© Bernard formoso
 
Femme du groupe tibéto-birman Achang (région de Tengshon, Baoshan) tissant une frise de jupe sur un métier à tension dorsale .
 
Hormis deux coopératives d'État qui fabriquent à l'échelle de la province les costumes de certaines minorités, avec l’aide de l’électronique pour les travaux les plus compliqués, le reste, soit 90 % de la production, est réalisé de manière artisanale, à la maison. Si spécialisation il y a, c'est à une échelle très réduite et pour des tâches bien précises. Dans certains endroits, par exemple, des artisans prennent en charge la production de Baïns d'indigo et la teinture des textiles. Ailleurs, des femmes assurent la pérennité d'une année sur l'autre des élevages de vers à soie, … Dans la plupart des groupes, les femmes consacrent beaucoup de temps et d'énergie à la fabrication des vêtements que portent les membres de la famille. L'abnégation, la persévérance et l'habileté dont elles témoignent dans ces tâches sont jugées hautement révélatrices de leur aptitude à gérer un foyer. Leur notoriété sur le plan local dépend donc de leur faculté à produire vite et bien des vêtements utiles, solides, et beaux. Certaines pièces de vêtement comme les jupes en batik brodées des femmes Hmong ou les tabliers brodés de certains groupes tibéto-birmans exigent près de six mois de travail assidu. Lorsque l'on sait que les teintures utilisées empêchent le lavage de la plupart des vêtements ainsi produits et que ceux-ci sont portés jusqu'à l'usure, on comprendra que les femmes, en dehors des travaux agricoles et des tâches domestiques ou d'éducation, consacrent le reste de leur temps à la fabrication des vêtements. Les techniques de fabrication sont le plus souvent transmises de façon empirique au sein du milieu familial ou par le voisinage. Les jeunes filles se voient d'abord confier des tâches auxiliaires, puis progressivement elles acquièrent des savoir-faire de plus en plus complexes. Notons enfin que dans le sud de la Chine et le nord de la péninsule Indochinoise, les couleurs et les motifs brodés ou tissés ont beau être considérés comme des symboles efficaces, ils ne sont presque jamais « investis » de pouvoir magique par des rites particuliers.