© : Paul Faur

 

A côté des tous premiers battages à vapeur sur les rares propriétés d’au moins trente hectares, Paul Faur est surtout attentif au travail agricole solitaire, sur des terres morcelées et dispersées où chaque famille produit du blé, du maïs, de l’orge, de l’avoine ainsi qu’un peu de seigle pour le tressage des palholas destinées aux manufactures de chapeaux implantées, depuis la fin du XVIIIe siècle, dans les localités voisines. Les artisans ambulants ou installés dans la ville sont systématiquement documentés : étameurs et rémouleurs, charrons, forgerons, scieurs de long, tanneurs, sabotiers, tailleurs et matelassières, sans oublier les peintres-tapissiers. Mais, plus que des outils ou des gestes techniques, ce sont des compositions esthétiques et des formes sexuellement différenciées de sociabilité qui nous sont données à voir. A la manière des primitifs de la photographie des années 1850 qui, comme Victor Regnault, Alphonse Poitevin, Paul Delondre, transformaient en éléments-signes les outils et les instruments de la vie campagnarde, Paul Faur construit ses scènes de genre autour d’objets-signes dont la prégnance visuelle suspend la simple qualification fonctionnelle.