La MAE reçoit Sylvie Beaud

« Jouer Guan Suo pour s’affirmer Han de Yangzong (Yunnan, Chine) : enjeux de pouvoir et d’ethnicité dans le rituel »

Dans le cadre de son cycle de conférences internationales, la MAE reçoit Sylvie Beaud (Docteur en ethnologie, LESC).

4 mars 2015
10h00 – 12h00, MAE, Salle du conseil, 4e étage


La conférence abordera la question de l’ethnicité des habitants de Yangzong, dans la province du Yunnan en Chine, à travers leur activité rituelle. En effet, ceux-ci sont membres de la majorité han tout en étant régulièrement assimilés à une minorité ethnique par les personnes extérieures à la région. Les tenues féminines s’apparentent notamment aux costumes colorés qui font la notoriété des diverses minorités ethniques de la province. Pourtant, les habitants de Yangzong rappellent régulièrement leur identité han à travers un théâtre de masques joué lors du nouvel an chinois. Ce théâtre, nommé d’après le personnage divinisé de Guan Suo, constitue l’un des emblèmes culturels locaux brandi à la fois par les villageois, les médias et les autorités qui l’ont promulgué patrimoine culturel immatériel national en 2010. Si les parties en présence se rejoignent sur la désignation de cet emblème, la façon dont chacun l’interprète diffère. Tandis que la promotion du Théâtre de Guan Suo comme « fossile vivant » de la culture chinoise par les instances officielles participe de l’élaboration d’un discours nationaliste, pour les habitants de Yangzong, la pratique renvoie à d’autres notions telles que le statut militaire, la mémoire et le territoire sur lesquelles repose leur identité han. Guan Suo permet ainsi aux villageois d’origines diverses de se réunir sous une même bannière et de s’établir en une communauté de culte rituellement inscrite dans le territoire.

Sylvie Beaud a reçu le prix de thèse de la MAE 2014 pour sa thèse intitulée Masques en parade. Étude d’une identité Han à la jonction du politique et du rituel : l’exemple du Théâtre de Guan Suo (Yunnan, Chine), sous la direction de Brigitte Baptandier. En lui décernant son prix, le comité éditorial de la MAE a distingué l’originalité de la thèse, sa dimension historique et son ambition englobante, ainsi que sa qualité d’écriture.

Lesc