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ESSELE Kisito

Domaines régionaux

Afrique centrale (Cameroun)

Domaines thématiques

funérailles, rituel, langage tambouriné, religion, changement social

Mots-clefs

Beti-Eton, musique, chant, rite, variabilité, lignage, mort


Thèse

Permanences et changements dans les pratiques funéraires chez les Eton du Sud-Cameroun (contribution à une analyse ethnomusicologique des rites funéraires éton), sous la direction de Susanne Fürniss et de Michael Housemann (EPHE)

Les recherches de Kisito Essele, commencées en 2003 à l’université de Strasbourg, UFR Arts, sanctionnées par l’obtention d’une licence et d’un master en musicologie, se poursuivent dans le cadre d’un doctorat en ethnomusicologie à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense.

Le pays eton couvre près de 3000 km², au nord-ouest de Yaoundé, capitale administrative et métropole de la région du Centre et compte plus d’un million d’habitants. Les Eton font partie du grand ensemble Beti-Bulu-Fang. Ils sont un sous-groupe du groupe Beti vivant au nord de la ville de Yaoundé, capitale du Cameroun. La langue eton, considérée comme un dialecte ou un parler est classée dans la zone 4, le groupe A 71, d’après Guthrie, 1953, 1971). Elle couvre presque tout le département de la Lékié.
Au moment où on parle de la désintégration des cultures locales et de la désuétude des rites à cause des changements irréversibles de notre temps, les apports de la modernité confirment-ils ou infirment-ils la perpétuité des structures sociales, musicales, symboliques ou religieuses dans la célébration des funérailles aujourd’hui ? Nos enquêtes ont été réalisées pendant trois missions de recherche dans ce département de 2009 à 2011 où nous avons eu l’occasion de participer à plusieurs cérémonies funéraires. Nous avons constaté que les rites funéraires, rites systématiques denses et complexes, mettent en œuvre toutes les composantes de la vie humaine : relation avec la Transcendance, rites de purification, sacrifices, repas, discours, chants, langage tambouriné et danse en communauté. Le rituel funéraire se déroule diachroniquement en huit phases de l’annonce du décès à la période des neufs jours suivant l’enterrement. Les cérémonies nous ont permis d’extraire les facteurs de variabilité d’une cérémonie funéraire chez les Beti-Eton qui sont : l’âge du défunt, les causes de la mort, le lignage, le sexe du défunt et l’appartenance religieuse. Ces facteurs détermineront l’organisation et la célébration des funérailles sur tous les plans. Ainsi, la musique et la danse sont des éléments constitutifs du rituel.

Deux éléments d’un rituel funéraire d’adulte à titre illustratif : la danse ìsánì et l’annonce tambourinée du décès ou ikùd àwú.

  • La danse ìsánì : au centre de la célébration de certaines funérailles traditionnelles prend place l’isani, accompagnement polyrythmique soutenant une danse spécifique aux cérémonies funéraires, exécuté sur des tambours de bois à fente. Il intervient à différents moments du deuil. À l’origine, le rite ìsánì illustrait les cérémonies funéraires d’un homme, qui dans sa vie avait connu une certaine aisance matérielle, conquis du prestige à la guerre, à la chasse ou au sport. C’était le monopole des seuls notables pour célébrer la victoire de la vie sur la mort. Aujourd’hui, toutes les catégories sociales y ont accès : femmes, jeunes, riches et pauvres.
  • L’annonce tambourinée du décès ìkùd áwú “frappe du décès” : l’ìkùd áwú est l’annonce sociale, publique, cérémoniale et symbolique du décès. Il s’adresse aux parents du défunt pour qu’ils viennent le (la) chercher et l’amener au pays des ancêtres (bokon).

Communications

  • 25 nov. 2011, « Musiques funéraires beti-éton (Cameroun) », séminaire de formation à la recherche en ethnomusicologie de Simha Arom et Susanne Fürniss, MNHN, Paris.
  • 13 nov. 2009, « Le langage tambouriné, élément indispensable des cérémonies funéraires beti (Cameroun) », journée d’études sur les langages de substitution, Villejuif.

Enseignement

  • enseignant de musique d’église à l’École théologique Saint Cyprien de Ngoya à Yaoundé au Cameroun
  • enseignant de solfège à l’Institut agricole d’Obala (IAO) au Cameroun et animateur des ateliers de musiques traditionnelles et modernes
  • animateur de l’émission radiophonique « Musiques, culture et langue éton » à la Radio communautaire Odjila à Obala

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Mis à jour le 26 janvier 2012





Doctorant (LESC), université Paris Ouest Nanterre La Défense

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