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CHAMPY Muriel

Domaines régionaux

Afrique de l’Ouest (Burkina Faso)

Domaines thématiques

anthropologie de l’enfance et des âges de la vie, anthropologie du développement, anthropologie urbaine, micro-économie

Mots-clefs

enfants de la rue, bakoroman, âges de la vie, méthode biographique, migrations, économie informelle, ethos lignager


Thèse

Faire sa jeunesse dans les rues de Ouagadougou. Ethnographie du bakoro (Burkina Faso), sous la direction d’Anne-Marie Peatrik, soutenue le 10 octobre 2016

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La boîte des mendiants
et un tube vide de colle à sniffer
(cliché M. Champy)

Les travaux de Muriel Champy portent sur les bakoroman, ces enfants et jeunes adultes qui vivent et dorment dans les rues de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Avec ces jeunes fugueurs, qui circulent entre mendicité, ramassages d’ordures, petits boulots, vol, trafics et recel, elle pénètre au cœur du réseau fourmillant de l’économie informelle urbaine. Après deux ans d’observations ethnographiques, d’entretiens biographiques et de travaux quantitatifs auprès de bakoroman, d’anciens bakoroman et de leurs familles, elle démontre que ce mode de vie erratique ne peut être interprété à priori comme un marqueur de désaffiliation du fait que la mobilité juvénile masculine constitue localement une forme tolérée d’individualisation temporaire. Par ailleurs, les relevés de leurs recettes et dépenses quotidiennes indiquent que leurs activités assurent leur survie au quotidien, l’accès à de nombreux loisirs et la possibilité d’envoyer occasionnellement de l’argent à leurs parents. Ainsi les bakoroman se présentent-ils comme de simples aventuriers « à la recherche de l’argent », dans la continuité des mobilités vers les plantations ivoiriennes ou vers les grands centres urbains, en quête de ressources, d’expériences et de réseaux.

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Un ancien bakoroman avec sa famille (cliché M. Champy)

Leur position souvent fragile au sein de leur lignage d’origine, aggravée par un mode de vie marqué par l’illégalité et la déviance, rend cependant invraisemblable la possibilité de ce retour réussi qui transformerait leur départ souvent chaotique en une expérience d’affirmation individuelle. Lorsqu’ils atteignent finalement l’âge de s’établir, les bakoroman constatent que la conquête d’un statut valorisé ne passe pas par l’argent éphémère de la rue mais par la capacité à soutenir durablement leur lignage, à inscrire leur propre « nom » dans sa généalogie et à assurer ainsi la perpétuation générationnelle.

L’étude de ce phénomène sociologique transitoire a ainsi constitué une porte d’entrée précieuse pour une meilleure compréhension de l’enfance, de la jeunesse et de l’âge adulte dans un pays où la faible pertinence de l’âge calendaire rend souvent malaisée l’appréhension des catégories d’âge. En mettant en perspective leurs trajectoires singulières avec d’autres formes historiques de mobilité juvéniles et d’individuation dans cette région du monde, le temps du bakoro offre enfin une façon originale et décalée de réfléchir à la place que les mécanismes communautaires laissent à l’individuation afin de mieux toucher à ce qui, dans la société burkinabè contemporaine, fait — ou ne fait pas — d’une personne un homme « respectable » et accompli.



Allocations, contrats, bourses…

  • 2011-2014, contrat doctoral (ED 395 Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent, Université Paris Ouest Nanterre La Défense ; LESC)

Publications

  • à paraître, La ville en négatif. Ethnographie de l’espace public urbain par les marges, in A. Montandon et E. Hernandez (éd.), Cohabiter les nuits urbaines. Penser, sentir et narrer la vie nocturne (Rennes, Presses universitaires de Rennes).
  • 2015, Des plantations ivoiriennes à la rue ouagalaise. Transmissions silencieuses d’une tradition de mobilité, in M. Baussant, I Dos Santos, E. Ribert et I. Rivoal (éd.), Logiques mémorielles et temporalités migratoires (Nanterre, Presses universitaires de Paris Ouest) : 275-294.
  • 2014, « La rue ne peut pas avoir des enfants comme ça ! » Retour sur les projets de réinsertion des enfants vivant dans la rue au Burkina Faso, Autrepart, 72 : 129-144.
  • 2011, Bakoroman, film documentaire co-écrit avec Simplice Ganou, produit par l’Atelier Documentaire, Paris/Ouagadougou, 62 min.

Communications

  • juil. 2016, « Des difficultés d’accumuler quand on est seul… Le cas des jeunes vivant dans la rue au Burkina Faso », panel « Les stratégies d’accumulation dans des sociétés hiérarchisées et en mutation économique » coordonné par K. Marazyan, M. Boltz, P. Villar, I. Chort, REAF, Inalco, Paris.
  • avril 2016, « Les ‘‘enfants de la rue’’ ne sont pas des enfants sauvages. Réintégrer les bakoroman dans la société burkinabè », Anthropologie de l’éducation et de l’enfance : contextes et débats, LESC, Université Paris Ouest Nanterre La Défense.
  • mars 2016, « Quand l’argent sale vaut mieux que la misère propre. Faire sa jeunesse dans les rues de Ouagadougou », séminaire « Anthropologie à Nanterre », coordonné par A. Esquerre, E. Grimaud, V. Manceron, I. Moya, S. Rennesson, A. de Sales et E. de Vienne, Université Paris Ouest Nanterre la Défense.
  • juil. 2015, « ‘The Income of Bakoro’. Conquering Financial Autonomy on the Streets of Ouagadougou (Burkina Faso) », panel « A Resilient Future Generation. Street Children in Africa », coordonné par T. Ty-Juana, ECAS, Paris.
  • juin 2015, « L’argent du diable ? Misère et dépenses ostentatoires des jeunes de la rue (Burkina Faso) », panel « L’excès, la dépense, l’ostentatoire » coordonné par N. Boukhobza, 2e Congrès de l’AFEA, Université Toulouse–Jean Jaurès.
  • mai 2015, « Et si les bakoroman n’étaient pas marginaux ? Des marges de manœuvre des jeunes vivant dans la rue à Ouagadougou », « Marges, territoires urbains et circulations », Casa de Velazquez, Madrid.
  • mars 2015, « La ville en négatif. Ethnographie de l’espace public urbain par les marges », Cohabiter les nuits urbaines, Lab-Urba/LAVUE/PRODIG, Université Paris Est–Marne La Vallée.
  • mai 2013, « The tomato paste Tin Can, a diplomatic bag to the street beggar », PUF « Mobility, Memory, Material Worlds : Crossroads and Convergences », Chicago, USA.
  • janv. 2013, « Récits de vie brisé(e)s. Une approche anthropologique des jeunes vivant dans la rue », Rencontre des Jeunes Chercheur(e)s en Etudes Africaines, EHESS, CEMAF, Sciences Po Paris/CERI/Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Paris, France.
  • nov 2012, « Venir se chercher en ville. Les migrations des jeunes de la rue au Burkina Faso », Programme-ANR « Enfants Victimes, Enfants Précaires et Jeunesse ‘‘Violente’’ en Afrique de l’Est (Burundi, Kenya, Ouganda, Rwanda) : Réalités, Perceptions et Prises en Charge », Kampala, Ouganda et Paris, France.

Enseignement

  • Département d’anthropologie, Université Paris Ouest Nanterre La Défense
    • 2016-2017, ATER
      • CM/L3 Ethnobiologie des sociétés d’Afrique et d’ailleurs (10h)
      • CM/M1 Controverses en anthropologie (4h)
      • CM/M2 Usages et mésusages de l’évolution (10h)
      • TD/L1 Théories en anthropologie (24h)
      • TD/L1 La cuisine des ethnologues (24h)
      • TD/L2 Sociétés du passé, sociétés du présent (24h)
      • TD/L2 Identités ethniques (36h)
      • TD/L3 Textes fondamentaux (48h)
    • 2015-2015, vacations
      • TD/L1 Théories en anthropologie (48h)
      • TD/L2 Identités ethniques (48h)
    • 2013-2014, monitorat
      • TD/L1 Introduction à l’ethnologie (72h)
  • interventions ponctuelles dans des séminaires
    • avril 2015, « La prise en charge des enfants et des jeunes de la rue au Burkina Faso », séminaire « Les mondes de l’aide internationale », coordonné par C. Al Dabaghy, EHESS.
    • déc. 2014, « Sur les pas de la boîte de concentré de tomate ou La mallette diplomatique du mendiant », séminaire de L3 « Objets et sociétés », dirigé par G. Torterat, Nanterre.
    • oct. 2014, « La contribution des ‘‘enfants de la rue’’ à l’anthropologie de l’enfance et des âges de la vie », séminaire de M2 « Anthropologie de l’enfance », dirigé par D. Liolios, Nanterre.
    • nov. 2013, « De la diversité des matériaux ethnographiques à l’écriture de la thèse », séminaire de M1 « Analyse des matériaux de terrain », dirigé par A. Piette, Nanterre.
    • mai 2013, « La vie après la rue ? Sorties de la rue et entrées dans l’âge adulte », séminaire Sciences sociales Burkina Faso (3SB), coordonné par M.-Th. Arcens Some, C. Guissou, F. Bationo, L. Kibora, Ouagadougou, Burkina Faso.
    • nov. 2011, « Faire du terrain en contexte migratoire », atelier Migrations, coordonné par L. Belkacem, EHESS.
    • déc. 2010, « Les bakoroman et l’économie de la rue », séminaire « Circulations et transformations des pratiques sociales de calcul », coordonné par J.-P. Hassoun, B. Hazard, L. Kuczynski, B. Müller, EHESS.

Autres activités scientifiques

  • Membre associé du projet ANR ECOPPAF Économie de la peine et de la prison en Afrique, porté par Frédéric Le Marcis et Marie Morelle, https://ecoppaf.hypotheses.org/.

Contrat Creative Commons
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Mis à jour le 23 novembre 2016





Docteur, université Paris Nanterre

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