Marie ROUX – « Champs d’expérience » et « horizons d’attente » des aristocrates gallo-romains lors de l’apparition des premiers royaumes romano-barbares : caractériser leurs manières d’être au temps, dans un âge de transition, au travers des réflexions koselleckiennes

« Champs d’expérience » et « horizons d’attente » des aristocrates gallo-romains lors de l’apparition des premiers royaumes romano-barbares : caractériser leurs manières d’être au temps, dans un âge de transition, au travers des réflexions koselleckiennes

Marie ROUX
Chargée de recherche contractuelle au CNRS, projet ERC « Judaism and Rome » (Centre Paul-Albert Février, Aix-en-Provence).

TRANSITIONS HISTORIQUES : rythmes, crises, héritages.
12e colloque annuel de la MAE

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À la fin des années 470, la chute du dernier empereur romain d’Occident et l’apparition, dans les Gaules, des premiers royaumes romano-barbares constituent deux évènements marquants de l’histoire politico-administrative de cet espace. Il est ainsi intéressant d’observer si les aristocrates gallo-romains perçurent ces bouleversements comme un temps de « crise », de changement ou bien comme étant la suite logique des transformations advenues depuis le début du Ve siècle. Le passage d’un Empire à des regna n’impacta pas seulement la donne administrative ou territoriale, ce fut aussi l’échelle des valeurs et dignités qui permettait aux aristocrates de se distinguer et de se situer au sein des élites qui fut bouleversée. Tous les aristocrates gallo-romains ne vécurent pas de la même manière ce temps de transition politique et n’envisagèrent pas d’une façon identique leur avenir dans un monde occidental où l’Empire romain avait disparu. Leur perception de ces événements et leur manière d’être au temps dépendaient de ce que R. Koselleck appelle leurs « champs d’expérience », comme le rang social de leur famille, les honores qu’ils avaient exercés, leurs réseaux clientélaires et leurs relations avec les pouvoirs barbares, mais ils dépendaient aussi de ce que R. Koselleck caractérise comme « leurs horizons d’attente », à savoir leur capacité à envisager un avenir en dehors de l’Empire que ce soit au service des nouveaux rois ou bien au sein de l’Église. Comme l’avait mentionné l’historien allemand, c’est à partir d’une analyse de la « coordination variable » voire de la « tension » existant entre l’expérience et l’attente qu’il est possible de mieux caractériser chaque « temps historique ». Il est donc intéressant de transposer cette réflexion dans un contexte historique ciblé, ici les années 470-510, afin de percevoir comment les membres des différents groupes aristocratiques gallo-romains ont perçu les bouleversements politiques advenus.

Mots-clés : Gaule, royaumes romano-barbares, « champs d’expérience », « horizons d’attente », Sidoine Apollinaire.