Le battement de la vie

Le battement de la vie
Le corps naturel et ses représentations en Chine

Édité par Brigitte Baptandier

Avec les contributions de : Alain Arrault, Brigitte Baptandier, Sylvie Beaud, Gladys Chicharro, Catherine Despeux, Stéphane Gros, Adeline Herrou, Françoise Lauwaert, Katiana Le Mentec, Aurélie Névot, Anne-Christine Trémon.

Éditeur : Publications de la Société d’ethnologie, Nanterre
ISBN : 9782365190220
408 pages
format : 240 x 160 mm
Prix : 28  €

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Y aurait-il, en Chine, une idée de la personne qui ne permettrait pas d’isoler le « corps »? Pourquoi donc a-t-on ce sentiment que l’on ne parle jamais vraiment du corps humain, qu’il apparaît plutôt comme le support d’entités plus vastes, qui le dépassent? Comme si le corps ne pouvait être envisagé que d’un point de vue énergétique, son fonctionnement assurant la vie en exacte correspondance avec le monde extérieur. Comme s’il n’avait pas acquis un statut d’objet. Or, dans les différentes conceptions du corps en Chine présentées ici, issues pour la plupart de l’ethnographie ou de l’histoire, un point est apparu comme récurrent: ce va-et-vient entre les deux pôles de la représentation et du naturel, du symbolique et du réel, non pas l’un ou l’autre mais l’un et l’autre, indissociables en leur « battement » qui est celui même de la vie. C’est dans cette faille que nous avons voulu nous introduire pour traiter du corps, y cherchant la vie qu’elle recelait.

Deux pratiques, mises en œuvre chaque fois par deux personnes agissant en miroir (Taiji quan et acupuncture), tracent le fil directeur de l’ouvrage, ce « battement de la vie ». Il se retrouve exploré à travers la relation au lignage et au traitement du corps des ancêtres. Le corps des femmes, quant à lui, apparaît comme traversé par les générations, vécu comme un support capable de porter le signe d’un temps, la marque d’un passage, l’assignation d’un destin. Le corps de certains héros (d’épopée ou de cinéma) met en scène le battement entre le corps naturel et sa représentation: à travers mutation, mutilation, et mutabilisme universel, tout peut se faire et se défaire à l’infini. Enfin, les enfants uniques, « petits empereurs » de la Chine actuelle, tout comme les taoïstes qui « nourrissent leur vie », donnent à voir la construction du sujet, corps et personne confondus, indissociables.


Sommaire

Brigitte Baptandier – Introduction

Première partie. Du battement de la vie : le transfert
Brigitte Baptandier – Le corps dans le Taiji quan et dans la psychanalyse
Catherine Despeux – Soigner le corps par le nom et le geste : de la pratique de l’acupuncture  

Deuxième partie. Du corps des ancêtres : ancrage et substituts
Anne-Christine Trémon – Corporalité, territoire et ancêtre fondateur dans un village urbanisé de Shenzhen
Alain Arrault – Le corps et les entrailles des dieux : corps vivant, complet et malade

Troisième partie. Du corps des femmes : le fil des générations
Stéphane Gros – Quand les femmes font corps : le tatouage facial féminin chez les Drung du Yunnan
Aurélie Névot – Danse cosmique et voix en écho : la déhiscence des chema

Quatrième partie. Du corps des héros : glorification, morcèlement, métamorphose
Sylvie Beaud – Corps humains, corps divins : transformation rituelle des acteurs du Théâtre de Guan Suo
Katiana Le Mentec – Le corps morcelé de Zhang Fei : allégorie d’espaces bouleversés en amont du barrage des Trois Gorges
Françoise Lauwaert – Le sabreur pourfendu : corps mutilé et corps glorieux dans le cinéma de Chang Cheh

Cinquième partie. Du destin de sujet : élaborer, nourrir la vie
Gladys Chicharro – « Excellentes naissances, excellentes éducations » : nourrir et façonner le corps des petits empereurs entre métissage et hybridité
Adeline Herrou – La part essentielle de l’être n’est « ni dans le corps, ni hors du corps » : portrait d’un maître taoïste médecin et ascète