Identités culturelles et systèmes techniques au Paléolithique ancien : quelle actualité ?

Table-ronde sur le Paléolithique ancien de l’équipe AnTET (UMR 7041 – ArScAn)

Du 8 au 10 octobre 2014
Université Paris Ouest Nanterre La Défense

Organisateurs :
Roxane Rocca, UMR 7041 ArScAn-AnTET – roxane.rocca@gmail.com
Louis de Weyer, Université Paris Ouest Nanterre La Défense – UMR 7041 ArScAn-AnTET – louis.deweyer@gmail.com
Benoît Chevrier, Université de Genève  – UMR 7041 ArScAn-AnTET – benoit.chevrier@unige.ch
Elisa Nicoud, Ecole française de Rome – elisa.nicoud@gmail.com

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Depuis une trentaine d’années, la connaissance du Paléolithique moyen et supérieur est profondément bouleversée par le renouvellement des questionnements et des méthodes d’étude. De nombreuses données, neuves, ont été produites et interprétées notamment en termes technique, technologique et techno-économique. Elles permettent de discourir des comportements anthropiques à l’échelle du site ou du territoire et de placer les faits techniques dans une logique évolutive. Au regard des progrès certains de la discipline préhistorique pour ces périodes, l’appréhension du Paléolithique ancien semble bien faible.
Toujours régie par des catégories héritées des tenants de la typologie, la définition de cet immense complexe industriel, aussi synonyme d’une longue période, souffre avant tout de problématiques peu élaborées. La reconnaissance de l’ancienneté d’un site et de son caractère anthropique est souvent plus importante que sa caractérisation technique. Afin de faire exister les découvertes dans la petite communauté scientifique qui s’en préoccupe, les chercheurs sont amenés à rattacher les industries lithiques aux complexes culturels inventés dès les prémices de la discipline (« Oldowayen », « Acheuléen »…) sans plus de précision. Pourtant les chercheurs sont tout à fait conscients de l’obsolescence ou des limites conceptuelles de ces étiquettes culturelles. L’impossible conciliation de l’état chétif actuel des connaissances, du grand potentiel informatif des industries à la lumière des nouvelles méthodes d’étude et des modes de diffusion de la connaissance, maintient la recherche sur le Paléolithique ancien dans un certain engourdissement.

Depuis une décennie, des travaux fondés sur l’étude des caractéristiques techniques des industries lithiques, doublés d’un effort de déconstruction des paradigmes anciens et des étiquettes culturelles traditionnelles tendent à faire bouger les lignes du savoir en livrant des résultats roboratifs pour la compréhension des peuplements au Pléistocène inférieur et moyen. Les spécificités des gisements et industries lithiques du Paléolithique ancien rendent peu attrayants les faits techniques pour l’étude (rareté et mauvaise conservation des sites, séries lithiques numériquement faibles, ressemblances apparentes des industries, etc.) et nécessitent de laborieuses analyses pour les appréhender. Progressivement, les séries lithiques font part d’une complexité et d’une variabilité des comportements anthropiques, propres à cette longue période.

Lors de cette rencontre, nous interrogerons la notion d’entité culturelle au Paléolithique ancien au travers de plusieurs axes. Quels critères usons-nous pour définir des ensembles culturels? Comment la notion d’aire culturelle s’articule-t-elle avec l’idée d’évolution(s) ? Peut-on réévaluer les entités géographiques définies traditionnellement en Europe et en Afrique au regard des nouvelles données et des nouvelles méthodes d’étude ? Quelles sont les conséquences des nouveaux résultats techniques sur notre vision des premières dynamiques de peuplement ?

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