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Séminaire d’anthropologie américaniste 2014-2015

Le séminaire d’anthropologie américaniste (SAA) est organisé par :

  • le centre Enseignement et recherche en anthropologie américaniste (EREA) du Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative (LESC, UMR 7186) ;
  • le Centre de recherche sur les mondes américains (CERMA, MONDAM, UMR 8168) ;
  • le Laboratoire d’anthropologie sociale (LAS, UMR 7130)

Le séminaire a lieu toutes les deux semaines le vendredi de 11h à 13h à l’EHESS – 105 bd Raspail, soit les 5/12, 19/12, 9/01, 23/01, 13/02, 6/03, 20/3, 3/04, 10/04, 22/05, 5/06 et 12/06


Vendredi 5 juin 2015, salle 4 – « Peindre et modeler la doctrine chrétienne dans les Andes », Bérénice GAILLEMIN (post-doctorante au Centre d’études interdisciplinaires des faits religieux-EHESS, LabEx Hastec) et Isabel YAYA (post-doctorante au Laboratoire d’anthropologie sociale, FMSH-LabEx TransferS)

C’est en 1869 que J. J. von Tschudi publiait les premières reproductions connues à ce jour de catéchismes pictographiques produits dans la région du lac Titicaca. Depuis cette parution, d’autres exemples de ces matériaux singuliers, aux qualités formelles variées, ont été collectés dans plusieurs communautés des Andes centrales situées entre Paucartambo (Pérou) et le Salar d’Uyuni (Bolivie). Ils recodent en langue quechua ou aymara les textes principaux de la doctrine chrétienne à l’aide de signes figuratifs. Aujourd’hui encore, plusieurs communautés boliviennes installées entre les départements de Potosí et de Chuquisaca les confectionnent au cours du Carême et en font usage pour l’apprentissage collectif des prières. Nous verrons les différentes techniques scripturales mises en œuvre dans cette transcription des textes en images. Parallèlement, nous examinerons les modalités d’enseignement, de mémorisation et d’incorporation de la doctrine chrétienne mobilisées par ces supports non seulement pictographiques, mais aussi, dans certaines communautés, fixés au sol, tridimensionnels et éphémères. C’est en partant de ces caractéristiques matérielles que seront analysées les conditions pragmatiques de la catéchèse, en portant une attention particulière à l’aspect multi-sensoriel inhérent à cette méthode.


Vendredi 22 mai 2015, salle 9 – « Pour une sociologie du mythe : récits d’enchantement chez les populations rurales métisses d’Amazonie brésilienne », Émilie STOLL (post-doctorante Fyssen au département d’anthropologie de l’université d’Aberdeen, Écosse)

Le mythe du Cobra Honorato, largement diffusé en Amazonie brésilienne sous de multiples variantes, met en scène un serpent enchanté (encantado) et sa sœur jumelle, fruits de l’union charnelle entre une femme et une entité sub-aquatique. Dans la zone rurale de Santarém (bas Amazone), cette trame narrative informe de façon récurrente les récits produits sur les trajectoires de vie d’individus remarquables (comme de grands guérisseurs décédés). À travers ces récits, les riverains retracent un réseau d’interconnaissance fondé sur la parenté en insistant sur ses dimensions spatiale, historique et sociologique. Nous verrons par ailleurs comment ces actualisations du mythe servent des enjeux micro-sociologiques, et permettent d’appréhender les conditions historiques des jeux de pouvoir et de domination au sein de la population régionale.


Vendredi 10 avril 2015, salle 6 – « L’intrigante oscillation des formes politiques dans les basses terres d’Amérique du Sud : remarques à partir d’un problème tupi », Renato SZTUTMAN (professeur d’anthropologie à l’Université de São Paulo, chercheur au Centre d’études amérindiennes, CESTA/USP et au Laboratoire de l’image et du son en anthropologie, LISA/USP)

Dans La Société contre l’État, Pierre Clastres a envisagé la possibilité d’une transformation radicale de la structure sociopolitique des peuples tupi-guarani du XVIe siècle, en la référant, non à l’arrivée des Européens, mais à des mécanismes internes menant à une véritable centralisation politique. L’exposé reprendra l’exemple donné par Clastres pour s’opposer au piège évolutionniste qui postule un passage nécessaire du plus « simple » au plus « complexe », et pour réfléchir autrement à une oscillation « structurale » des formes politiques amérindiennes opérant dans le temps comme dans l’espace. Cette proposition s’appuiera sur la comparaison de plusieurs cas, tant ethnographiques qu’historiques.


Vendredi 3 avril 2015, salle 4 – « Les systèmes de communication andins pendant la période coloniale », José Luis MARTÍNEZ (professeur au Centro de estudios culturales latinoamericanos, Facultad de filosofía y humanidades, Universidad de Chile, Santiago)

Avec l’instauration du régime colonial dans les Andes, les systèmes de communication européens tels que l’écriture alphabétique, la peinture religieuse et la musique s’imposent rapidement, devenant dominants tant dans l’administration que dans le processus d’évangélisation. Pourtant, les systèmes propres aux sociétés andines – comme les khipu, l’art rupestre, les gobelets décorés (qero) et les représentations musico-chorégraphiques – ont continué à fonctionner. Avec des transformations, mais aussi des continuités, ils ont permis aux sociétés indigènes d’avoir une certaine marge d’autonomie dans la transmission de leur mode de pensée et de leurs positions politiques, tout en reflétant les changements sociaux qu’elles ont connus suite à l’invasion européenne. Leur étude nous permettra d’appréhender de nouveaux aspects de la construction d’un regard andin sur la société coloniale.


Vendredi 20 mars 2015, salle 4 – « Formes de relation et de communication : peut-on toujours parler de “tendances” régionales ? Le cas des Tsachila d’Équateur », Montserrat VENTURA i OLLER (professeur à l’Université autonome de Barcelone, coord. du master d’anthropologie)

Dans cette présentation nous offrirons une réflexion sur la discrétion et la sobriété des formes de communication et de conduites sociales que les Tsachila d’Équateur établissent entre eux et avec les acteurs du monde social. Nous poserons ainsi un regard sur les sociétés qui poussent l’agressivité à l’extérieur et mettent en avant la vie paisible et conviviale. On s’interrogera sur le dilemme clas¬sique de l’ethnologie des sociétés des basses terres amérindiennes entre prédation et convivialité, ce qui nous permettra de repenser aussi les frontières géographiques traditionnelles de l’ethnologie.


Vendredi 6 mars 2015, salle 4 – « Territoire, identité et éducation chez les Baniwa de l’Amazonie brésilienne »,Olivier MEUNIER (professeur des universités -sociologie-, Université d’Artois-Lille Nord de France, chercheur au laboratoire RECIFES, chercheur associé au centre EREA du LESC)

La transmission traditionnelle des savoirs dans les sociétés relevant de l’oralité et le modèle occidental de la forme scolaire peuvent apparaître a priori dichotomiques, ce qui a souvent contribué à leur développement juxtaposé, avec une domination du second sur la première. L’étude de cas du collège-lycée Pamáali en pays baniwa nous renseigne sur la manière dont une éducation bilingue interculturelle a pu se développer dans ce territoire dans les années 1990 et 2000. Après avoir rappelé le contexte de la scolarisation conventionnelle et le processus d’élaboration d’un enseignement bilingue interculturel au Brésil, nous montrerons comment il a été mis en place à Pamáali dans l’enseignement moyen, où sa forme « intégrée », fondée sur une dialectique entre savoirs « traditionnels » et « technico-scientifiques », a permis d’initier des projets de développement durable répondant aux besoins spécifiques des populations.


Vendredi 13 février 2015, salle 4 – « Apories et paradoxes de la revendication nahua à Santa Catarina (Morelos, Mexique) », Karla J. AVILÉS GONZÁLEZ (chercheur postdoc au Labex « Fondements empiriques de la linguistique », Université Paris 7-Diderot, PRES Sorbonne Paris Cité)

Partant de l’observation ethnographique d’une communauté bilingue nahuatl-espagnol de Morelos (Mexique), nous examinerons certains des défis et des apories de leurs revendications identitaires. L’analyse détaillée des interactions révèle que les acteurs locaux développent au quotidien des stratégies de revendication en réalité diverses, qui varient selon les contextes d’interaction, l’identité des participants et les relations de pouvoir existant entre eux. Certaines de ces stratégies reflètent des phénomènes de compensation et d’évasion, d’autres, principalement chez les instituteurs, passent par des pratiques que nous appellerons de « responsabilisation » dont nous verrons aussi les limites et les inconvénients. Il apparaîtra ainsi que les processus de réhabilitation identitaire et linguistique dépassent largement l’investissement, pourtant majeur, dans l’écriture, et ne se cantonnent pas non plus aux sphères formelles (comme la politique ou l’école) où ils sont le plus visibles.


Vendredi 23 janvier 2015, exceptionnellement à Nanterre, MAE, salle 308F du LESC, de 14h30 à 17h – « Effervescence visuelles : la peinture autochtone contemporaine en Amazonie péruvienne », conférence de Maria Eugenia Yllia dans le cadre de l’ANR Fabriq’am

La production visuelle d’une génération d’artistes autochtones de l’Amazonie s’est affirmée ces dernières décennies. Elle puise son inspiration dans les histoires des différentes ethnies amazoniennes, leurs mythologies, leurs croyances respectives et les problèmes sociaux et économiques auxquels les populations locales sont de nos jours confrontées : défense des territoires, préservation de l’environnement, développement. L’intérêt suscité par plusieurs expositions, en particulier au Pérou et en Europe, ainsi que la présence de plusieurs de ces peintres sur le marché de l’art national et international (Elena Valera, Lastenia Canayo, Enrique Casanto, Rember et Santiago Yahuarcani, et Brus Rubio) témoignent de la vitalité de ces nouvelles formes d’expression… [lire la suite]


Vendredi 9 janvier 2015, salle 2 – « Des villages aquatiques aux couloirs de Brasilia – la cosmopolitique urbaine des Paumari du Rio Purus, Brésil », Oiara BONILLA (Professeur à l’Université Fédérale Fluminense , Brésil)

Le cosmos paumari est conçu comme un vaste réseau fluvial connectant le ciel et la terre. Tous les êtres qui l’habitent vivent dans des villages et des villes où ils mènent une vie semblable à celle des Paumari ou de leurs voisins non-Indiens, et c’est notamment à travers l’activité chamanique que les relations de voisinage entre tous ces « gens » sont assurées. Nous analyserons ici la place que la ville, ses habitants et un certain mode de vie urbain occupent dans la cosmologie paumari. Si l’espace urbain et le mode de vie qui lui est associé sont intégrés dans la cosmographie, ce n’est pourtant que depuis une dizaine d’années que les Paumari ont commencé à fréquenter les villes de la région de façon plus assidue. L’intensification de la présence de l’État et l’implantation en masse de politiques publiques (santé, éducation et, plus récemment, aides sociales) ont nettement accéléré et renforcé un processus de migration principalement vers Lábrea, Porto Velho et Tapauá. Nous nous interrogerons sur les conséquences de cette urbanisation récente afin de proposer une réflexion sur les enjeux cosmopolitiques (ou diplomatiques) de ces transformations.


Vendredi 19 décembre 2014 – « Festoyer pour l’humanité : socialité et transformation chez les Amahuaca de la mission Varadero (Pérou oriental) », Christopher HEWLETT (doctorant à l’Université de St Andrews, boursier du legs Lelong en accueil au LESC)


Vendredi 5 décembre 2014, salle 2 – « Dialogues, silence et dévoration. Notes sur les principes de la communication interspécifique chez les Runa des Basses Terres », Andrea Luz GUTIERREZ CHOQUEVILCA (maître de conférences à l’EPHE)


Mis à jour le 29 mai 2015




Renseignements : chaumeil[at]vjf.cnrs.fr

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