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KRAUSKOPFF Gisèle

Domaines régionaux

Asie, Himalaya, Népal, Terai, Assam

Domaines thématiques

rituels et officiants, chefferies et royaumes, paysans et itinérance
anthropologie des arts tribaux ; figuration de l’invisible ; théâtre masqué et comédie

Mots-clefs

Himalaya, Terai, Tharu, Népal, territoire, rituels, politique, art tribal, masques, travail du bois


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Présentation

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Jeunes filles tharu
durant une pêche rituelle,
vallée de Dang, 1982
(cliché G. Krauskopff)

Gisèle Krauskopff travaille sur les régions himalayennes, principalement le Népal, depuis 1980. Elle a débuté ses recherches dans une vallée de basse altitude (Dang) chez les Tharu, des paysans autrefois très mobiles qui ont valorisé les plaines forestières et paludéennes au profit de pouvoirs absents. Pouvoirs absents qu’elle a aussi étudiés en associant terrains et collectes d’archives (au Népal, en Inde et en Angleterre) et en parcourant les sites des anciennes principautés hindoues jusqu’au nord-ouest des hautes terres du Népal. Les bouleversements accélérés que connaît le Népal depuis 1990, particulièrement sur la scène politique ethnique, l’ont conduite à élargir ses enquêtes à l’ensemble des basses terres jusqu’en Assam indien. Depuis 2001, s’appuyant sur sa connaissance transversale des régions himalayennes, elle a ouvert un nouveau champ de recherches consacré aux objets d’« art tribal himalayen », traçant leurs usages locaux et les transformations qu’ils connaissent en circulant sur le marché de l’art dit « primitif » et dans les collections.

La première phase des travaux de Gisèle Krauskopff s’est attachée aux rituels (officiants, espaces, unités sociales et puissances invisibles impliquées). Leur articulation donnait à voir non seulement l’ancrage dans un terroir (politique et économique) des paysans tharu « refusant le lien au sol », mais leur inscription dans une histoire. Être un Tharu de Dang, c’était faire partie d’un « petit royaume » du même nom, comprendre l’organisation du terroir tharu, c’était aussi lire les processus de centralisation rituelle qui accompagne la genèse de tout royaume indianisé. S’inscrivant dans la lignée de E. Leach et de P. Mus, cette recherche permit de dé-substantifier l’« ethnie Tharu », posant le primat du territoire politique et rituel sur des groupes « tribaux » conçus sui generis. Elle fit des Tharu les acteurs de cette histoire, créateurs d’un terroir et partie prenante, avec leurs chefs, du royaume hindou ainsi engendré. « Maîtres » de la forêt, dieux du sol et chefs ; grandes maisons et résidence villageoise ; échange de sœurs entre maisons ; absence de lien au sol et formes de résistance ; fabrication d’une origine et d’un territoire par les chefs tharu délégués et plus récemment mouvements de conversion au bouddhisme « des origines » sont les thèmes principaux qui furent développés.

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Masques qui ne dansent plus, théâtre bharigad,
Inde du Nord-Est, 2009
(cliché G. Krauskopff)

« Objets d’art tribal himalayens », c’est un autre aspect de la fabrication du tribal qui est depuis 2001 inventorié. Les productions plastiques, principalement masques et statues de bois, arrivées depuis les années 1980 sur le marché de l’art « primitif » constituent un « genre nouveau », engendré par le processus de mise en collection. Ces ensembles réunissent en effet des objets de régions différentes et relèvent de pratiques locales sur lesquelles on dispose de très peu de données ethnographiques. Les travaux portent sur ce « vide » et la tension entre ce silence des sources ethnologiques et la prolifération des discours des collectionneurs et marchands occidentaux, particulièrement saisissante dans le cas des masques « primitifs », supposés créés par les « Tribaux » de « culture chamanique » du Népal. Gisèle Krauskopff anime actuellement l’ANR Himalart (2008-2012) gérée au LESC avec un double objectif : d’une part, répertorier et comparer les usages locaux des masques et statues de bois en Himalaya en combinant terrains transversaux et archives ; d’autre part, étudier le parcours et le changement d’identité de ces objets sur le marché et dans les collections.

Gisèle Krauskopff assure depuis 1995 l’enseignement de domaine « Himalaya » à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense. Elle est membre du Conseil d’administration de la Société d’ethnologie où elle codirige la collection Recherches sur la Haute-Asie.

Principales publications

  • 2009 (éd.), Les Faiseurs d’histoires : politique de l’origine et écrits sur le passé (Nanterre, Société d’ethnologie) [Recherches thématiques].
  • 2009, Bouffons masqués, in B. Goy, M. Itzigovitch (éd.), Bouffons et protecteurs : sculptures de bois au Népal (Milan, 5 Continents) : 32-43 [bilingue français/anglais].
  • 2007, Travestissements : à propos des masques dits « primitifs », in Masques, Himalaya. Catalogue de l’exposition « Masques et Art tribaux de l’Himalaya », Mairie du 6e (Éditions Findalki/Galerie le toit du Monde) : 93-100.
  • 2006, Itinérance ou résistance ? Voter avec ses pieds ou une forme instituée de contestation paysanne dans les jungles du Téraï, in B. Steinmann (éd), Le Maoisme au Népal, lectures d’une révolution (Paris, CNRS) : 146-178 [Monde indien].
  • 1996 éd. (avec M. Lecomte-Tilouine), Célébrer le pouvoir, Dasai une fête royale au Népal (Paris, Éditions du CNRS) [Chemins de l’ethnologie].
  • 1989, Maîtres et possédés. Les rites et l’ordre social chez les Tharu (Népal) (Paris, Éditions du CNRS).

   


Publications disponibles à la bibliothèque Éric-de-Dampierre


Bibliographie complète

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Mis à jour le 26 octobre 2016





Directeur de recherche émérite, CNRS

gisele.krauskopff[at]mae.u-paris10.fr


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