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GARRA Simone

Domaines régionaux

Amazonie péruvienne

Domaines thématiques

anthropologie politique, chamanisme, conflits socio-environnementaux

Mots-clefs

Jívaro, Awajún, chamanisme, sorcellerie, ethno-politique, territoires indigènes, migrations


Thèse

Les sorciers condamnés : chamanisme et mutations dans le monde Awajún, sous la direction de Jean-Pierre Chaumeil

Le projet de recherche de Simone Garra découle d’une expérience de trois années d’études anthropologiques passées au Pérou dans le cadre d’un Master2 de la Pontificia Universidad Católica del Perú (PUCP). Durant ces années, il a principalement centré son intérêt sur les processus de changements socioculturels que sont en train de vivre les peuples indigènes de l’Amazonie péruvienne. Ses recherches ont plus particulièrement porté sur la société awajún (famille jivaro) de la vallée du Cenepa (département de Amazonas) à laquelle il a consacré un mémoire de Master intitulé « Le peuple awajún et l’industrie minière dans la Cordillère du Condor : histoire et ethnographie d’un conflit ».

Dans le cadre de sa thèse doctorale, il se propose d’analyser un phénomène nouveau et d’une grande importance sociale dans la Haute-Amazonie péruvienne. Il s’agit de la formation, à la périphérie de petits centres urbains métisses, de quartiers, villages ou établissements (asentamientos) awajún composés de représentants de ce groupe qui ont été expulsés de leur communauté pour motif de sorcellerie.

La littérature ethnographique concernant l’ensemble Jivaro permet de considérer le chamanisme comme principal moteur de la dynamique de conflits intra-ethniques caractéristique de ces sociétés. Avec la conversion religieuse, la scolarisation et la nucléation des groupes locaux, impulsées par les missionnaires catholiques et évangélistes, les iwishin, les chamanes awajún, furent peu à peu considérés comme une menace pour le nouvel ordre social. Par la suite, la figure de l’iwishin semble également avoir été discréditée et marginalisée par les nouveaux chefs bilingues awajún, spécialistes de la gestion des relations avec la société occidentale. Victimes de ces divers phénomènes, nombre de chamanes, auparavant reconnus et respectés dans les communautés awajún, furent expulsés voire assassinés. Malgré cette apparente disparition des chamanes, les accusations de sorcellerie semblent s’être multipliées ces dernières années, touchant désormais des individus qui n’avaient, auparavant, jamais été connus comme iwishin. Cette thématique fait surgir une série de questionnements relatifs à l’évolution du rôle des chamanes et à la complexification des réseaux d’accusations entre les Awajún, sous l’influence du contexte sociopolitique actuel, particulièrement à la suite des tragiques événements de Bagua en 2009 [1].

Les « sorciers condamnés » sont donc des personnes ayant rompu les liens sociaux les unissant à leurs communautés (comunidades nativas) d’origine, en abandonnant leurs maisons. Il s’agit d’un problème social d’envergure puisque ces nouvelles unités d’habitation regroupent des familles vivant dans des conditions d’extrême pauvreté.
L’étude ethnographique de ces unités sociologiques de formation récente et l’analyse des discours de ces « exilés » aideront Simone Garra à comprendre la manière dont ils perçoivent leurs nouvelles conditions de vie tout comme les raisons qui les menèrent à être exclus de leurs communautés d’origine. Est-il possible de discerner dans ces discours l’affirmation de revendications identitaires individuelles ou collectives ?



Allocations, contrats, bourses…

  • avril 2012, bourse du Legs Lelong en Anthropologie sociale (catégorie 2 – financement de frais de mission sur le terrain)

Publications

  • à paraître, El despertar de Kumpanam : historia y mito en el marco de un conflicto socio-ambiental en la Amazonía, Anthropologica, 30.

Communications

  • 21 sept. 2012, « Diviser pour dominer : les tentatives de pénétration des transnationales dans le territoire Awajún » au séminaire-taller du GDRI-APOCAMO « Politique indigène amazonienne et droit à la consultation au Pérou et en Colombie », Lima.

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Mis à jour le 15 février 2013

[1] Entre 2008 et 2009, les Awajún se sont engagés dans une intense lutte politique sur la question des droits des peuples indigènes et l’accès à leur territoire en s’opposant de façon frontale aux politiques néolibérales du gouvernement péruvien. Le matin du 5 juin 2009, une longue mobilisation des peuples Awajún et Wampis fut réprimée violemment par la police péruvienne dans la ville de Bagua (Amazonas, Pérou). Au cours de cette attaque au moins 34 personnes ont été tuées (25 policiers et 9 civils). Elle a marqué profondément l’opinion publique nationale et internationale.






Doctorant (LESC – EREA), université Paris Ouest Nanterre La Défense

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