pour les dimensions d’ensemble, l’espacement des colonnes, leur disposition même (il semble qu'elles soient plus écartées vers le Nord, comme si c’était la place d’un orateur qu’il fallait rendre mieux visible ; c’est le cas à Délos et à Olynthe). Il se peut donc qu’il y ait là une de ces “ basiliques privées ” dont parle “ Vitruve ”[40]. En tout cas, la construction en elle-même constitue un témoignage assez remarquable de l’influence hellénique sur Vaison[41].

Enfin, c’est l’ordonnance d’ensemble de la maison qui rappelle souvent la construction grecque – à noter, par exemple, la dissymétrie dans la disposition des salles, caractéristique aussi des maisons d’Olynthe[42] et de Délos et qu'on a opposée[43] au “ plan axial ” des maisons romaines où “ l’intersection de l’axe du tablinum avec celui des alea rappelle le croisement du cardo et du decumanus des villes ”. Certes, il est des maisons romaines dans lesquelles des remaniements ont dérangé l’ordonnance primitive[44] et certains des plans de Vaison (la partie Ouest de la Maison du buste en argent, par exemple), s’expliquent par des transformations analogues ; mais il y a dans les pièces de la “ maison à atrium ”, dans celles qui s’ouvrent au Nord sur le péristyle de la Maison du buste en argent, une indifférence envers toute symétrie qu'on ne retrouve que dans les maisons de type grec. Mais c’est surtout le rôle que jouent les différentes pièces les unes par rapport aux autres qui est intéressant : ainsi l’atrium, qui a perdu, surtout dans la Maison du buste en argent, la plupart de ses caractéristiques de construction, a perdu encore l’essentiel de sa signification dans le plan. Dans la Maison des Messii, il est complété par un tablinum, mais non pas par des aleae ; et il ne s'ouvre que sur une pièce importante. Dans la Maison du buste en argent, tablinum et alea ont entièrement disparu, l’atrium n’est plus qu’un vestibule supplémentaire, qu’une sorte de dépendance de l'entrée[45]. Dans cette même demeure, un seul atrium conduit à deux péristyles alors que dans les habitations de Pompéi, il y a au moins autant d'atria que de péristyles, ou davantage[46]. L’atrium de la Maison du buste en argent est une forme hybride entre péristyle et atrium. On en trouve des exemples à Pompéi[47], mais alors, il est “ remarquable que la maison n’ait pas de péristyle, mais simplement un porche ouvrant sur un jardin, à l’arrière ; cet atrium corinthien était probablement considéré comme servant de péristyle ” ; à Vaison, au contraire, on a jugé bon d’ajouter encore deux péristyles à la maison. C’est qu’il y a dans cette architecture une tendance à l’éclatement; la Maison du buste en argent, en particulier, est composée d’un bloc central qui s’ouvre de trois côtés ; on a voulu ainsi donner une importance très marquée aux jardins, et ces grands péristyles plantés doivent être en relation étroite avec les jardins publics des villes hellénistiques[48].

Il faudrait élargir ces premières remarques, en considérant non seulement le plan des maisons de Vaison, mais encore la technique de leur construction et de leur décoration. Ici encore, à propos de matériaux utilisés, de l’appareil, des précautions prises contre l’humidité, on pourrait faire de nombreux rapprochements de détail avec les centres grecs. Certaines particularités des mosaïques évoquent directement celles de Délos ; et surtout les fresques manifestent une profonde imprégnation hellénique : on a voulu y déceler les quatre styles pompéïens ; il s’agit en réalité d’une combinaison de thèmes et de schémas qui tous se retrouvent ailleurs, mais selon des formules différentes : et tout cela – division de la muraille, conception des soubassements, de la frise, des panneaux – présente beaucoup plus d'affinités avec la décoration hellénique et hellénistique (dont le premier style pompéïen n'est qu'un exemple) qu’avec la décoration proprement romaine.

De tels rapprochements ne valent que dans les limites indiquées tout au début : la suite des fouilles pourra les confirmer ; peut-être déjà avait-on le droit de les présenter.

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[1] Cf. J. SAUTEL, Vaison dans l'antiquité, deux tomes et un “ Recueil documentaire illustré ”, 1926 ; trois volumes de Suppléments, travaux et recherches de 1927 à 1940, 1942.

[2] Rappelons que l'étude de M. David M. ROBINSON, Prähistorische u. griechische Häuser, P. W., RE., 1932, p. 223 sqq. (suppl.VII, à l'article Haus : P. W., 1. 1., t. VII, p. 2523, s’arrête après les maisons déliennes.

[3] Il est regrettable que, dans les bibliographies accompagnant les travaux étrangers, on ne rencontre souvent rien après des ouvrages déjà anciens (p. ex. A. BLANCHET, Etude sur la décoration des édifices de la Gaule romaine, 1913)

[4] Peut-être aussi ce qu'on a appelé “ Le Prétoire ” - et qui n'est, semble-t-il, qu’une grande habitation.

[5] Ces arrangements conduisent à des résultats surprenants : ainsi le renfoncement Nord de l’atrium, dans la maison des Messii, est actuellement fermé vers le Nord par un mur percé d'un passage de 1 m. 50 de large. Mais sur des photographies du Recueil documentaire illustré, Supplément (pl. XLVI, f.. 2 et pl. XLVII, f.. 1), il apparaît bâti sur toute la largeur en bel appareil régulier. On aimerait connaître l’état primitif lors de la fouille, et savoir d'où proviennent ou la porte ou le beau mur ; d'autant que l'interprétation du renfoncement, et même de toute cette partie de la maison, en dépend complètement.

[6] Cf. J. SAUTEL, l. l., t. Il, no 2285. Le Conservateur du Musée n'en a jamais entendu parler.

[7] La “ mosaïque de Narcisse ”, par exemple. Cf. J. SAUTEL, ibid., no 2142.

[8] Ibid., no 2143.

[9] Cf. Ath. Mitt., XXIX, 1904, p. 117.

[10] Cf. Excavations at Olynthos, VIII, p. 153.

[11] Cf. Exploration archéologique de Délos, VI, p. 20 ; VIII, p. 406, etc. Pour la discussion de certains cas particuliers, cf. ibid., VIII, p. 428.

[12] Cf. ibid., VI, p. 20 ; VIII, p. 107 ss.

[13] Cf. Olynthos, XII, p. 275 et pl. 234, etc.

[14] Au Pirée, à Priène (cf. B. C. RIDER, The Greek house, p. 122-222-241-245) ; à Olynthe (cf. Olynthos, VIII, p. 154 ; XII p. 187, pl. 158), etc.

[15] Cf. p. ex. R. A., XVII, 1941, p. 104,

[16] Cf., pour préciser un peu, les indications de VITRUVE, De Architectura, VI-IV, 20.

[17] Cf. encore VITRUVE, ibid.

[18] Cf. A. MAIURI, Herculanum, p. 68

[19] Cf. R. THOUVENOT, Essai sur la province romaine de Bétique, p. 571.

[20] Ibid., p. 539.

[21] Cf. P. HARSCH, The origins of the insulae (Mem. Am. Ac. Rom., XII, 1935, p. 46).

[22] Ibid., p. 30.

[23] Cf. P.GRIMAL, Les jardins romains à la fin de la République et aux deux premiers siècles de l’Empire, p. 219-220.

[24] Cf. Exploration archéologique de Délos, VIII, p. 125.

[25] Il s'agit de la “ maison du Consul Attalos ”, cf. Ath. Mitt., 32, 1907, p. 170 et pl. 14.

[26] Cf. B. C. RIDER, The Greek house, p. 247.

[27] Cf. Exploration archéologique de Délos, VIII, p. 125.

[28] Cf. Excavation at Olynthos, VIII, p. 65.

[29] Cf. Exploration archéologique de Délos, VIII, p. 122.

[30] Ibid., p. 133. En effet, les eaux recueillies dans les citernes sont seulement celles qui viennent des toits ; on évacuait vers l’égout les eaux tombées dans l’impluvium, ce qui indique qu’il pouvait être continuellement souillé par le passage des habitants de la maison.

[31] Cf. Excavations at Olynthos, VIII, p. 171-177, 179-182.

[32] Cf. G. LEROUX, Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les Romains, p. 233 (fig. 64), p. 302, etc.

[33] Cf. D. S. ROBERTSON, A Handbook of Greek and Roman architecture, pl. 52-58.

[34] Cf. L. B. HOLLAND, Primitive aegean roofs (AJA., 24, 1920, p. 338).

[35] Cf. G. LEROUX, l. l., p. 78-79.

[36] Cf. TH. WIEGAND, H. SCHRADER, p. 173, p. 166.

[37] Cf. H. VON GäRTRINGEN, Thera, I, p. 218 ; Priene, III, p. 193.

[38] Cf. Excavation at Olynthos, 12, p. 82-89.

[39] Cf. A. FRICKENHAUS, Griechische Bankethäuser (JDAI., 32, 1917, p. 118, 131-133).

[40] Cf. VITRUVE, l. l., 6-7, 10.

[41] L’importance du rôle joué par les édifices à deux nefs en Grèce est attestée encore par les vases qui représentent des femmes à la fontaine ou au bain (cf. G. LEROUX, l. l., p. 80-81), et où l’on voit nettement une colonnade médiane. Il est tout à fait inutile de restituer cinq nefs comme l’a fait F. KRISCHEN, Architektur auf Vasenbildern, Bericht VI. Arch. Kongress Berlin, p. 370-374. On peut évoquer aussi les citernes de Théra dont la couverture est portée par une file de colonnes, procédé qu’on retrouve à Ensérune.

[42] Cf. Excavations at Olynthos, 8, p. 142.

[43] Cf. D. S. ROBERTSON, l. l., p. 305. L'auteur pense que le plan trop régulier de la Maison de la colline à Délos doit avoir subi l’influence romaine.

[44] Cf. A. MAU, Pompei, its life and art, p. 80-82 ; R. THOUVENOT, La Maison d'Orphée à Volubilis, p. 60 sqq.

[45] Cf. A. MAIURI, Herculanum, p. 68.

[46] Cf. A. MAU, l. l., p. 298, p. 302, etc.

[47] Cf. P. HARSCH, l. l., p. 29. Et encore trouve-t-on vraiment un impluvium, et la partie couverte est-elle la plus importante.

[48] Cf. P. GRIMAL, l. l., p. 225-228. Si Vitruve demande de vastes péristyles pour les maisons des grands, c’est, pense l’auteur, à cause des systèmes d’ “ associations ” qui les désignent comme “ jardins royaux ” ; et il cite l’exemple de la Villa des Papyri à Herculanum, où le grand péristyle est accolé à la maison comme dans la Maison du buste en argent.

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© Archéologie et systèmes d'information, UMR 7041 ArScAn. Hommage à René Ginouvès (en ligne), 2003 (consulté le ...) <www.mae.u-paris10.fr/ginouves/index.html>