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Séminaire général du LESC 2009-2010

Mardi 25 mai 2010 – Archives et numérisation

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Le Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative a, depuis une vingtaine d’années, accumulé un savoir en matière de traitement et de valorisation des matériaux de terrain des ethnologues et a mené une réflexion méthodologique sur l’archive à la fois outil et objet de recherche. Durant cette période, les centres récemment intégrés au laboratoire ont, pour l’EREA (Enseignement et recherche en ethnologie amérindienne), mené des expérimentations portant sur le traitement des archives de terrain et, pour le CREM (Centre de recherche en ethnomusicologie), élaboré des outils de recherche et d’analyse permettant de documenter les 3 500 heures d’archives sonores inédites dont ils sont dépositaires (projet de plateforme collaborative Telemeta).

Partant de l’analyse des réalisations achevées, en cours ou en projet, le séminaire s’est voulu un temps de réflexion sur deux aspects particulièrement importants de ces travaux. D’un côté, la numérisation, l’indexation et le traitement automatique de corpus de données et de l’autre l’édition des matériaux de terrain sur Internet ou leur « retour », sous forme numérique, dans les communautés auprès desquelles ils ont été collectés. Dans cet exercice, il a été particulièrement question de deux des partenaires des archives. D’un côté les chercheurs, en tant qu’utilisateurs, et de l’autre les « communautés observées », autrefois coproductrices et aujourd’hui elles aussi utilisatrices des archives. Le double but de cette journée est, en effet, d’évaluer les travaux menés en matière de numérisation et de traitement des corpus à l’aune des besoins des chercheurs et du nécessaire respect de la nature patrimoniale des archives et, par ailleurs, de tenter d’apprécier les enjeux éthiques, scientifiques et politiques posés par une diffusion large des matériaux de terrain.

L’enjeu et le débat dépassant, bien évidemment, le seul LESC, de nombreux experts ont été invités à présenter leurs réalisations et à exposer leur point de vue sur ces différentes questions.


Jeudi 25 mars 2010 – Essai de prospective : l’environnement institutionnel de l’anthropologie et ses évolutions

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Dans le contexte actuel de réformes de nos institutions, cette journée de réflexions est l’occasion de prendre un peu de recul avec les passions que ces transformations provoquent. Elle nous permet d’avoir un regard plus global et distancié sur l’évolution institutionnelle de la recherche et sur la place de la discipline anthropologique au sein même de cet environnement. Gilles Tarabout a proposé de penser les grandes lignes de forces qui peuvent orienter ces changements. En dehors des influences politiques, il serait bon, selon lui, de chercher à appréhender l’évolution générale des nouvelles règles de fonctionnement et la conception des pratiques de recherche en France, et plus largement en Europe et internationalement.


Mardi 9 mars 2010 – Comparer dans l’espace et dans le temps pour penser l’homme en société

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Comparer, il est trivial de le rappeler, est au fondement de toute possibilité d’analyse et de raisonnement – qu’il s’agisse de rapprocher entre elles deux observations, ou de rapporter une observation à une hypothèse. Selon les domaines la démarche cependant diffère, et la journée de séminaire général du LESC voudrait aborder quelques unes des façons de comparer qui impliquent à un titre ou à un autre des données ethnographiques.

On le sait, la discipline anthropologique s’est construite dans des allers-retours constants avec la préhistoire et l’archéologie des sociétés anciennes, aboutissant à des typologies techniques, sociales et idéelles, et à des hypothèses évolutionnistes sur la longue durée : Tylor, en 1873, l’affirmait, « Dans de telles comparaisons, il n’y a guère à s’occuper de dates historiques ou de localisation sur une carte ; l’ancien habitant lacustre de la Suisse peut être mis à côté de l’Aztèque de l’époque médiévale, et l’Ojibwa de l’Amérique du Nord à côté du Zoulou de l’Afrique du Sud […] L’expérience mène le chercheur à attendre et à trouver une récurrence régulière des phénomènes de la culture dans le monde, car résultant de causes similaires et de grande portée. »

Les développements ultérieurs de l’anthropologie ont mis en œuvre d’autres méthodes de comparaison, et largement rejeter la démarche de Tylor et de ses contemporains. La multiplication des monographies locales tendant à construire l’unité d’observation comme un tout n’a cependant pas pour autant éliminé la nécessité d’effectuer des rapprochements selon diverses ambitions théoriques – le structuralisme, dans la multiplicité de ses mises en œuvres, en fut une. Surtout, une tension, « unité de l’homme et diversité des cultures », demeure au cœur des efforts de réflexion générale sur l’homme en société.

La journée sera l’occasion de débattre de quelques unes des façons par lesquelles cette tension a été abordée au cours des dernières décennies, et en quoi elle pousse toujours à ouvrir de nouveaux fronts de recherche, dont certains nécessairement interdisciplinaires.


Mis à jour le 10 septembre 2014