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Atelier « Chine » 2010-2011

organisation B. Baptandier

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Dragon du temple Kaiyuan si, Fujian, 2006
(© A. Sounier)

L’atelier « Chine » réunit (depuis 1999) des chercheurs et des doctorants en ethnologie ayant tout d’abord pour objectif de présenter leurs matériaux de terrain recueillis dans de multiples régions de la Chine (Canton, Fujian, Hebei, Hubei et Hunan, Shaanxi et Shanxi, Yunnan, Zhejiang, et autres), de Taiwan, du Tibet, et même de Polynésie, et de soumettre leurs recherches personnelles portant sur des thèmes tout aussi divers à l’œil critique des autres participants. C’est dire que la frontière entre Han et « minorités nationales » est franchie constamment dans l’idée, précisément, de décloisonner la connaissance localisée de chacun sur la société chinoise, tout en bénéficiant du regard très pointu de chaque spécialiste sur son domaine de recherche. Il s’agit en somme de comprendre plus généralement ce que c’est qu’être « Chinois » à travers les multiples facettes de l’objet ainsi créé, et d’analyser la société contemporaine avec les outils particuliers de l’ethnologie.

L’atelier fonctionne comme un groupe de recherche, c’est-à-dire que sa dynamique se fonde sur la participation assidue et sur l’engagement de chacun. Certains thèmes communs surgissent de ce croisement répété des travaux des uns et des autres (le corps, l’écriture, la politique de patrimonialisation, etc.). Ils font alors l’objet d’un séminaire spécifique de l’Atelier et peuvent donner lieu à des journées d’étude, voire à des publications. Par ailleurs certains objectifs, distincts du travail de chacun, peuvent être mis en chantier collectivement, ponctuellement (l’exposition universelle Shanghai 2010).



Lundi 4 juillet 2011 – Journée de synthèse « Shangai 2010 »

Pour la première fois dans l’histoire de ces événements d’envergure que sont les expositions universelles, la Chine a accueilli en 2010 une exposition internationale sur le thème « Meilleure ville, meilleure vie ». Cette exposition, qui a eu lieu de mai à octobre, constituait une occasion unique d’appréhender le pacte moderniste partant d’un autre centre : la Chine et sa propension – tout aussi historiquement constituée que celle de certaines nations occidentales – à se définir comme le centre du monde. Les différentes facettes de ce nouvel épisode universaliste ont été abordées conjointement par des anthropologues spécialistes de la Chine et par une anthropologue spécialiste des expositions universelles. Au terme du projet, les enquêtes et contributions de chacun seront regroupées dans un ouvrage collectif.

Vendredi 24 juin 2011 – « Présentation de projet », Nicola Schneider

Nicola Schneider présentera son nouveau sujet de recherche sur une catégorie de femmes tibétaines, appelées khandroma (skt. ḍākinī), qu’elle propose d’aborder comme des figures de saintes.


Vendredi 17 juin 2011 – Journée d’étude : « Patrimoine et musées dans le monde chinois contemporain », organisée par Brigitte Baptandier (LESC) et Anne-Christine Trémon (ENS-Ulm), avec le soutien du Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative (LESC) et le Département de sciences sociales de l’École normale supérieure–Ulm

Cette journée d’étude rassemblera des contributions portant sur la genèse et la création, en République populaire de Chine (RPC) et à Taiwan, de musées, centres culturels, éco-villages, sites protégés, mémoriaux et éléments du patrimoine « immatériel ». Si cette véritable fièvre muséale et patrimoniale participe d’une conjoncture mondiale, elle prend une forme singulière dans le contexte du monde chinois contemporain.

En RPC, l’ère des réformes entamée depuis le début des années 1980 s’est traduite par l’adoption de modes d’institutionnalisation de la culture que sont le musée et le patrimoine. Il s’agissait, dans un premier temps, de réparer les dégradations subies par les institutions culturelles durant la Révolution culturelle, voire avant. Signataire de la Convention de l’UNESCO en 1985, la RPC a ensuite engagé une recension du « patrimoine immatériel ». Les mesures de protection et de sauvegarde du patrimoine concernent à la fois les éléments de la culture impériale, et ce qui est appelé, dans les termes officiels, les « cultures folkloriques traditionnelles des minorités nationales ». L’État inscrit également au patrimoine des centres religieux, privilégiant la préservation architecturale et écologique de ces sites plutôt que leur rôle cultuel. Enfin, les destructions de quartiers anciens et d’édifices historiques générées par l’urbanisation et l’aménagement de grandes infrastructures s’accompagnent parfois de la création de musées ou sites « patrimonialisés » visant à conserver ou, parfois, recréer de toutes pièces, ce qui a été détruit. Taiwan a elle aussi connu un véritable « boom » patrimonial et muséal. L’entité politique taïwanaise s’est définie à l’encontre du régime communiste sur le continent ; la culture est à la fois un support et une expression de cette opposition. L’objectif de reconquête du continent et le principe d’unicité de la Chine sont abandonnés, et c’est désormais l’indigénisation (bentuhua) de Taiwan qui est à l’ordre du jour. Celle-ci s’est poursuivie à travers la promotion des cultures minoritaires, austronésienne et hakka, et des traditions culturelles et religieuses régionales. Cette attention aux cultures particulières doit néanmoins servir l’affirmation d’une culture « nationale ».

Cette journée d’études vise à explorer les processus de création et de recréation culturelle qui sous-tendent ces politiques muséales et patrimoniales. Les contributions interrogeront les logiques, souvent ambivalentes et contradictoires, qu’épousent ces projets, entre idéologie de la modernisation et remise au goût du jour des Antiquités, destruction au nom du progrès et sauvegarde de la « tradition », oubli du passé et réécriture de la mémoire, promotion de la diversité culturelle et nationalisme triomphant, revalorisation de la société civile et politiques impulsées par « en haut ». Couvrant un large éventail de ce qui est aujourd’hui en passe d’être « muséifié » ou « patrimonialisé » en Chine populaire et à Taiwan, les participant(e)s à la journée d’étude réfléchiront, à travers des études de cas précises, aux opérations cognitives et politiques d’oubli et de sélection, de transmissions et de transformations, d’authentification et de légitimation, de classement et de catégorisations qui président à ces projets en cours.

Participant(e)s : Brigitte Baptandier, directrice de recherche au CNRS, LESC ; Adam Yuet Chau, University lecturer, Cambridge University ; Françoise Lauwaert, professeur, Université libre de Bruxelles, Institut de sociologie ; Katiana Le Mentec, doctorante au LESC, université Paris Ouest ; Silvio Lévi, doctorant au LESC, université Paris Ouest ; Adeline Herrou, chargée de recherche au CNRS, LESC ; Nan Nan, étudiante en seconde année de master, École normale supérieure ; Aurélie Névot, chargée de recherche au CNRS, Centre d’études himalayennes ; Anne-Christine Trémon, enseignante (AGPR) à l’ENS-Ulm


Vendredi 27 mai 2011 – Point sur la thèse de Silvio Lévi « La réinvention du mariage en Chine contemporaine », avant son prochain départ au CEFC de Hong-Kong en septembre (boursier BAR)


Vendredi 25 mars 2011 – Séance de travail sur « Shangai 2010 »


Vendredi 14 janvier 2011 – Point sur la thèse de Silvio Lévi « La réinvention du mariage en Chine contemporaine », à son retour du terrain ; point sur le travail de Claire Vidal « L’exposition Shanghai 2010 et le pélerinage bouddhiste au Putuoshan : deux visions de “l’universel” », avant son départ sur le terrain


Lundi 20 décembre 2010 – Point sur la thèse de Sylvie Beaud, « La parade des fossiles. Mise en scène rituelle de l’ethnicité han au Yunnan (Chine) », à son retour du Japon


Lundi 22 novembre 2010 – Séance de travail sur « Shangai 2010 »

Mis à jour le 10 janvier 2014




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