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HÉRITIER-SALAMA Violaine

Domaines régionaux

Maroc (sud)

Domaines thématiques

ethnologie, archéologie

Mots-clefs

Marrakech, bassin du Tensift, Ourika, gestion sociale de l’eau, irrigation, horticulture, communautés rurales, gouvernance, tensions, évolution des techniques, durabilité


Thèse

Irriguer depuis des millénaires. Approche anthropologique des savoirs sur l’eau dans la plaine de Marrakech (Xe-XXIe siècle), sous la direction de Fabienne Wateau

Objet d’inquiétantes pressions sur la ressource hydrique, à l’heure actuelle, la plaine de Marrakech est pourtant un espace au patrimoine hydraulique ancien. La recherche de Violaine Héritier-Salama vise à y étudier sur le temps long la gestion de l’eau, au regard de la richesse de son histoire hydraulique et des enjeux actuels de pression sur la ressource. Travaillant à l’échelle d’un espace circonscrit, la commune rurale d’Aghmat sur l’oued Ourika, elle s’intéresse aux nombreuses techniques de captation, de rétention et d’acheminement, mais aussi aux pratiques et relations sociales articulées autour de cette denrée précieuse. Elle tente ainsi de dégager les logiques sociales qui président au partage de l’eau d’irrigation aujourd’hui, afin d’interroger la durabilité des pratiques d’irrigation dans cette plaine. Comment, en d’autres termes, sont pensées et appréhendées les relations entre l’homme et l’environnement ? Qu’est-ce qu’une lecture diachronique et pluridisciplinaire permet de comprendre des modes de gérer l’eau au Maghreb ?

L’irrigation joue un rôle de premier plan dans la pression sur l’eau dans le bassin du Tensift, actuellement déficitaire, bien qu’une multitude de facteurs y concourent également. De manière générale, la gestion de l’eau est souvent davantage liée à des questions sociales qu’à des contraintes naturelles, voire à une création de la rareté. Ici, le fait que l’irrigation soit favorisée par la politique gouvernementale pour développer les zones rurales ne s’accompagne pas d’une dotation en eau adéquate. La région d’Aghmat semble traverser une phase de transition vers de nouveaux modes de gestion de l’eau, en même temps qu’une nouvelle horticulture de plantes d’ornement s’y développe. Destinées à fournir les jardins des résidences hôtelières et privées périurbaines, les pépinières remplacent maintenant la polyculture vivrière familiale du XXe siècle. Le recours au pompage individuel permet de compléter des systèmes de recueil et de partage de l’eau plus anciens (foggaras, dérivation des eaux de crue...), mais ponctionne de manière incontrôlée la nappe phréatique et n’offre pas un accès égalitaire à tous, les acteurs aux plus gros moyens financiers étant privilégiés de fait. Les différentes techniques d’arrosage ont également un impact sur la recharge de la nappe. Ainsi, la question de la durabilité du système de gestion de l’eau concerne autant l’organisation du partage au sein des communautés rurales et entre "petits agriculteurs" que leurs moyens d’action techniques et politiques, ou encore leur sensibilisation à la rareté de la ressource.

Cette problématique n’est toutefois pas neuve dans le territoire étudié. Objet d’une mise en valeur agricole, cette région a vu se développer une ville importante dès le VIIIe siècle (devenant au Xe siècle le chef-lieu d’un émirat local), puis fut le berceau de la formation de pouvoirs étatiques forts (Aghmat puis Marrakech ont été capitales des empires almoravide et almohade), avant d’être dominée par de puissantes confréries religieuses au XIVe siècle, etc. Depuis longtemps, la gestion de l’eau dans cette plaine a donc dû composer avec différents types de besoins, d’organisations sociales, d’acteurs, de moyens techniques, et a nécessairement déjà été l’objet de tensions multiples. Le patrimoine hydraulique ancien de cette région est ainsi à considérer aussi bien en termes de savoirs techniques que de capacités sociales et organisationnelles nécessaires au partage de la ressource. Un tel terrain d’enquête est donc idéal pour aborder les dynamiques d’évolution des systèmes sociaux de gestion de l’eau, qui s’inscrivent ici dans un rapport ancien entre ville et campagne, comme entre pouvoirs centraux étatiques et communautés rurales locales - justifiant d’intégrer à un sujet d’abord anthropologique une approche sur le long terme. Les recherches de Violaine Héritier-Salama allient ainsi les approches ethnologiques, archéologiques et historiques pour placer une pratique et une problématique actuelle dans la perspective de la longue durée. Par l’analyse du changement dans la gestion de la ressource hydrique, c’est le problème de la durabilité, des ajustements et de l’évolution d’un système qui se pose tant sur le temps court que sur le temps long.


Allocations, contrats, bourses…

  • 2014-2017, contrat doctoral (ED 395-LESC)

Publications

  • 2011, Permanences et mutations d’un édifice castral seigneurial : le château de Butera (Caltanissetta), Lexicon (université de Palerme), 13.

CV

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Mis à jour le 29 janvier 2015





Doctorante (LESC), université Paris Ouest Nanterre La Défense

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