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Séminaire « Anthropologie de la nuit » 2010-2011

sous la responsabilité d’Aurore Monod Becquelin et Jacques Galinier

Le séminaire de recherche « Anthropologie de la nuit » réunit des chercheurs de plusieurs disciplines ayant pour objectif de contribuer à la construction de l’objet « nuit » en anthropologie. Phénomène physique dont la durée varie selon la position géographique et le moment de l’année, la nuit est l’objet de perceptions et de représentations culturelles diverses ; celles-ci impliquent des constructions du temps, de l’espace, des êtres et de leur agentivité, qui sont jusqu’à présent moins étudiées en elles-mêmes que comme complément du savoir et des activités diurnes. Abordée depuis plusieurs disciplines, la nuit se révèle bien davantage que le cadre du sommeil ou des activités non diurnes. Ce champ de recherche concerne l’ensemble des objets et des processus étudiés par l’anthropologie (le corps et ses techniques, la notion de personne, la culture matérielle, les échanges économiques, les croyances et les représentations du monde surnaturel, les conceptions de l’espace et du temps).
Deux questions sont au cœur de ce programme : les organisations spécifiques de la nuit sont-elles soumises à des contraintes physiologiques qui régulent leur fonctionnement ? Limitent-elles l’espace d’autonomie des acteurs, ou à l’inverse l’institution de ces ordres collectifs parvient-elle à reconfigurer les rythmes biologiques des individus ? Comment la cognition, les techniques au sens large, la gestion de l’espace et du temps dans le groupe étudié, sont-elles affectées par les contraintes particulières liées à des activités instaurées dans le temps nocturne ?


Vendredi 20 mai 2011 – « Nostalgie de la nuit », Samuel Challéat (géographe, université de Bourgogne, UMR 6049 ThéMA)


Vendredi 6 mai 2011 – « Entre obscurité et sommeil : où se nichent les peurs nocturnes ? », Guy Bordin (Inalco) ; « Sommeils et veilles des campagnes de pêche », Boris Charcossey (université Paris Ouest)


Vendredi 8 avril 2011 – Deborah Puccio-Den (GSPM-Institut Marcel Mauss) ; « L’oubli de soi. Le corps nocturne des métamorphoses », Brigitte Baptandier (LESC)


Vendredi 25 mars 2011 – « L’économie nocturne d’un site minier à grande échelle dans le nord de la Tanzanie », France Bourgoin (Danish Institute for International Studies)

L’exploitation de l’or à grande échelle sur un site à ciel ouvert est une activité orchestrée et organisée de jour. Des milliers d’employés sont envoyés à leurs postes, chacun s’occupant d’une tâche précise pour que le processus d’extraction minière puisse se dérouler correctement. De fait, l’extraction minière représente un phénomène économique qui se déroule à la lumière du jour. Mais à la tombée de la nuit, la circulation continuelle d’énormes camions s’interrompt enfin ; les bus passent prendre les employés ; les agents de sécurité se relaient, et les employés rentrent au camp pour le dîner, la convivialité, et se reposent jusqu’au jour prochain. Les entrées et les sorties du site minier sont alors interdites. Pendant ce temps au loin, au sommet de la carrière se regroupent des douzaines d’hommes du village voisin qui attendent de voir passer le dernier bus ; ces « mineurs artisanaux » viennent au crépuscule exploiter la mine. Ils travaillent toute la nuit, s’éclairant de torches et de lanternes. Des centaines de mineurs envahissent ce site à ciel ouvert chaque soir, esquivant ou se battant contre les agents de sécurité ; ils emploient les mêmes méthodes d’extraction que les mineurs « de jour » mais d’une façon plus rudimentaire ; suivant le gisement, ils se servent de la dynamite pour récupérer du minerai contenant de l’or. Comment la nuit nous fournit-elle une entrée pour comprendre l’économie politique d’un site minier à grande échelle ? En m’appuyant sur des données empiriques recueillies pendant une enquête de terrain sur un site minier en Tanzanie près de la frontière kenyane, cette communication compte considérer la transformation de l’activité économique qui se produit au sein de cette mine à ciel ouvert et le développement d’une économie secondaire qui se construit par des activités nocturnes.


Vendredi 25 février 2011 – « La traversée des frontières » : « Des circulations nocturnes », Jacques Galinier (LESC) ; « Techniques et apprentissages pour préparer la nuit », Anne-Gaëlle Bilhaut (LESC)


Vendredi 28 janvier 2011 – « De l’abolition de la nuit à sa sauvegarde : causes, acteurs et enjeux d’un renversement de paradigme », Samuel Challéat (géographe, université de Bourgogne, UMR 6049 ThéMA)

Au « projet lumière » porté par l’éclairage urbain, symbole de progrès, s’opposent depuis peu de nouvelles considérations amenant à la volonté inédite de « sauver la nuit ». Véritable renversement de paradigme dans une société imprégnée par le symbolisme positif de la lumière face à l’ambivalence du noir, cette volonté nouvelle apparaît pourtant positive et nécessaire. Basée, historiquement, sur la prise de conscience par les astronomes de la perte d’un objet - le ciel étoilé - aux apports innombrables mais devenu pour beaucoup inaccessible, elle s’appuie aujourd’hui sur de nouvelles connaissances en sciences écologiques et sanitaires. Au-delà, cette volonté émergente de sauvegarde du nocturne interroge l’urbaniste, l’aménageur du territoire et l’ensemble de notre société occidentale sur les temps de nos territoires.


Vendredi 10 décembre 2010 – « Les règles de la nuit chez les Yucuna d’Amazonie colombienne : du mythe d’origine aux incantations », Laurent Fontaine (Lacito)


Vendredi 26 novembre 2010 – « Entre terre et mer. La distorsion du temps chez les marins embarqués sur les chalutiers de pêche lointaine », Boris Charcossey (université Paris Ouest)


Mis à jour le 10 janvier 2014




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