© Jean-paul Lebeuf

 

 

 

Ngala [Nigeria] – "The district head" et Jean-Paul Lebeuf

 

Cette exposition met en parallèle deux types de documents de terrain produits par l’ethnologue Jean-Paul Lebeuf au cours de ses deux premières missions africaines, entre 1936 et 1939. Classées par ordre chronologique, trente photographies sont en effet associées, de manière subjective, à des extraits de carnets de route (ou, plus rarement, à de brefs passages de textes publiés) qui tentent de rendre compte de l’état d’esprit de l’ethnologue sur le terrain.

Jean-Paul Lebeuf (1907-1994) a 30 ans lorsqu’il entre au CNRS, au retour de sa première mission africaine. Élève de Marcel Mauss et de Paul Rivet à l’Institut d’Ethnologie de Paris, il est l’un des premiers ethnologues – dans la lignée d’André Leroi-Gourhan – à combiner approche ethnographique et travail archéologique. Faisant sans cesse dialoguer passé et présent, matériel de fouilles et tradition orale, ce pionnier de l’ethno-archéologie a notamment rendu compte de la richesse de l’ancienne civilisation Sao qui s’étendait de l’Ouest tchadien au Nord Cameroun et à l’Est nigérian. Curieux de tout, soucieux d’exhaustivité et avides de connaissances, il a également ouvert ses recherches et ses méthodes d’enquêtes à plusieurs disciplines connexes : ethnobotanique, ethnolinguistique, ethnohistoire ou encore ethnomédecine. Par ailleurs, ses carnets de routes et ses nombreux journaux de voyages témoignent d’un homme attentif à la culture des autres et à leur histoire, mais également sensible à tous ceux qu’il rencontre. À la suite de ses deux missions des années 1930, Jean-Paul Lebeuf retourne régulièrement en Afrique à partir de 1947, en compagnie de sa femme Annie Masson-Detourbet, afin de poursuivre ses enquêtes ethnographiques et ses travaux archéologiques. Sa thèse d’État sur L’Habitation des Fali, montagnards du Nord-Cameroun, est publiée en 1961 à l’Institut d’Ethnologie. La même année, il fonde à Fort-Lamy (actuel N’djamena) l’Institut National pour les Sciences Humaines. Il y organisera en 1966 le premier colloque d’archéologie africaine.

Photographies et notes de terrain sont conservées dans le Fonds Annie et Jean-Paul Lebeuf à la Bibliothèque Éric-de-Dampierre (UMR 7186). Ce fonds comprend également des documents scientifiques (préparations d’articles, notes de cours), les documents administratifs des différentes missions africaines ainsi que leur bibliothèque de travail.

L’exposition a été réalisée dans le service « Arts graphiques et multimédia » de la Maison René-Ginouvès par Martine Esline, Photographe, USR3225, Nanterre.
Les photographies  sont de Jean-Paul Lebeuf.
Le choix des photographies, textes et légendes sont de Sophie Lebeuf avec la collaboration d’Éric Jolly (CNRS, CEMAf), et de Marie-Dominique Mouton (LESC-UMR 7186). Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative, Maison René-Ginouvès, Nanterre.

La reprodution des photographies est interdite.