Grégoire SCHLEMMER – Oublier le mort pour faire advenir l’ancêtre ? Le traitement rituel des morts chez les Kulung Rai

« Oublier le mort pour faire advenir l’ancêtre ? Le traitement rituel des morts chez les Kulung Rai »

Grégoire SCHLEMMER
Chargé de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), unité de recherches « Migrations et société » (URMIS)
Page personnelle

LE FUNÉRAIRE. Mémoire, protocoles, monuments.
11e colloque annuel de la MAE

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Chez les Kulung Rai, une population tribale de l’Himalaya népalais, l’objectif des funérailles est, outre le traitement du corps mort, de faire passer ce mort – singularité dangereuse car pleine de désir –, au statut d’ancêtre, en annihilant ces désirs. Ceci aura pour effet d’inscrire le mort dans cette masse anonyme et bénéfique que forme la communauté des ancêtres. C’est du moins l’argument que l’on défendra ici. Le mort, en tant que singularité, devra être oublié et ne fera pas véritablement l’objet d’un traitement commémoratif. La figure contrastive est le mauvais mort, issu d’une mort violente entrainant frustration et rancoeur si forte qu’il ne peut devenir ancêtre. On cherchera alors à annihiler le pouvoir. On tentera de montrer comment ces objectifs s’articulent avec le traitement rituel que l’on fait subir aux corps et avec le déroulement précis des rites funéraires.