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Gaussein Pascaline

Pascaline Gaussein

Doctorante du laboratoire




Domaine d’études

  • Membre du laboratoire depuis 2013
  • Thèse en cours sous la direction de A. Holl
  • Titre de la thèse :
    Réseaux magdaléniens entre Rhône et Loire : nature et signification des pièces mobilières
  • Résumé de la thèse :

Ce projet de recherche a pour ambition d’élucider les dynamiques sociales paléolithiques et la construction de(s) l’identité(s) des sociétés magdaléniennes. Il s’agit de placer les logiques de (re)production des sociétés de chasseurs-cueilleurs périglaciaires au cœur des réflexions sur les stratégies territoriales et les comportements socio-symboliques préhistoriques.

Contexte de l’étude

L’aire d’étude s’étend sur le sud du Bassin Parisien, le Bassin Aquitain et la vallée du Rhône. Il s’agit d’une infime partie du territoire des chasseurs-cueilleurs périglaciaires magdaléniens (entre 20500 ans et 13800 ans cal B.P.). Au sud de la Loire, les paysages du centre et sud de la France offrent aux sociétés de tout temps des biotopes variés sur un espace relativement réduit. Des itinéraires de circulation et d’échanges intenses ont été définis entre le sud du Bassin Parisien, les Pyrénées et les rives de la Méditerranée. Le Seuil du Poitou et le Bassin Aquitain s’étendent entre façade atlantique et terres volcaniques et glaciaires du Massif Central, et constituent des régions majeures quant à la densité des occupations, des objets et grottes ornées. Cette aire géographique semble donc constituer un espace essentiel à la vie des groupes magdaléniens. Un nombre moindre de sites a été mis au jour dans le Massif Central et sa périphérie au nord et à l’est. Une étude comparée de ces régions permettrait d’approcher et d’identifier les logiques de circulation, de contacts et d’échanges entre les groupes magdaléniens (étude synchronique, spatiale). De même, l’évolution de ces systèmes sociaux au cours du temps, dans cet espace, pourrait être redéfinie (étude diachronique). Ce techno-complexe, le Magdalénien, est relativement cohérent du point de vue de l’outillage et des armatures lithiques. Il est aussi défini par la multiplication et la diversification des éléments de parure et des représentations graphiques (mobiliers et pariétaux).

Problématique

La problématique de cette recherche porte sur la mise en évidence des dynamiques sociales qui ont motivé et sous-tendu les échanges d’objets et supports mobiliers ornés (pierres et éléments osseux gravés, sculptés, peints, perforés). Ce projet s’appuie donc sur des concepts et des réalités empruntés aux sciences sociales. Comme dans toute société de chasseurs-cueilleurs, la survie biologique des groupes humains se construit au travers des réseaux matrimoniaux mis en place, toujours fluctuants et fluides, ainsi que l’assurance d’un accès aux territoires voisins en cas de crise. La transmission et l’évolution des mythes cosmologiques expliquant le « Comment » et le « Pourquoi » du monde et de l’organisation sociale sont également fondamentales pour la préservation de la société et la construction de l’identité des groupes humains. L’organisation sociale et mentale se matérialise d’une part dans une définition du territoire annuel des groupes, les lieux de regroupement, les espaces connus, les espaces tabous, etc. D’autre part, au travers des objets, des matières premières, des pièces ornées, des parures, qui s’échangent et circulent cycliquement dans l’espace magdalénien : au rythme des saisons et des rassemblements politiques et rituels. Voici le postulat fondamental de l’étude. S’il y a circulation d’individus et d’objets, il existe donc des réseaux de contacts, d’alliances. Selon une approche classique des chasseurs-cueilleurs, c’est notamment la pratique du don/contre-don, soumise à un cycle et des circuits de rencontre et d’échange précis, qui permet d’assurer la survie des groupes et la nécessaire et perpétuelle (re)production de société. Comment se traduisent ces pratiques en termes de répartition et d’évolution des différents objets ornés ? En fonction des saisons, des périodes d’occupation, des sites, paysage et régions étudiés : quelles variations peuvent être observées en termes de densité, de type d’objet, de thèmes et de style graphiques ? Comment les interpréter en termes d’organisation et de dynamiques sociales ?

Ce projet de thèse tend à compléter la réflexion actuelle sur les territoires et les sociétés passées, en proposant une approche équilibrée relevant des diverses facettes des sciences sociales. Il vise finalement à toucher cet "animal social", l’"humain", chez le préhistorique.

  • Date prévue de soutenance : 2016


Curriculum Vitæ

- Bref cursus

  • 2013 Doctorante en 1ère année, ED 395 Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent
  • 2010-2012 : Master Erasmus Mundus « Quaternary and Prehistory », Muséum National d’Histoire naturelle et IPT (Portugal) Mémoire de recherche (Master 2) Art gravé sur supports mobiliers lithiques dans la Vienne magdalénienne. Analyses stylistique, technologique et tracéologique : la figure du cheval
  • 2009-2010 Licence 3 Archéologie, dominante Préhistoire, Université Paris-I

- Responsabilités (terrains, enseignements, autres...)

  • Depuis 2014 : Chargée d’enseignement, vacataire, « Introduction à l’ethnologie préhistorique », Travaux dirigés, Licence 1, Université Paris-Ouest, Nanterre
  • 2012 à 2014 : Spécialiste des comportements symboliques, Équipe de recherche du PCR P11 Triennale n°2012-63, Peuplements et cultures à la fin du Tardiglaciaire dans le Nord du Périgord, entre Dronne et Tardoire, Dir. P. Paillet, MNHN, UMR 7194
  • 2012 à 2014 : Spécialiste de l’art gravé, Équipe scientifique du Taillis des Coteaux. Triennale site magdalénien (Antigny, Vienne), Dir. J. Primault, SRA, UMR 7041


Bibliographie

GAUSSEIN P. (soumis) Graver la pierre entre Vienne et Charente : Où ? Quand ? Comment ? Par qui ? Le cas des chevaux magdaléniens, Paléo

GAUSSEIN P. (soumis) De la liberté d’expression chez les Magdaléniens, Nouveaux éléments d’art mobilier de l’abri de La Piscine (Montmorillon, Vienne), Préhistoire du Sud-Ouest

GAUSSEIN P. (2014) Une nouvelle pierre gravée dans la grotte du Chaffaud (Savigné, Vienne), Bulletin de la Société préhistorique française 111 (1) : 139-142.

20 février 2015


Maison Archéologie Ethnologie
UMR 7055 Préhistoire et Technologie
21 Allée de l’Université
F - 92023 Nanterre cedex


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