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DJOTTOUAN Mossou Hyacinthe

Domaines régionaux

Afrique de l’Ouest, Côte d’Ivoire

Domaines thématiques

guerre, musique, funérailles, rituel, association d’âge, organisation sociale

Mots-clefs

Abouré, éhivet, Fokwé, chant, rythme, danse


Thèse

Le Fokwé, musique guerrière chez les Abouré éhivet de Bonoua, en République de Côte d’Ivoire, sous la direction de Susanne Fürniss

Les recherches de Hyacinthe Djottouan, commencées à l’université nationale de Côte d’Ivoire (Abidjan), UFR Information, Communication et Arts, sanctionnées par l’obtention d’une licence (1989), d’une maîtrise (2002) et d’un DEA (2005) en musicologie, se poursuivent dans le cadre d’un doctorat en ethnomusicologie à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense.

Situé dans le sud-est de la Côte d’Ivoire, le pays abouré occupe les sous-préfectures de Grand-Bassam et de Bonoua. Il s’étend sur une superficie d’environ 1800 km² limité au nord par le pays Attié-Mgbato (sous-préfecture d’ALEPE), au sud par l’océan atlantique, à l’est par la région Agni-Eotilé-Essouma (Aboisso-Adiake-Assinie) et à l’ouest par la sous-préfecture de Bingerville.
Situé sur la basse côte, dans la zone forestière et humide, le peuple abouré appartient au grand groupe Akan. Il se divise en trois : les Ehiè (Yaou/sous-préfecture de Bonoua, Moossou et Vitré/sous-préfecture de Grand-Bassam), les Ehivet, les plus nombreux (Bonoua et Adiaho/sous-préfecture de Bonoua) et les Ossouon (Ebra/préfecture de Bingerville).
Les Abouré éhivet de Bonoua (notre terrain d’étude) sont situés sur l’axe Grand-Bassam–Aboisso, dans la région du sud comoé. Bonoua est limité au nord par le village de Samo, au sud par le village de Yaou, à l’est par la lagune Kodjoboué et à l’ouest par la forêt marécageuse, bordant le fleuve Comoé. Avec un relief relativement plat entouré de collines au nord, au sud et à l’est. Le village de Bonoua compte trois grands quartiers traditionnels qui sont : kùmasi, Bènyilihn et Blonouklo. La communauté éhivet de Bonoua compte environ 50 000 âmes.
La pratique musicale chez les Abouré éhivet de Bonoua se caractérise par la présence de deux types de musique : les musiques non réservées ouvertes à tous, et les musiques réservées destinées à des catégories de personnes. Leur pratique fait parfois l’objet d’une initiation comme c’est le cas du Fokwé, une cérémonie de guerre constituée de rites, de chants et de danses et dont la pratique est l’apanage des seuls hommes initiés et membres d’une association d’âge. Chez les Ehivet de Bonoua, le Fokwé et l’organisation socio-politique sont étroitement liés ; il en est même le fondement.
En cette période de grands bouleversements marqués par des changements irréversibles et les apports de la modernité, facteurs de la désintégration des cultures locales et de la désuétude des rites dans les sociétés traditionnelles africaines, établir des corrélations métaphoriques entre la musique du Fokwé à travers ses instruments, ses rythmes et ses chants, et les valeurs culturelles et identitaires des Abouré Ehivet de Bonoua peut-il permettre la compréhension des réalités socioculturelles et magico-religieuses de cette communauté ?
Les enquêtes réalisées au cours de trois missions de recherche au sein de la communauté éhivet de Bonoua (2002, 2010 et 2011) m’ont donné l’occasion de participer à plusieurs cérémonies de Fokwé. Il ressort de mes investigations que les cérémonies de Fokwé sont des occasions privilégiées où sont mises en œuvre toutes les composantes de la vie humaine et communautaire : relation avec la Transcendance (invocation des divinités et des mânes des ancêtres, libation, rites de purification, sacrifices, repas, boisson, discours, chants, langage tambouriné et danse. Les cérémonies de Fokwé se déroulent toujours soit le matin entre six heures et onze heures, soit l’après-midi entre quatorze heures et dix-huit heures. Celles auxquelles j’ai assisté ou participé m’ont permis d’observer des facteurs de variabilité liés au contenu de la cérémonie, et selon le type de Fokwé. Aussi, la musique et la danse se révèlent-ils les éléments les plus fondamentaux sur lesquels repose une cérémonie de Fokwé.
Entendez par musique : le répertoire de chants, l’ensemble orchestral (les différents instruments), et par danse : les différents rythmes de danses. A cela il faut ajouter l’interaction entre ces deux entités et leurs rapports avec l’organisation socio-politique de la communauté éhivet.
Une mise en série des éléments constitutifs du Fokwé à savoir les instruments de musique, la disposition de la performance, les chants et rythmes d’une part et l’organisation sociopolitique et culturelle des Ehivet d’autre part va certainement contribuer à relever l’importance du rôle du Fokwé dans la communauté éhivet de Bonoua. Cette démarche va consister à dégager des éléments structurels et/ou symboliques qui permettent de les relier et de les mettre sur un même plan.



Communications

  • 13 déc. 2011, « Compte rendu de mission : l’inventaire de la pratique musicale chez les Abouré éhivet de Bonoua », séminaire de formation à la recherche en ethnomusicologie de Simha Arom et Susanne Fürniss, MNHN, Paris.
  • 18 juin 2010, « La musique de Fokwé chez les Abouré éhivet de Bonoua en RCI », séminaire de formation à la recherche en ethnomusicologie de Simha Arom et Susanne Fürniss, MNHN, Paris.

Enseignement

  • Enseignant de musique à l’Institut national supérieur des Arts et de l’Action culturelle/École nationale de Musique
    • Musicologie
    • Harmonie
    • Direction chorale

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Mis à jour le 4 mai 2012





Doctorant (LESC), université Paris Ouest Nanterre La Défense

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