Neste, bain de plantes médicinales appliquées aux enfants afin de prévenir de diverses maladies

Traditionnellement, les Matis vivaient dans les régions des sources, loin des grands fleuves avec leurs nuées de moustiques et la proximité des colons. Mais peu après l’hécatombe entraînée par les épidémies de post-contact, les survivants ont été regroupés près d’un Posto Indigeno sédentaire et riverain, installé par le gouvernement brésilien pour les soigner plus facilement. Les plus jeunes ont alors appris à nager, à circuler en pirogue, à pêcher à l’hameçon ou au harpon, et certains ont même récemment pu s’acheter des moteurs hors-bord.
Au bain, qui se prend plusieurs fois par jour, les plus anciens conservent cependant les gestes d’antan : tournés vers l’amont, en position accroupie, ils ramènent l’eau vers leur nuque, plutôt que de s’immerger entièrement dans la rivière.
En saison sèche, lorsque les eaux sont basses, les Matis pratiquent la pêche dite « à la nivrée ». Les hommes rapportent de la forêt le komo, racine ichtyotoxique (appelée timbo au Brésil), qu’ils battent pour en dissoudre les sucs dans l’eau et asphyxier le poisson. Il suffit alors de le ramasser en surface pour s’assurer une pêche abondante, parfaitement comestible puisque les racines privent le poisson d’oxygène sans intoxiquer sa chair.