© Stéfen Rostain  

Carte des sites de champs surélevés d'Amérique du Sud. À partir du début de notre ère, des champs surélevés sont construits dans les terres basses amazoniennes et les vallées andines du nord et l'est du continent.


Pour achever l’année 2008, déclarée « Année internationale de la planète Terre » par les Nations Unies, nous avons le plaisir de vous présenter un coin d’Amazonie vu du ciel.

L’application, en 1988, de l’archéologie aérienne en Guyane française a permis la découverte de milliers de buttes de terre disposées régulièrement dans les savanes côtières occidentales. Leur répartition sur environ 600 km de littoral, du fleuve Berbice au Guyana oriental à l’Île de Cayenne en Guyane française, correspond à la répartition des populations dites « arauquinoïdes » (650-1650 apr. J.-C.). Ces buttes, édifiées à des fins agricoles, sont en fait des champs surélevés (le mot
« champ » étant pris dans son acceptation la plus commune : une parcelle de terre cultivée). Elles furent étudiées durant une action collective de recherche financée par le Ministère de la Culture et font actuellement l’objet du projet interdisciplinaire Archéologie et écologie des savanes côtières des Guyanes (programme CNRS Amazonie), qui conjugue les compétences d’archéologues, d’archéobotanistes, d’anthropologues, d’écologues, de pédologues et de biologues européens. Les photos présentées ici ont été prises par l’auteur en 1988-1991 et depuis 2005.
Si l’Amazonie, la plus grande forêt tropicale du monde, a une histoire naturelle, elle a aussi une histoire culturelle. La question des champs surélevés en savanes inondables est au cœur du débat actuel sur le degré auquel les occupants précolombiens ont transformé les écosystèmes amazoniens.

Stéfen Rostain

L’exposition a été conçue et réalisée dans le service photographique de la Maison René-Ginouvès par Martine Esline. Photographe, USR 3225, Nanterre.
Textes, légendes et photographies (sauf autre mention) sont de Stéphen Rostain, (CNRS. UMR 8096
« Archéologie des Amériques »), Maison René-Ginouvès, Nanterre.
Numérisation et tirages numériques: Martine Esline.

La reprodution des photographies est interdite.