Musiques des origines

Musiques des origines
Narrations du passé, performances et reconstitutions musicales (XXe-XXIe siècles)

1er Workshop international du Programme POLIMUS
Laboratoire d’Excellence (LABEX) “Les passés dans le présent : histoire, patrimoine, mémoire

1-2 Octobre 2015
Université Paris Ouest Nanterre, Maison de l’Archélogie et de l’Ethnologie (MAE), Salle du Conseil (4ème étage)

Entrée libre dans la limite des places disponibles

Journées organisées par le CREM-LESC, le Musée du quai Branly, l’Instituto de Etnomusicologia, Centro de Estudos em Música e Dança, INET-md, Universidade Nova de Lisboa, l’Institut Français d’Archéologie Orientale (IFAO, Le Caire). En collaboration avec le Musée du Louvre, Département des Antiquités égyptiennes.

Comité d’organisation :
– Christine GUILLEBAUD (CNRS, Centre de recherche en ethnomusicologie, LESC-CREM UMR 7186, Université Paris Ouest Nanterre)
– Salwa CASTELO-BRANCO (Instituto de Etnomusicologia, Centro de Estudos em Música e Dança, INET-md, Universidade Nova de Lisboa)
– Sibylle EMERIT (Institut Français d’Archéologie Orientale, IFAO, Le Caire)

Collaboration scientifique :
Julien JUGAND (Centre de recherche en ethnomusicologie, LESC-CREM UMR 7186, Université Paris Ouest Nanterre)

Consulter le programme


Chercher à reconstruire les musiques du passé et leur histoire est une préoccupation ancienne. Depuis le XIXe siècle, l’imaginaire orientaliste a considérablement alimenté l’idée de l’existence de musiques « originelles ». Qu’il s’agisse de musiques « pharaonique », « arabe » ou « hindoue », une même référence au passé, vu comme prestigieux et immuable, a contribué à rationaliser les savoirs musicaux sur la base de filiations construites. Si la période orientaliste est relativement bien documentée, le présent workshop s’attache plus spécifiquement aux manières de dire et de raconter le passé au cours du XXème jusqu’au début du XXIème siècle. En réunissant anthropologues et historiens, il invitera à porter une attention particulière, non plus aux seules représentations du passé mais également aux processus concrets de sa mise en récit. Nous nous intéresserons aux élaborations émanant des disciplines scientifiques, comme la musicologie et l’archéologie musicale, ou encore celles qui se jouent dans la création artistique elle-même, deux domaines qui s’inscrivent également dans des enjeux politiques locaux, nationaux et internationaux. Pour ce faire, nous interrogerons trois types de narrations du passé qui correspondent à trois champs d’études privilégiés :

1) La mise en récit des origines d’une musique et de ses filiations au travers de narrations de type discursif

Les congrès de musicologie et les opérations de rationalisation des théories musicales en art « classique » au court du XXe siècle fourniront des cas exemplaires depuis l’émergence des politiques nationalistes dans les années 1930, jusqu’au développement des politiques patrimoniales dans les années 1980. Ils s’appuient en particulier sur la constitution de savoirs spécialisés comme les « solfèges » et autres formes de théories musicales (classifications rythmiques et mélodiques, notations) qui fournissent la matière au récit.

2) Les performances musicales observées in situ qui mettent en récit des évènements passés

L’ethnographie des « histoires orales » construites au sein de différentes pratiques musicales mettront particulièrement en valeur les dimensions pragmatiques du récit et des formes d’attachement de leurs narrateurs avec le passé réel ou supposé de leur communauté. Une attention particulière sera donnée aux formes de vocalité utilisées, aux types de performance mises en œuvre, à leur charge émotionnelle intrinsèque et aux diverses appropriations du passé qu’elles mobilisent.

3) Les reconstitutions de pratiques musicales disparues.

Le désir de faire entendre des mélodies antiques s’est accompagné du développement d’une archéologie musicale tout au long du XXe siècle, ainsi que d’une production scénique et discographique qui a rencontré un certain succès auprès du public. Contrairement au champ d’étude précédent, le processus de création ne s’inscrit pas à l’intérieur d’une tradition musicale vivante. Les tentatives de reconstitutions des musiques de l’Antiquité fourniront un cas intéressant de narrations et de mises en scène du passé à partir d’exemples de copies d’instruments de l’Antiquité pharaonique et gréco-romaine. Elles montreront comment ces copies s’appuient sur l’étude croisée des sources (notation, matériaux, iconographie, facture et techniques de jeu) pour retrouver des sonorités disparues.

A travers ces trois champs, et sans viser l’exhaustivité, le présent workshop envisagera différents supports de la musique (notations, classifications, textures vocales, instruments etc.) afin d’identifier les articulations complexes qu’ils établissent entre discours et pratique comme autant de formes d’expériences particulières reliant passé et présent.

 

Mots-clés : musique, Histoire, narrations, performance, instruments, reconstitutions, ethnomusicologie, Antiquité