Homme grimé en mariwin, adoptant une posture de menace

Pendant de nombreuses années les Matis, affaiblis par les maladies et accablés par le deuil, ont plus ou moins renoncé à toute vie rituelle, délaissant les tatouages, les danses et la préparation de boissons fermentées. Dans une perspective chamanique, ces éléments passaient pour excessivement « puissants », et à ce titre dangereux. Peu à peu, la confiance et l’optimisme reprenant le dessus, l’activité cérémonielle a cependant redémarré.

Composante essentielle de la vie rituelle matis, le maïs est avant tout un aliment de fête. Il sert à la fabrication d’une bière très légèrement fermentée et s’oppose symboliquement au palmier wani (Bactris gasipaes), qui s’utilise pour fabriquer les arcs (pia) des hommes mais aussi les bâtons (twinte) avec lequel les femmes remuent le breuvage lors de sa préparation.

Les bosquets de wani passent également pour le lieu de résidence des esprits mariwin, incarnation des temps ancestraux, qui viennent fouetter les jeunes dans le but de les endurcir et de les préserver de la paresse. Il existe plusieurs variétés de mariwin, des rouges et des noirs, ces derniers étant réputés plus anciens et, du coup, plus sévères. Tous sont traités avec respect et leurs « visites » prétexte à des réjouissances : boisson, danses, chants.