Webmail
Annuaire
Accueil du site> Séminaires > Archives de la rubrique > Séminaires/ateliers thématiques > Atelier « Existence et expérience » > Atelier « Existence et expérience : approches anthropologiques »
2013-2014

Atelier « Existence et expérience : approches anthropologiques »
2013-2014

organisé par Albert Piette, Isabelle Rivoal et Anne de Sales

Dans l’Invention du quotidien, Michel de Certeau a souligné les limites indépassables de toute analyse conceptuelle de la réalité de la vie humaine. Bien qu’indispensable dans un projet d’intelligibilité de la pratique et des représentations qui la sous-tendent nécessairement, toute approche conceptuelle produit en effet des restes qui empêchent de rendre justice au « plenum de l’existence ». Il s’agira ainsi de s’intéresser à l’homme dans ses expériences plutôt qu’à partir des représentations que les approches par les narrations favorisent. Autrement dit, il s’agirait de développer une anthropologie de l’expérience humaine qui ne soit pas immédiatement appréhendée à partir des représentations collectives, des explications causales de l’événement, des idéologies et systèmes normatifs, des mythologies ou des cosmologies, mais qui soit avant tout attentive aux modalités humaines d’être-au-monde. Comment saisir par exemple l’intensité de l’engagement dans une situation, les manières d’attendre, de désirer quelque chose, de concevoir un destin, d’être en état d’alerte ou au contraire détaché ?

Pensé pour être avant tout un atelier de travail prospectif, ce séminaire alternera des séances consacrées à l’exploration de la notion d’existence et d’expérience dans la littérature anthropologique, à la lecture commune de textes ethnographiques développant des approches en rendant compte et à l’exposé de matériaux ethnographiques de chercheurs et doctorants.

1er lundi du mois, de 17h30 à 19h30


5 mai 2014, salle 308F du LESC – Michèle Leclerc-Olive (IRIS-EHESS) : « Transmettre l’expérience : un enjeu de savoir ? »


7 avril 2014, salle 304F du LESC – Christine Jungen (LAU-EHESS) : « Au-delà de l’ethnographie : comment décrire l’exister ? »


3 mars 2014 – Isabelle Rivoal (LESC) : « L’existence comme horizon sans fin : réflexions sur la narration ethnographique »


3 février 2014 – Isabelle Jabiot (LESC) : « Le portrait revisité : de l’expérience à l’existence »


6 janvier 2014, 4e étage de la MAE, salle du conseil – Laurent Denizeau (université catholique de Lyon) : « Penser l’existence humaine. Une lecture existentiale de Michael Jackson et de Albert Piette »


9 décembre, 4e étage de la MAE, salle du conseil – dans le cadre de « La MAE reçoit... » François Cooren (université de Montréal) : « Exister plus ou moins. Comment saisir les modes d’existence des êtres convoquées par la parole »

S’intéresser à la conversation nous amène, en tant qu’analystes, à observer comment s’invitent dans les discussions des êtres à ontologies variables, que ces êtres soient des principes, des valeurs, des collectifs, des personnes absentes, des faits, des esprits, enfin toute une batterie de figures qui se mettent à parler à travers la parole des êtres humains qu’ils animent et qui les animent. Des principes se renvoient ainsi les uns aux autres ; des valeurs s’opposent ; des groupes, des organisation, des pays se mettent à échanger leurs points de vue ; des personnes absentes ou décédées se retrouvent à intervenir dans un débat ; des esprits ou des dieux inspirent des échanges, des faits commencent à parler d’eux-mêmes et à compter.
Là ou certains ne voient dans l’interaction qu’un processus de co-construction, nous voudrions pouvoir y voir l’expression d’êtres qui se mettent ainsi à exister plus ou moins, dans la conversation ou ailleurs. Autrement dit, reconnaître qu’il y a construction par la parole (dans la mesure où ces figures invoquées se mettent effectivement à exister sous une forme précise dans et par une conversation donnée) ne veut pas dire que celle-ci épuiserait le mode d’existence de ces êtres que l’on mobilise et qui nous mobilise. Au contraire, elle leur donne un mode d’existence additionnel.
Penser, comme le propose Étienne Souriau (1956), la possibilité qu’il y ait plus ou moins d’existence de quelque chose ou de quelqu’un, c’est donc montrer, comme le propose aussi Albert Piette, que tout est dans le détail par lequel quelque chose ou quelqu’un se met à exister ou à s’exprimer d’une certaine manière. L’existence de ces êtres est donc toujours en train de se faire, il faut pouvoir suivre leur cours, que ce soit dans une situation d’interlocution ou dans d’autres situations. Il faut donc aussi développer de nouvelles méthodologies nous permettant d’accueillir cette existence dans toute sa longitudinalité et ses déclinaisons.


4 novembre – Albert Piette (LESC), Isabelle Rivoal (LESC), Anne de Sales (LESC) : « En quoi consisterait une anthropologie existentiale ? »


Mis à jour le 10 septembre 2014