Hervé INGLEBERT – Les crises de l’empire romain (IIIe siècle ; Ve siècle ; VIIe siècle)

Les crises de l’empire romain (IIIe siècle ; Ve siècle ; VIIe siècle)

Hervé INGLEBERT
Professeur à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense
Page personnelle

 

TRANSITIONS HISTORIQUES : rythmes, crises, héritages.
12e colloque annuel de la MAE

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L’empire romain a connu trois grandes périodes de crises : au IIIe siècle (235-285), au Ve siècle (407-480), au VIIe siècle (602-641), toutes trois liées à des invasions extérieures. Mais les conséquences en furent différentes, le pouvoir romain sortant victorieux de la première, disparaissant d’Occident lors de la seconde et quoique très amoindri, survivant en Orient à la troisième. L’étude comparée de ces trois périodes de crises n’a pas été faite, car elles relèvent de spécialistes différents. Or, une telle étude permet de poser trois questions. La première concerne l’écriture de l’histoire :  comme ces trois épisodes correspondent chacun en réalité à plusieurs crises successives, quels sont les critères qui permettent de réunir divers événements successifs pour en créer un seul qui les englobe (question déjà posée par Thucydide) ? La deuxième question porte sur les realia : comment expliquer les conclusions diverses de ces trois phases ? Il faudra prendre en compte la nature différente des invasions, des sociétés impériales et du pouvoir romain à chaque époque. La troisième interroge la qualité de transition attribuée traditionnellement à ces trois phases, entre Haut-Empire et Bas-Empire pour la première, entre l’empire romain et les royaumes successeurs en Occident pour la deuxième, entre l’empire romain et d’autres empires (sassanide ou musulman) en Orient dans le troisième cas. Enfin, on pourrait étendre la réflexion à la définition d’une période, l’Antiquité tardive, dont les définitions varient certes selon les frontières temporelles et spatiales retenues par les historiens, mais qui engloberait ces trois périodes de crises si on reprend les analyses de Peter Brown suivies par certaines publications anglo-saxonnes depuis 15 ans. On combinera ainsi l’étude de cas concrets et la réflexion sur l’utilisation des notions de crise, de période de crises, de transition et de périodisation par les historiens.