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Séminaire d’anthropologie américaniste 2012-2013

Le séminaire d’anthropologie américaniste (SAA) est organisé par :

  • le centre Enseignement et recherche en anthropologie américaniste (EREA) du Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative (LESC, UMR 7186) ;
  • le Laboratoire d’anthropologie sociale (LAS, UMR 7130) ;
  • le Centre de recherche sur les mondes américains (CERMA, Mondes américains : sociétés, circulations, pouvoirs, XV-XXIe siècles, UMR 8168)

Le séminaire a lieu le vendredi de 11h à 13h à l’Institut des Amériques
(175, rue du Chevaleret – Paris 13e, 8e étage – Salon des Amériques*, métro : Chevaleret)
*sauf exception


Vendredi 31 mai 2013, EHESS, 105 bd Raspail, salle 5 – « Le tissage du cosmos. Conception de l’espace, expérience du temps et art du hamac chez les Ette du nord de la Colombie », Juan Camilo NIÑO VARGAS (doctorant en anthropologie sociale et ethnologie, EHESS, associé au LAS)

« La terre, celle que nous parcourons, est évasée et étendue », affirment les Ette. Provenant d’un peuple chibcha établi dans les vastes plaines du nord de la Colombie, une telle affirmation ne paraît requérir aucune explication. Pourtant, en qualifiant ainsi le monde, les Ette offrent bien plus qu’une simple description topographique du milieu. Ils le mettent aussi en rapport avec un ensemble hétérogène d’« entités », dont le hamac est l’un des représentants prototypiques. Fondée sur une enquête de terrain de près de deux ans, la présentation tentera d’approfondir cette relation afin de proposer un modèle de l’univers ette. On comparera la façon dont ces Indiens vivent l’espace et le temps avec le tissage, la morphologie, l’utilisation et la mythologie du hamac. On montrera comment cet objet matérialise et rend compréhensible un ensemble complexe de notions cosmiques, allant de la forme concave, bipolaire et instable de la terre, à la tripartition temporelle entre un passé animal lié au bas, un présent humain rattaché au milieu et, enfin, un futur divin associé au haut.


Vendredi 17 mai 2013, EHESS, 105 bd Raspail, salle 5 – « L’indigénisation d’une image. Les tribulations du Mallku Tata Sabaya (communauté aymara des hauts plateaux boliviens) », Gilles RIVIÈRE (maître de conférences à l’EHESS, membre du CERMA-Mondes américains)

À Sabaya, communauté aymara des hauts plateaux boliviens, un tableau est au cœur d’une configuration mythique et rituelle. Selon les spécialistes de l’iconographie coloniale (T. Gisbert), il représente Saint Martin de Tours. Pour les comunarios de Sabaya, il « est » le Tata Sabaya, associé au volcan du même nom, également appelé Pedro Martin Kapurata Kuntur Willka, ancêtre et divinité tutélaire dont les aventures et celles de son fils (unijambiste) sont contées dans un mythe qui situe divers lieux sacrés où se réunissent les autorités traditionnelles (carguiris) pour les grands rituels communautaires. La fonction de ces autorités est d’assurer la prospérité collective, de garantir la reproduction animale et végétale, et l’harmonie sociale et cosmique. Les rituels sont réalisés sous la direction de l’autorité principale, le cacique ou « chef » des jilaqata (représentants des ayllu), incarnation du Mallku dont il porte le nom pendant l’année que dure sa charge et qui, comme les wakas mieux connues pour l’époque coloniale, l’inspire et lui transmet son pouvoir. À partir des matériaux recueillis sur le terrain et de documents coloniaux, nous essaierons de montrer comment a été indigénisée une image associée à une importante waka de la région, et à un mythe qui est une référence permanente pour les tenants des cargos. Le système des charges annuelles et rotatives que nous connaissons aujourd’hui a été mis en place au début du xixe siècle mais il a puisé divers éléments dans un fond andin beaucoup plus ancien.


Vendredi 19 avril 2013 – « La mère dévorante et l’éthique du “donner à manger” chez les Mayas-Q’eqchi (Guatemala) », Agnès BERGERET (anthropologue, associée au Centre de recherche et de documentation sur les Amériques – CREDA, IHEAL)

Le mythe de la mère dévorante chez les Q’eqchi’ est aussi celui de la mère dévorée : il narre la première tentative d’infanticide, mais aussi le premier matricide par le découpage du corps de la Mère, sa cuisson et sa dévoration, en un double mouvement qui fait sa particularité. Le séquençage de deux versions du récit permet de comprendre ce mythe comme fondateur de la séparation des tâches entre l’épouse (la cuisine) et l’époux (la chasse), d’une part, et de la relation entre parents et enfants, d’autre part. Cette dernière s’exprime en particulier dans l’obligation de « donner à manger » (wa’tesink). Or, cette obligation est au cœur de nombreuses institutions q’eqchi’ contemporaines, sous diverses déclinaisons. Au-delà des relations de filiation, on la retrouve dans le prêt d’animaux domestiques, dans le prêt de travail et dans les repas cérémoniels, mais aussi dans les relations avec les entités supérieures. Ces mythes, qui se révèlent d’une grande actualité, permettent aussi, non sans tensions, d’organiser la médiation des valeurs q’eqchi’ avec l’agriculture commerciale.


Vendredi 5 avril 2013 – « “Ceux qui nous manquent”. Les disputes, la migration et la nostalgie dans la communauté ayoreo de Jesudi (Chaco paraguayen) », Alfonso Manuel Otaegui (doctorant EHESS et Université de Buenos Aires, associé au LAS)

Les gens de Jesudi ne sont pas toujours là. Certains Ayoreo partent travailler dans des fermes lointaines durant des semaines ou des mois, d’autres quittent la communauté à la suite de disputes familiales ou conjugales, ou encore de tensions entre unités résidentielles, parce qu’ils ne se s’y sentent plus à l’aise. « Se sentir à l’aise » ne va pas de soi pour les Ayoreo : c’est un sentiment qu’il faut rechercher, un état de paix sociale qu’il faut maintenir. Dans ce sens, migrer leur permet de résoudre les tensions. Le type de migration le plus fréquent quoique le moins visible en termes d’organisation de la société est ainsi le fait d’individus, qui se déplacent entre les communautés ou entre des fermes mennonites. Or, ce type de migration met en scène quelques traits majeurs de la vie sociale ayoreo : les réverbérations d’un lien coupé. Lorsqu’une personne est partie et qu’une autre ressent son absence, plusieurs niveaux s’entrecroisent, d’ordre affectif, social, économique et même physique : le concept de santé implique en effet l’accomplissement des rôles attendus et la participation active à la vie sociale. Nous verrons que la nostalgie jnusietigai, trait identitaire des Ayoreo est un point de repère de l’organisation sociale et que la tristesse et l’affaiblissement corporel ne sont pas des états distincts.


Vendredi 22 mars 2013, Institut des Amériques, Espace Tocqueville – « À l’écoute de ce qui est apparemment inaudible. Conversation avec des animaux, des esprits et d’autres êtres chez les Kamayura (Xinguano de langue tupi-guarani) », Rafael José de MENEZES BASTOS (Professeur à l’Université Fédérale de Santa Catarina, Florianopolis, chercheur au CNPq et à l’Instituto Brasil Plural)

Le système d’identification, de nomination et de classification du monde sonore et musical des Kamayura est vaste, sophistiqué et puissant. Mettant en jeu la communication avec des humains et des non-humains (esprits, animaux ou êtres inanimés), il se trouve à la base de ce que j’ai appelé world hearing, une conception du monde (world view) dont le point fort est le phono-auditif. La distinction « humains » et « non-humains », telle qu’elle a été élaborée en parfait accord avec la pensée des Lumières, n’a pas de sens pour cette population qui situe ces êtres sur un même plan ontologique, invalidant ainsi la tripartition nature/culture/surnature. L’existence du système étudié est fondée sur sa perception et son exécution de haut niveau (à travers la voix et des instruments musicaux), qui donne aux Kamayura la capacité de parler avec des « animaux », des « esprits » et d’autres êtres, et d’écouter leurs productions sonores et musicales, très souvent inaudibles pour des Occidentaux. Dans le prolongement d’un texte publié en 1999, nous proposerons une comparaison fondée sur l’abondante littérature amazoniste sur le sujet, en la situant dans les débats en cours sur les rapports entre les humains et les autres êtres. Pour aller plus loin, nous pensons que le système étudié constitue la base d’une biopolitique de la sensorialité sans, ou mieux, contre la modernité ce qui incite à de nouvelles recherches dans la région sur la perception acoustico-musicale, l’univers du rituel et ses connexions avec le monde du pouvoir et du politique.


Vendredi 22 février 2013 – « Noël et les fêtes de fin d’année chez les Inuit canadiens. Un exemple d’appropriation lente et robuste », Guy BORDIN (chargé de cours à l’INALCO, membre du Centre d’étude et de recherche sur les littératures et les oralités du monde - CERLOM)

Les Inuit du Canada, jusqu’à leur conversion au christianisme au tournant des XIXe et XXe siècles, connaissaient des cycles festifs de densité et de complexité variables selon les groupes qui, tous, pratiquaient cependant les jeux, le chant et la danse avec passion. L’hiver était la période cérémonielle et festive la plus intense dans l’ensemble de l’aire inuit et la nuit en constituait le moment privilégié. Depuis leur conversion, et de façon désormais bien ancrée dans la culture inuit contemporaine, ce sont Noël et le Nouvel An qui marquent le principal temps festif. Caractérisés par leur longue durée et la succession des nuits de danse et de jeux dans le grand local collectif, ils reproduisent aujourd’hui assez fidèlement le schéma directeur de nombreuses fêtes inuit préchrétiennes. Le contexte et les significations, les types de danse sont différents, mais le modèle festif est assez semblable, au point que ces fêtes semblent avoir progressivement « réintégré » le modèle inuit. Le Noël de ce xxiesiècle commençant plusieurs semaines de festivités n’a en effet plus grand-chose à voir avec ce qu’il était au début de la christianisation, à savoir un évènement bref et finissant tôt, lequel avait en son temps marqué une profonde rupture avec ce que les Inuit vivaient auparavant. Les fêtes de fin d’année constituent ainsi un exemple caractéristique d’appropriation lente mais robuste de traits culturels importés.


Vendredi 8 février 2013 – « Penser, ordonner et donner à voir le territoire. Un monument éditorial du XIXe siècle : l’Atlas geográfico del Perú de Mariano Paz Soldán (1865) », Jean-Pierre CHAUMEIL (Directeur de recherche au CNRS, Centre EREA du LESC) avec Pascal RIVIALE (Archives nationales, chargé d’études, chercheur associé au Centre EREA du LESC)

Un atlas, et à plus forte raison lorsqu’il s’agit du tout premier sur un territoire délimité, représente bien plus qu’un simple compendium de relevés géographiques. C’est une entreprise qui dépasse de beaucoup cet objectif en ce qu’elle donne pour la première fois à voir un pays ou une nation comme tel, tant à l’intérieur de ses frontières qu’à l’extérieur, dans une sorte de mise en scène qui participe activement de la façon dont on perçoit et construit un pays, où l’on décide de ce qui sera montré ou non. L’atlas de Paz Soldán est une merveilleuse illustration de ce processus de construction d’un État-Nation par l’énorme influence qu’il eut sur l’imaginaire géographique de ce pays. Cette œuvre monumentale est unanimement considérée comme la plus emblématique du Pérou du XIXe par son envergure scientifique et la qualité exceptionnelle de l’impression lithographique. Il s’agit en effet du premier exemple d’utilisation systématique de vues photographiques pour l’élaboration d’un livre de connaissances au Pérou. C’est donc à une plongée dans l’histoire de la pensée géographique de ce pays, en même temps qu’à une réflexion sur le rôle de l’image dans cette construction, que nous convie cette communication à l’occasion de la rééditon de l’atlas (à Lima), cent cinquante ans après avoir vu le jour sous les presses de Fermin-Didot à Paris.


Vendredi 25 janvier 2013 – « L’événement de la venue des Tatakox chez les TikmuÞ’uÞn (Maxakali) du Minas Gerais, Brésil », Rosângela PEREIRA de TUGNY – Professeur d’ethnomusicologie à l’Universidade Federal de Minas Gerais, Brésil

Durant le long rituel d’initiation maxakali, l’arrivée des peuples/esprits Tatakox qui, à la demande des femmes, apportent pour un bref instant au village les enfants morts en bas âge et emportent les jeunes garçons dans l’espace initiatique, est un de ces moments de grande intensité nécessaires à la vie de la communauté. Dans ce contexte, comment évaluer le visible quand la question de la vérité se déplace vers une attention portée à l’intensité, quand l’« esprit » est moins une classe d’agents qu’une « image » et quand une image est plus un événement que quelque chose qui serait donné à voir ? La conférence propose de se livrer à cette exploration comme forme d’approche d’une esthétique acoustique et imagétique maxakali. À l’appui de notre propos, le documentaire Tatakox Aldeia Vila Nova (2009, 21min), produit par un collectif d’hommes et de jeunes réalisateurs maxakali, apparaît, ici, comme un véritable événement cinématographique où le visible et l’invisible échangent leur place.


Vendredi 11 janvier 2013 – « Pourquoi le “retour” post-mortem au pays d’origine relève-t-il de la “bonne mort” ? Contrôle et réappropriation des migrants défunts au Mexique », Françoise LESTAGE – Professeur d’anthropologie à l’université Paris Diderot, membre de l’unité de recherche « Migrations et société » (URMIS)

Depuis l’établissement des frontières nationales au cours du XIXe siècle, les mouvements migratoires entre le Mexique et les États-Unis n’ont pas cessé. Les migrants mexicains partis travailler, soit dans le cadre de programmes légaux, soit illégalement, ont parfois trouvé la mort au cours du voyage ou du séjour. Certains ont reçu une sépulture sur place, d’autres ont été renvoyés au Mexique (environ 10% d’après une enquête réalisée dans les années 2000). On traitera ici des logiques familiales, sociales et politiques qui sous-tendent le « retour » des migrants défunts. À partir d’une ethnographie des pratiques relatives au transfert des corps, on s’interrogera sur les formes de contrôle et de réappropriation de défunts vivant au loin. On verra ainsi que ces pratiques permettent à l’entourage touché par le décès, quel que soit le lieu de résidence des personnes, de se séparer du défunt selon les normes en vigueur dans le groupe social en annulant les frontières nationales, physiques et temporelles. Il apparaîtra également que ces pratiques exercent un ultime contrôle sur le migrant défunt et le réinsèrent, concrètement et symboliquement, dans la famille, le groupe social et la nation d’origine.


Vendredi 14 décembre 2012 – « “Danser pour le saint”. Les danses dans les fêtes religieuses de la région “post-indigène” de Texcoco, Mexique central », David ROBICHAUX – Professeur-chercheur émérite au Programe d’anthropologie sociale de l’Universidad Iberoamericana (Mexico)

La conférence présentera une recherche d’anthropologie visuelle en cours depuis septembre 2011 sur les danses qu’exécutent, dans 8 villages de la région de Texcoco, des groupes qui s’organisent pour faire une dévotion au saint lors des fêtes religieuses. Les dix types de danse répertoriés dans cette région sont en réalité plutôt des danses-théâtre puisqu’elles intègrent des rôles parlés – généralement en espagnol, mais aussi en nahuatl, pratiquement disparu de la vie quotidienne. Les représentations durent entre 6 et 10 heures et sont éprouvantes, mais aussi coûteuses pour les participants – la musique étant chère et les principaux acteurs devant organiser des banquets pour parfois plusieurs centaines d’invités. Des extraits vidéo donneront un aperçu du répertoire des danses et d’entretiens avec des danseurs, maîtres de danses et musiciens, permettant d’appréhender leurs motivations individuelles et leurs expériences personnelles, notamment avec un objet sacré, un masque, qui intervient dans l’une des danses. Les valeurs de continuité et de transmission liées à ces danses les font apparaître comme un héritage familial, dont on verra comment il compose avec l’emprunt, parfois à grande distance, de certaines danses.


Vendredi 7 décembre 2012, Institut des Amériques, 18h à 20h – Séance commune avec le séminaire « L’Amérique latine par et pour l’image » : Présentation du documentaire ethnographique « Les êtres de la forêt et leur vie comme personnes (Nhandé va’e kue meme’ĩ) » de Rafael Devos (27’, version sous-titrée en français)

La projection sera suivie d’une discussion avec le réalisateur, R. Devos (Université de Santa Catarina, UFRJ, Brésil), de passage à Paris. Dans ce film tourné avec des Guarani du sud du Brésil, le jeune chef – et scénariste – Vherá Poty présente les sculptures d’animaux réalisées dans son village et les récits mythiques que disent les anciens sur les moyens de créer et de vivre la culture guarani. Ils comprennent la fabrication de colliers, de paniers et de sculptures en bois qui manifestent la présence des êtres de la forêt : jaguars, oiseaux et autres « parents ». Le film a obtenu le Prix Pierre Verger du meilleur film décerné par l’Association brésilienne d’anthropologie en juillet 2012 à Sao Paulo, et le Prix du meilleur film ethnographique au « I Festival Téo Brandão de Fotografias e Filmes Etnográficos » en 2011 à Maceió (Alagoas).


Vendredi 30 novembre 2012 – « L’appât et la tique : sujétion et parasitisme dans les rituels paumari (Amazonie occidentale) », Oiara BONILLA – Post-doctorante en anthropologie sociale au Museu Nacional (Rio de Janeiro), chercheur associé au Centre EREA

Les Paumari présentent une configuration ontologique particulière : ils se conçoivent comme des proies sujettes à la dévoration ou à la familiarisation, ce qu’ils expriment dans les rituels ihinika. Ces rites préventifs mettent en scène une série de captures – par les esprits des aliments – et de contre-captures – par les esprits auxiliaires et les chamanes –, et ces séquences sont en permanence entrecoupées par des sessions de cure chamanique. Tout au long de leur existence, y compris durant le rituel, les âmes paumari sont en effet sujettes à la capture par les esprits de tous les êtres animés ou inanimés peuplant le monde, qui les adoptent et les traitent comme leurs employés/enfants adoptifs. Seul le chamane, avec l’aide de ses esprits auxiliaires, peut alors récupérer l’âme captive. Le moindre prélèvement sur le monde risquant de donner lieu à une contre-attaque sous la forme d’une capture pouvant entraîner la maladie et la mort, la vie est conçue comme une incessante perte d’âme, celle-ci étant constamment capturée par les Autres puis soumise à ceux-ci. Entre le risque de capture définitive (qui se traduit par la mort) et la possibilité de ne jamais être capturé (qui équivaut à une non-existence), il existe cependant pour les Paumari une position intermédiaire : celle de la sujétion et du parasitisme. Ces rituels invitent ainsi à une réflexion sur la relation entre prédation et sujétion dans un contexte amazonien.


Vendredi 16 novembre 2012 – « Regard distant, regard proche : télédétection et ethnographie en Amazonie », Eduardo S. BRONDIZIO – professeur au département d’anthropologie et directeur associé de l’Anthropological Center for Training and Research on Global Environmental Change (ACT) à l’Université d’Indiana (Bloomington), professeur invité à l’IHEAL

L’utilisation de l’espace et l’interaction entre l’homme et le paysage ont intéressé l’anthropologie depuis ses débuts et, dès la fin des années 1970, les technologies géospatiales et la télédétection font partie intégrante de ses outils. Pourtant, même si leur emploi a considérablement augmenté depuis les années 1990, la communauté des anthropologues (et des sciences sociales en général) y est encore peu formée, et ce manque de familiarité entrave leur pleine intégration aux méthodes de la discipline. Quelques exemples issus de recherches personnelles en Amazonie brésilienne illustreront un éventail de possibilités offertes par l’étude géospatiale et la télédétection pour le traitement de questionnements ethnographiques. Seront ainsi analysées : les décisions des familles de colons sur la route transamazonienne en matière d’exploitation des terres et de migration ; la formation de communautés rurales et la transformation de paysages socio-institutionnels, notamment dans la région de Santarem ; la relation entre l’exploitation des terres et l’identité paysanne des agriculteurs riverains de l’estuaire de l’Amazone ; ou encore les implications des transformations de l’environnement à l’intérieur et autour de territoires indigènes, comme ceux des Xavante, des Ka’apor, ou le Parc national du Xingu.


Mis à jour le 8 novembre 2013




Renseignements au 01.49.58.35.27 ou erea[at]vjf.cnrs.fr

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