Investir les rituels funéraires

Investir les rituels funéraires
Politique et économie de la mort en asie centrale (XX-XXIe siècles)

Le 8 novembre 2017

EHESS
54 boulevard Raspail
75006 PARIS

Salle du Conseil A (BS1-28)

Journée d’étude organisée par Juliette Cleuziou (LESC, Université Paris Nanterre) et Isabelle Ohayon (CERCEC, CNRS, EHESS) avec le soutien de la Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès (Appel à projets de la MAE, Histoires de mort(s). Recherches exploratoires sur le traitement et l’économie de la mort en Asie centrale soviétique et contemporaine) et du labex TEPSIS

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Avec cette journée qui réunit des historiens et des anthropologues, nous souhaitons stimuler une recherche interdisciplinaire sur l’investissement politique et économique de la mort par les sociétés d’Asie centrale au XXe et XXIe siècles.  Le rapport entre les pratiques rituelles et funéraires est au centre de notre questionnement, depuis la création des rites soviétiques dans les années 1920·30 jusqu’aux récentes politiques qui limitent les cérémonies contemporaines dans les États indépendants. L’espace du funéraire constitue une arène de tensions entre les différentes manières d’encadrer la mort, qu’elles émanent des institutions ou des autorités religieuses. Interroger cette pluralité de sources d’autorité morale permet de saisir les processus de fabrication du sacré, des pratiques funéraires et des lieux dédiés aux défunts – cimetières et mausolées. Par ailleurs, la dimension économique de ces pratiques met en jeu les solidarités familiales et suscitent les formes de consommation ostentatoires, tant les sommes engagées lors des funérailles impliquent voire obligent les communautés. L’inflation des dépenses façonne les cérémonies des cycles de vie depuis les années 1970-80, mais s’articule désormais aux revenues des migrations internationales. Qu’il s’agisse de commémorer « dignement » le défunt ou de le rapatrier depuis l’étranger, l’accès à des ressources immédiatement disponibles mobilise des réseaux d’obligation qui doivent s’adapter aux nouveaux contextes sociaux et économiques. De quelles relations entre les sociétés, les autorités politiques et les instituions ces logiques économiques sont-elles l’expression ?