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ZEMPLÉNI András

Domaines régionaux

Sénégal, Côte d’Ivoire, Tchad, Hongrie

Domaines thématiques

ethnopsychiatrie, anthropologie de la maladie, rituel, divination, possession, initiation, matrilinéarité, « visiting husband systems », secret, sociétés secrètes, rites nationaux, muséologie

Mots-clefs

wolof, senufo, mundang, ethnopsychiatrie, maladie, possession, divination, initiation, poro, matrilinéarité, visiting husband, secret, pensée nationale, réenterrement, muséologie


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Présentation

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H. Collomb à une séance
de thérapie de groupe à Fann
(© Eduardo di Muro, 1980)

Formé à l’ethnologie, à la psychologie et à la linguistique africaine à la Sorbonne et au musée de l’Homme, András Zempléni a commencé par associer la méthode ethnographique et l’approche clinique pour décrire les interprétations et les thérapies traditionnelles des troubles mentaux chez les Wolof et les Lebou du Sénégal. Sa thèse de 1968 et ses écrits sur la possession (ndëpp), l’enfant nit ku bon, les propriétés socialisantes des interprétations projectives de la maladie, le lien entre la causalité sociale de celle-ci et ses usages sociopolitiques, le chemin qui mène du symptôme au sacrifice, le rôle du déni dans l’efficacité de la magie, ou encore, la transition entre persécution et culpabilité dans les thérapies prophétiques ivoiriennes… font partie des travaux de base de l’école d’ethnopsychiatrie de Dakar qu’il a cofondée avec le Dr Henri Collomb et Marie-Cécile Ortigues.

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Cure par possession rituelle d’une femme enceinte moundang, 1969 (cliché A. Zempléni)

C’est en 1968 qu’il rejoint l’université Paris X-Nanterre et le LESC où il introduit l’enseignement et la recherche en anthropologie de la maladie. Suite à un nouveau terrain, le livre qu’il cosigne avec Alfred Adler sur la divination, la médecine et les rites de possession féminins des Moundang du Tchad marque un tournant dans ses intérêts. Il passe à l’anthropologie comparative des rituels : des rites de possession (analysés comme une forme particulière du sacrifice), de la divination (conçue comme une action assertive qui doit sa véracité à l’évacuation rituelle du sujet d’énonciation humain), de l’initiation (que son autoréférentialité distingue des rites proprement religieux).

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Hommage aux initiés sortant du poro au marché, 1975
(cliché A. Zempléni)

À partir de 1972, il se fixe chez les Sénoufo Nafara de Côte d’Ivoire. Dans cette société matrilinéaire duolocale, il approfondit l’étude de deux institutions intimement liées : le kekurugu, système de visite nocturne des hommes nafara au village maternel de leurs partenaires sexuelles, et le poro, omniprésente institution initiatique masculine dans laquelle il est admis en 1974. Dans ses écrits, il montre notamment que le personnage central du poro, la mère rituelle fictive des initiés, est une entité composée à partir des quatre figures féminines qui exercent quotidiennement leur empire sur le « mari visiteur » nafara.


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Kafolo, la mère des initiés, aux funérailles avec ses « enfants », 1993 (cliché A. Zempléni)

En cherchant à définir cette entité initiatique inassimilable aux êtres invisibles de la religion, puis en décrivant le fonctionnement judiciaire raffiné des assemblées secrètes du poro, il est conduit à affiner sa théorie antérieure du secret et à proposer une approche dépassionnée des conséquences méthodologiques de l’intrusion inévitable de l’ethnologue dans la vie des autres.

Depuis 1989, il étudie également les rites de réenterrement politique survenus en Hongrie post-soviétique, et partant, les notions hongroises de patrie, de nation et de pays. C’est avec les médiévistes et les anthropologues invités au Collegium Budapest qu’il a élargi ce travail à l’étude des structures spatiales européennes, à l’histoire occidentale de la notion de patrie et, plus généralement, aux traits distinctifs des sociétés nationales, depuis les frappantes particularités du mode de pensée national jusqu’aux spécificités du culte que les nations vouent à leurs morts et à leurs reliques.

Co-auteur de plusieurs films et de textes sur la rénovation de la muséologie anthropologique, il a récemment conçu une installation multimédia sur la divination sénoufo visible dans l’exposition permanente du musée du quai Branly.


Sélection bibliographique

  • 2011, Le reliquaire de Batthyány : du culte des reliques aux réenterrements politiques en Hongrie contemporaine, in G. Vargyas (éd.), Passageways : From Hungarian ethnography to European ethnology and sociocultural anthropology (Budapest, L’Harmattan) : 23-89 [version hongroise : 2009].
  • 2003, La politique et le politique : les assemblées secrètes du Poro sénoufo, in M. Détienne (éd.), Qui veut prendre la parole ? (Paris, Éditions du Seuil) : 107-147.
  • 1996, Savoir taire : du secret et de l’intrusion ethnologique dans la vie des autres, Gradhiva, 20 : 23-43 [édition hongroise : 2000].
  • 1991, L’amie et l’étranger : hommes et femmes en société matrilinéaire, Autrement : 57-75 [édition allemande,1993 ; édition hongroise développée, 2004].
  • 1985, La maladie et ses causes, L’ethnographie, 96-97 : 13-44 [n° spécial : A. Zempléni (éd.), Causes, agents et origines de la maladie dans les sociétés sans écriture].
  • 1984, Possession et sacrifice, Le temps de la réflexion (Paris, Gallimard), V : 325-352 [version développée : Des êtres sacrificiels, in M. Cartry (éd.), Sous le masque de l’animal : essais sur le sacrifice en Afrique noire (Paris, PUF), 1987, 267-317].
  • 1974, Du symptôme au sacrifice, Histoire de Khady Fall, L’Homme, 14 : 31-77 [édition anglaise : From symptom to sacrifice : The story of Khady Fall, in V. Crapanzano et V. Garrison (éd.), Case studies in spirit possession (New York, John Wiley), 1977, 81-139].
  • 1972 (avec A. Adler), Le bâton de l’aveugle : divination, maladie et pouvoir chez les Moundang du Tchad (Paris, Hermann).
  • 1966, La dimension thérapeutique du culte des rab : ndëpp, tuuru et samp, rites de possession chez les Lébou et les Wolof, Psychopathologie africaine, II (3) : 295-439.
  • 1965 (avec J. Rabain), L’enfant nit ku bon : un tableau psychopathologique traditionnel chez les Wolof et les Lébou, Psychopathologie africaine, I (3) : 329-441 [republié in T. Nathan (éd.), L’enfant ancêtre (Grenoble, Éditions La Pensée Sauvage), 2000, 33-91].

Publications disponibles à la bibliothèque Éric-de-Dampierre


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Mis à jour le 11 juillet 2012





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