Guillaume ALEVÊQUE – Quand les mauvais esprits redeviennent des ancêtres : héritage, appartenance et représentations de soi en Polynésie Française

Quand les mauvais esprits redeviennent des ancêtres : héritage, appartenance et représentations de soi en Polynésie Française

Guillaume ALEVÊQUE
Post-doctorant, University College London

TRANSITIONS HISTORIQUES : rythmes, crises, héritages.
12e colloque annuel de la MAE

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Cette intervention traite de la réappropriation symbolique de l’identité collective en Polynésie Française dans le processus de transition postcoloniale à travers la notion de culture et les représentations de soi qu’elle mobilise. Autrement dit, qu’est ce que cela représente pour les individus d’avoir une culture et comment certaines pratiques sont acceptées, négociées et revendiquées comme culturelles.

En Polynésie Française, dans l’entre-deux politique mais aussi symbolique que représente le statut d’autonomie de la collectivité territoriale, plusieurs acteurs se disputent la légitimité de la définition de l’identité et l’autorité de l’expertise en matière de culture. Il s’agit principalement des pouvoirs publics qui se sont engagés dans un processus de fabrication de la nation, de l’église protestante historique qui cherche à maintenir son aura et son influence dans la société polynésienne et d’un mouvement identitaire récent composé d’« associations culturelles » qui tentent de « réveiller la culture » et de réconcilier les Polynésiens avec leurs ancêtres. Ces dernières années, ces trois entités ont chacune développé des pratiques collectives afin de communiquer leur vision de ce que devrait être la société polynésienne contemporaine et son héritage préchrétien.

Néanmoins, au-delà de la valorisation dont le passé en général fait l’objet – essentiellement à l’occasion de discours publics où le devoir de mémoire, la transmission, etc., sont mis en exergue – les actions culturelles ne sont jamais considérées comme tout à fait anodines à cause de la relation ambiguë que les Polynésiens entretiennent avec l’ancestralité.

Il sera donc question, dans cette intervention, des pratiques et des discours contemporains qui réinterprètent le passé et ses époques (avant le christianisme, la colonisation, depuis les essais nucléaires, l’autonomie, etc.). Mais je reviendrai aussi sur la manière dont la relation au passé et aux ancêtres s’est elle-même transformée au cours des cinquante dernières années.

Mots-clés : Polynésie Française, Ancestralité, Changement culturel, héritage, ritualisation, identité.