Webmail
Annuaire

FERRIÉ Francis

Domaines régionaux

Piémont entre Andes et Amazonie bolivienne

Domaines thématiques

ethnohistoire, anthropologie de la danse, anthropologie médicale et religieuse

Mots-clefs

ethnogenèse,, frontières, identité/altérité, danses, rituels thérapeutiques


Thèse

Renaissance des Leco perdus – Ethnohistoire du piémont bolivien d’Apolobamba à Larecaja, sous la direction de Jean-Pierre Chaumeil, soutenue le 29 janvier 2014

Présentation

JPEG - 41.7 ko
Danseurs de Quena quena, Atén, Bolivie
(cliché F. Ferrié)

La situation politique que Francis Ferrié a rencontrée sur son terrain du piémont bolivien entre 2008 et 2010 l’a conduit à l’écriture d’une thèse ethnohistorique : Renaissance des Leco perdus (2014) questionne la résurgence identitaire des Leco contemporains et démêle leur ethnogenèse.
L’étude diacronique de la composition et recomposition ethnique sur le piémont andin bolivien entre Apolo et Guanay éclaire les résurgences actuelles. Car, les Leco du nord de La Paz étaient considérés disparus à la fin du XXe siècle. Pourtant en 1997, deux groupes resurgissent séparément pour compter au total 9006 Leco en 2013. Si la résurgence ne fut pas conflictuelle à Guanay où se parlait une langue leca il y a 50 ans, elle fut violente à Apolo, où les Leco partagent langue, culture et parenté avec les paysans quechua voisins qui contestent à la fois leur droit à un territoire et leur condition de « vrais » Indiens. Afin de dépasser les essentialismes, la thèse tente de comprendre ces résurgences à partir de l’étude ethnohistorique de la région et de saisir les brassages hétéroclites d’où sont issus les Apoleños (indigènes Leco et paysans). Véritable nœud entre hautes et basses terres, Apolobamba a reçu très tôt des apports andins (puquina, aymara et quechua). Ses habitants, les Chuncho des Incas puis des Espagnols, présentent tous des traits linguistiques et socioculturels hybrides. La diversité ethnique se réduit dans les missions franciscaines du XVIIIe siècle, instaurant la frontière ethnolinguistique du Tuichi entre un sud plus andin et les « sauvages » du nord. Le libéralisme de la période républicaine et la construction identitaire nationale amenuisent encore la diversité régionale et accélèrent l’« andinisation ». De ces brassages émergent les Apolistas puis les Apoleños ; des identités toponymiques plus qu’ethniques. La renaissance des Leco s’inscrit dans un panorama national et international favorable, mais une langue leco se parlait encore il y a deux à trois générations sur les bords du Mapiri. En somme, la thèse pose le problème des transformations des sociétés et de leur continuité : métissages, acculturation, ou bien ethnogenèse, camouflage et résistance ?


JPEG - 45.6 ko
Rituel collectif, Santa Catalina, Bolivie

Par ailleurs, il poursuit sur ce terrain piémontais andin des champs de recherches annexes en anthropologie de la danse et en anthropologie médicale et religieuse.
Les Apoleños interprètent un stock chorégraphique d’une quinzaine de danses qui constitue un outil heuristique multiple. Outre l’analyse interne des catégories socio-ethniques contemporaines, l’étude des danses permet une double analyse du couple dialectique identité/altérité. Car, les danses dessinent les frontières ethniques et territoriales, et renseignent l’histoire des strates migratoires qui composent la diversité ethnique des Apoleños.
Les pratiques thérapeutiques rituelles constituent un champ annexe de recherches en anthropologie médicale et religieuse. Dans les diagnostics et traitements des pathologies provoquées par les entités non humaines se mêlent tant des savoirs ethnobotaniques que des pratiques religieuses. L’ethnographie d’une cure thérapeutique d’une pathologie du susto – maladie provoquée par le vol d’une partie immatérielle de l’être humain (ánimu) par une entité non humaine –, révèle une conception poreuse du corps. Une anthropologie de la porosité entre humains et non humains établit une double cartographie : celle de l’anatomie, des trous ou béances du corps humain par lesquels entrent et sortent les intrus pathogènes, et celle du paysage étiologique où se localisent les non humains incriminés responsables. Le guérisseur spécialiste de cette double cartographie connaît aussi les régimes alimentaires et offrandes culinaires (tables rituelles) qui apaisent la faim des entités prédatrices qui peuplent le paysage.



Allocations, contrats, bourses…

  • 2008-2010, bourse IFEA

Publications

  • à paraître, La perte d’une part de soi : réflexions andines sur les voies de communication entre humains et non humains à partir d’une cure thérapeutique du susto sur le piémont bolivien d’Apolo.
  • 2012, El Tuichi o el deslizamiento de una frontera, in D. Villar et I. Combès (éd.), La Tierras bajas de Bolivia : miradas antropológicas e históricas (Santa Cruz, El País) : 107-119.
  • 2011, As máscaras socioétnicas das danças apoleñas (Apolo, piemonte boliviano), in E. Coffaci de Lima et L. Córdoba (éd.), Os outros dos Outros : relaçoes de alteridade na etnologia sul-americana, (Curitibá, Éd. UFPR) : 159-168.

Communications

  • 18-20 juin 2014, « La mort andine et son aménagement spatio-temporel », colloque « Le funéraire, Mémoire, protocoles, monuments », MAE, Nanterre, France ().
  • 19-22 juin 2014, « Comparative utopias in the conquered Bolivian lowlands, colloque ASA « The failed utopia ’enlightening’ the contradictions of Christianisation, secularisation and civilisation in the Americas », Edimburgh, Ecosse.
  • 26-29 juin 2014, « Human cuisine to non-human between Bolivian Andes and Amazonia », colloque SALSA « The Alchemical Person », Gothenburg, Suède.
  • 24 mai 2014, « A-t-on tous peur de la nuit ? Exemples amérindiens », Auditorium de la Grande Galerie de l’Évolution, Muséum d’Histoire Naturelle, Paris.
  • 21 novembre 2013, « Le hiatus mémoriel comparé des deux peuples indigènes Leco (piémont bolivien) », journée d’étude « Régimes d’historicité, politiques de la mémoire et identités ethniques et nationales dans les Amériques, XVIe-XXI siècles » organisée par Guillaume Boccara, Gilles Rivière et Gilles Havard, EHESS, Paris, France.
  • 12-14 juin 2013, « Les arènes politiques des danses du piémont bolivien », colloque international « A corps et voix, repenser le politique au prisme des pratiques musicales et dansées », musée du quai Branly, Paris, France.
  • 25 mai 2013, « Energía vital y porosidad humana frente a las entidades patógenas en el piedemonte boliviano », Workshop « Rituales y entidades no humanas : etnografias y comparaciones entre tierras altas y bajas de Sudamérica », Bonn Universität, Allemagne.
  • 2012, « Conflictive resurgence of an ethnic identity : The Leco of Apolo (Bolivian piedmont) », Centre for Amerindian, Latin American and Caribbean Studies, St Andrews University, Ecosse.
  • 2012, « Résurgence d’une identité ethnique sur le piémont bolivien », conférence au Centre Enseignement et Recherche d’Ethnologie Amérindienne, Villejuif, France.
  • 26-27 oct. 2011, « El Tuichi o el deslizamiento de una frontera », Primera Reunión Anual de Etnología (RAE) Tierras Bajas, Santa Cruz, Bolivie.
  • 19-26 juil. 2010, « El juego de escalas de la residencia apoleña », 1er Coloquio Internacional « Ciudades andino-amazónicas, ciudades globales », FAADU-UMSA, IFEA & PIEB, La Paz, Bolivie.
  • 29 sept.-2 oct. 2009, « Las mascaras socio-étnicas de las danzas apoleñas », VIII Reunión de Antropología del Mercosur (RAM) « Diversidad y poder en América Latina », GT « Los otros de los otros », UNSAM, Buenos Aires, Argentina.

Contrat Creative Commons
Le contenu de cette page est mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Paternité - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 non transcrit.

Mis à jour le 4 août 2014





Docteur, université Paris Ouest Nanterre La Défense

Contact