Les sociétés humaines face à la mort

  • Les sépultures données à leurs défunts par les sociétés du passé sont parfois les seules traces à travers lesquelles il nous est possible aujourd’hui de les étudier : miroir des activités économiques et de la vie quotidienne, indice de l’organisation sociale, le funéraire a constitué de fait le lieu par excellence de la recherche archéologique depuis ses débuts. Les historiens et les anthropologues, pour leur part, ont mis à profit l’accès simultané aux vestiges et aux témoignages dont ils bénéficiaient pour étudier dans une perspective comparative « l’idéologie funéraire » des sociétés du passé et du présent. La forme donnée à la sépulture ainsi que les discours sur la mort et l’au-delà traduisent dans ce cas la place donnée au mort dans une société particulière. D’autres pistes de recherche peuvent être proposées incluant :

La réévaluation générale du rapport entre mort, vestiges et mémoire. Si l’on admet que la sépulture n’est pas nécessairement le lieu privilégié de célébration de la mémoire du défunt, voire que le souvenir n’est pas un impératif catégorique du funéraire, il convient alors d’étudier comment mémoire et oubli se conjuguent aux différents régimes de visibilité des sépultures et des monuments – les moins visibles n’étant pas nécessairement les moins prestigieux.

Les relations entre transformation biologique du cadavre (thanatomorphose), manipulations anthropiques du corps (préparation, conservation, destruction) et rite de passage, ainsi que les conditions de l’inférence des manières de faire et des rituels (les protocoles) à partir de leur résultat (la sépulture).

♦ La spatialisation de la mort, l’inscription des restes du défunt dans l’espace ou leur reprise dans d’autres systèmes, avec un accent porté sur les problèmes posés par des morts déplacés ou mal-placés, et d’une manière générale aux situations où la place des morts ne va plus de soi.

Si chacune des disciplines bénéficie pour ses propres recherches des résultats obtenus par les autres, le « lieu commun » du funéraire a trop rarement donné lieu à des discussions partagées. Dans le cadre de son appel d’offres thématique, la Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès (MAE) propose aux chercheurs de la MAE de relever le défi d’une réflexion interdisciplinaire autour des enjeux du funéraire dans les sociétés humaines, en particulier autour des pistes de recherche proposées.

Grégory Delaplace (UMR 7186), Grégory Pereira (UMR 8096), Pascale Philifert (UMR 7218), Sara Tandar (USR 3225, responsable Humanités numériques), Gérôme Truc (UMR 7220)

Anciennement axe « L’anthropologie funéraire et l’homme face à la mort » de la MAE coordonné par Gregory Delaplace, anthropologue (LESC – UMR 7186) et Frédérique Valentin, archéologue (ArScAn – Equipe Ethnologie Préhistorique – UMR 7041)

Au-delà de la mort : dialogues entre Ethnologie et Archéologie. Séminaire de recherche 2015, co-organisé par Préhistoire & Technologie (UMR 7055) et le LESC (UMR 7186).

Séminaire d’Archéologie funéraire M2/Doctorat 2014-2015 : « Les pratiques mortuaires sontelles un processus technique comme les autres ? », co-organisé par Frédérique Valentin (CNRS, UMR 7041-ARSCAN) et Grégory Pereira (CNRS, UMR 8096-ARCHAM)

Le Funéraire. Mémoire protocoles, monuments, Colloques de la Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès n° 11, 2015

La chaîne opératoire funéraire. Ethnologie et archéologie de la mort, Travaux de la Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès n°18, sous la direction de Frédérique Valentin, Isabelle Rivoal, Corinne Thevenet et Pascal Sellier (2014).

L’Enfant et la mort dans l’Antiquité I. Nouvelles recherches dans les nécropoles grecques. Le signalement des tombes d’enfants, Travaux de la Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès n°12, sous la direction d’Anne-Marie Guimier-Sorbets et Yvette Morizot, 2010.

QU’EST-CE QU’UNE SÉPULTURE ? Humanités et systèmes funéraires de la préhistoire à nos jours. Rencontres internationales d’archéologie et d’histoire d’Antibes, 13, 14 et 15 octobre 2015.

LE FUNÉRAIRE. Mémoire, protocoles, monuments. 18-19-20 juin 2014, colloque annuel de la MAE, organisé par Grégory Delaplace (LESC) et Frédérique Valentin (ArScAn).