Laetitia PHIALON – De la tombe au palais : réflexion sur le prestige et ses formes dans le monde mycénien

« De la tombe au palais : réflexion sur le prestige et ses formes dans le monde mycénien »

 

Poster Laetitia PhialonLaetitia PHIALON
Membre de l’école française d’Athènes
UMR 7041 – ArScAn
Page personnelle

De par leur richesse ou leur caractère ostentatoire, l’or des tombes à fosse de Mycènes et la sculpture monumentale de la Porte des Lions sont deux exemples susceptibles de représenter des marqueurs de prestige par excellence dans la société mycénienne. La découverte d’un riche mobilier funéraire ou d’un décor monumental sculpté constitue un argument indéniable pour soutenir l’existence d’individus qui accorderaient une importance particulière à l’expression de leur position sociale privilégiée. Ce phénomène paraît d’autant plus évident dans le cas où des vestiges contemporains mais bien plus modestes ont été mis au jour à proximité.

Dans ma communication portant sur le monde mycénien (Helladique Récent, 1600-1100 av. J.-C.), je me concentrerai sur les objets, l’architecture et les activités considérés comme prestigieux. Il s’agira en premier lieu d’estimer l’utilité et la visibilité de ces objets en les comparant à d’autres vestiges de l’âge du Bronze égéen. Quels sont les biens que l’on considère comme objets d’apparat ? Quels sont ceux qui ont une valeur ajoutée ? Si l’or est éternel, son exposition dans un contexte funéraire ne l’est pas, les biens les plus prestigieux étant enfouis dans les tombes. L’architecture et son décor monumental, en revanche, fourniraient des moyens de représentation plus pérennes, du moins dans le cadre de l’habitat. Il conviendra cependant de discuter l’exemple des tombes à tholos, qui représentent les monuments funéraires les plus imposants du monde mycénien.

Notre réflexion s’articulera ensuite autour des activités qui pourraient être considérées comme prestigieuses dans la société mycénienne telles que la chasse et la guerre. À ce titre, l’existence de festins devra également être examinée. On tentera de distinguer les activités qui s’inscrivent dans un contexte de reconnaissance sociale de celles qui appartiennent à la vie quotidienne. La portée publique d’un acte ou d’une activité devra alors être estimée. En outre, on s’interrogera sur la représentation d’activités sportives ou musicales dans le monde égéen.

Enfin, les formes de prestige adoptées par une société peuvent également se référer à un lieu, une institution ou une langue. La plupart des exemples présentés au colloque concerneront la sphère palatiale. Si un individu devait être mis en valeur sur des représentations figurées, honoré ou loué dans les documents en linéaire B, ce serait logiquement le wanax, le souverain mycénien. On se demandera donc si des témoignages ou des vestiges archéologiques mycéniens tendent à supporter cette hypothèse.

Le Prestige, autour des formes de la différenciation sociale
10e colloque annuel de la MAE