Olivia MUNOZ – La fabrique des « ancêtres » : la gestion des sépultures collectives dans la péninsule d’Oman à la période Umm an-Nar (2700-2000 BC)

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Olivia MUNOZ
Post-doctorante
UMR 7041 – ArScAn (équipe VEPMO)
Page personnelle

LE FUNÉRAIRE. Mémoire, protocoles, monuments.
11e colloque annuel de la MAE

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Les tombes Umm an-Nar sont des sépultures collectives caractéristiques de la deuxième partie de l’âge du Bronze ancien en Arabie orientale. Il s’agit de structures monumentales circulaires en pierres, comportant généralement des partitions internes ; elles sont réparties sur un large territoire, dans des environnements variés (côte, oasis, piedmont et montagne). Ces tombes peuvent contenir des centaines d’individus et ont le plus souvent livré des restes humains désindividualisés et fragmentés, qui représentent l’état final de processus complexes, d’origine anthropique et naturelle, cumulés sur une longue durée.

Les données issues de fouilles récentes, de l’étude du matériel ostéologique, ainsi qu’une revue de la littérature, mettent en évidence des gestes récurrents dans la gestion de ces sépultures : la manipulation et le déplacement des restes dans des fosses adjacentes, la crémation et, plus occasionnellement, la décarnisation des restes.

Ces pratiques peuvent naturellement découler de la nécessité, au fil du temps, de faire de la place dans un espace où un nombre croissant d’individus était déposé. Cependant, la coïncidence d’une palette de gestes complexes dans de nombreux sites laisse supposer qu’ils étaient codifiés. L’adoption de solutions similaires suggère que l’idéologie funéraire qui sous-tend ces pratiques était partagée par des groupes aux orientations économiques diverses, attestant d’une forte homogénéité culturelle. Ces interventions contribuaient probablement à fondre l’individu dans la communauté des « ancêtres » et à renforcer ainsi la cohésion sociale dans celle des vivants.