MENU
Historique
Liste des labos
et des chercheurs
Programme sur 3 ans
Terrains
Bilan mi-parcours
Ateliers
Bilan final
Bilan scientifique
O "M.M.I"
O "Espaces des morts"
O "Parallélisme"
Universitaire
Diffusion
Publications
Documentaire
Enseignements

ATELIERS



MARQUES MATERIELLES
DES IDENTITES

Participants : Chloé Andrieux, M.-Charlotte Arnauld, Claude F. Baudez, Alain Breton, Pierre Becquelin, Stéphanie Geslin, Michelet, Philippe Nondédéo, Juliette Roullet, Valentina Vapnarsky

Chez les Mayas, l'instauration et la dynamique des identités individuelles ou collectives sont liées au territoire et à des lieux sacrés de ce dernier. Parmi ces lieux, soit "naturels" choisis, soit lieux construits, les archéologues et les ethnohistoriens disposent de données sur l'architecture, à laquelle se réfèrent parfois des textes, glyphiques anciens et/ou alphabétiques récents. Nos équipes ont cartographié et fouillé une série de sites mayas classiques dans l'ouest de la péninsule du Yucatan entre 1985 et 2004, et ce sont les données s'y rapportant que l'on soumet à l'analyse dans la perspective d'une géographie du sacré, bien particulière dans chaque cas mais se référant à des principes généraux. Un cas d'édifice catholique construit tôt dans une communauté maya à l'époque coloniale y est adjoint.

De quels individus et de quels groupes ces lieux sacrés marquent-ils l'identité ? Sociétés de cités royales du Classique (600-900 apr. J.-C.) ? Maisons nobles dont dépendaient de nombreuses familles vivant en co-résidence ? Familles étendues résidant dans le même ensemble autour d'un patio ? L'étude des architectures rituelles et des lieux funéraires, par exemple, ne va pas sans que soit défini le contexte, c'est-à-dire la structure de l'habitat.

Dans un premier temps, une typologie de structures rituelles et de configurations spécialisées a été définie et mise en œuvre à partir des sites du Puuc (Xcochkax, Xculoc, Chunhuhub, Chumbeek, Xcalumkin et Sayil), en élaborant leur séquence de développement et de transformation sur trois siècles environ. Cette variation temporelle peut expliquer une bonne partie de la variation spatiale d'un site à l'autre. La catégorie du "religieux" a été discutée dans le contexte archéologique.

Simultanément, pour le Groupe Sud de Balamku, dont les occupants principaux ont prétendu au statut royal pendant un temps, ont été définies les relations stratigraphiques qui permettent d'interpréter les configurations politico-religieuses formées aux différentes époques. Ici encore, le changement temporel révèle les structures profondes d'une certaine géographie sacrée.

Pour les sites sélectionnés, les catégories à étudier ont été établies, d'abord une "cosmologie" appliquée aux centres politico-religieux servant de cadre de référence, ensuite une organisation de l'espace avec lieux sacrés fixes et parcours repérables dans les ensembles formant les centres, enfin des combinaisons d'éléments variables attachés aux "fonctions" sociales, politiques ou domestiques... des édifices.

Enfin, lors de la quatrième session de travail, (3 octobre 2003), en séance plénière du projet: six cas d'études de sites mettant en œuvre les notions établies au cours des séances précédentes ont été présentés de façon assez formelle, c'est-à-dire deux sites représentant la "tradition classique du Petén", La Joyanca et Balamku, et, par ailleurs, Río Bec et les sites du Puuc (structures de l'habitat, architecture et iconographie). A travers les différents cas observés dans l'espace et dans le temps, et la discussion renouvelée sur le "religieux" et le "sacré", ce qui a été particulièrement mis en relief est le rapport fluctuant, toujours à l'intérieur de chaque site, entre la géographie du sacré des espaces publics (de la communauté) et celle des espaces privés (familiaux), dont les principes diffèrent mais se combinent pendant des périodes de temps données, pour des raisons d'ordre identitaire fondamentalement politiques.

Le cas de l'église coloniale du village tzeltal de Bachajón est adjoint à cette série archéologique. Pour la période intermédiaire du Postclassique (1000-1540), il manque encore les conclusions des études réalisées entre 1988 et 1992 sur l'ethnohistoire, l'archéologie et l'ethnographie de Rabinal, dans les hautes terres du Guatemala. A cette époque, les conceptions mayas de l'espace-temps sont différentes de celles du Classique, les identités collectives et le pouvoir politique étant définis par rapport à une origine étrangère au territoire, laquelle est décrite dans les textes ethnohistoriques.

Liste des textes de l'atelier Marques Matérielles des Identités :
cliquer pour les voir

ESPACE DES MORTS

Participants : Chloé Andrieu, Juliette Roullet Ponce, Ruth Piedrasanta Herrera, Olivier le Guen, Perla Pietrich, Helios Figuerola-Pujol

Notre atelier réunit actuellement des ethnologues et des ethnohistoriens autour du sujet des espaces de la mort maya. Le terme "Espaces" regroupe les lieux d'enterrement, les lieux de rites, mais aussi les "au-delà". Notre travail comporte deux volets: le premier est un questionnement ethnographique sur l'imbrication des espaces de morts et de vivants (Figuerola), sur leurs relations (Le Guen) et les passages entre les deux (Petrich).

Quant au second volet, il aborde le problème de façon ethno-historique. Il s'agit de saisir l'impact des coutumes funéraires catholiques sur la géographie de la mort maya aux époques coloniales et postcoloniales (Andrieu) et de percevoir les évolutions de l'investissement social des lieux d'enterrements à travers le temps (Roullet Phélipot). Une autre étude s'intéresse à la création par les Mayas de figures de contrôle religieux catholiques, tels que les maxtols, devenus à San Mateo,au Guatemala, de véritables "spécialistes de la mort" (Piedrasanta).

La grande complexité de ce thème et l'extrême hétérogénéité des réponses mayas au problème de la mort nous ont rendu les comparaisons et les discussions difficiles, que ce soit de façon diachronique (Andrieu et Roullet Phélipot), que synchronique. Afin de trouver un "terrain d'entente" nous avons défini trois thèmes d'études transversales qui nous permettront de dégager les particularités de chaque groupe et les évolutions. Il s'agit :

-des voies de communications entre morts et vivants

-des parallèles entre les mondes des morts et des vivants.

-des espaces de contrôle et les espaces de morts de la veille de la conquête à nos jours.

Liste des textes de l'atelier des morts :
cliquer pour les voir

PARALLELISME

Participants : Claude Baudez, Alain Breton, Helios Figuerola, Stéphanie Geslin, Jean-Michel Hoppan, Emilie Jacquemot, Aurore Monod Becquelin, Juliette Ponce, Valentina Vapnarsky, avec la collaboration de Alice Duroy-Gomez, Paz Nuñez Regueiro.

Cet atelier s'est donné pour objectif d'appliquer les résultats de l'étude du parallélisme, qui fait depuis longtemps déjà l'objet d'une attention particulière de la part des linguistes et des anthropologues, à la description, à la définition et à la caractérisation des « géographies du sacré » en aire maya.

Le parallélisme est un outil stylistique utilisé dans nombre de traditions écrites ou orales dans le monde, reconnu depuis longtemps chez les Mayas tant dans le corpus des textes glyphiques précoloniaux que dans les traditions orales. Dans le but d'en faire la description et l'analyse, les participants à l'atelier ont tenté de cerner les formes, les organisations et l'étendue de ce phénomène d'un point de vue linguistique (grammaire, composition, lexique, pragmatique) et ethnologique (champs sémantiques, fonctionnalité, substituabilité, etc). Ce faisant, deux ordres de faits ont été constatés. Premièrement, l'étendue de ce phénomène dans le temps et dans l'espace oblige à une forme de description utilisable par l'épigraphie et par l'iconologie précoloniales. Deuxièmement, le parallélisme dépasse les problèmes de genre et fait partie de l'organisation cognitive de la réalité. Les paramètres constitutifs qui en permettent l'approche, tels la répétition, la symétrie, la complémentarité, la variation, l'étendue, sont à l'œuvre dans des domaines étudiés par d'autres disciplines : organisation de l'espace architectural pour les archéologues, disposition des thèmes et représentations pour les études iconographiques, manifestations des interactions sociales et rituelles dans le champ de l'anthropologie. Il s'agit donc de concepts fondamentaux pour toutes les disciplines concernées par les Mayas, utiles tant dans la description que dans l'analyse et l'interprétation des faits. Que l'on traite du difracisme, de la conception de l'espace d'un site ou des catégorisations du monde vécu, on retrouve un certain nombre de ces notions tout à fait générales organisées de façon très spécifique. C'est effectivement la spécificité maya dans ses variantes que l'on cherche à saisir. L'ampleur de cette tâche a obligé dans un premier temps à diviser et sérier les objets d'analyse — parallélisme dans les discours rituels, dans des exemples tirés des codex, dans les motifs de l'iconologie, dans la construction de l'espace social — et les traitements de ces objets. Pour l'heure, il ne s'agit que d'essais très limités et exploratoires. Dans cette toute première tentative, l'abord de ce thème paraît restreint à une seule discipline par cas, le travail est cependant largement discuté par l'ensemble des participants.

Le "déchiffrement" de ces composantes structurales et l'utilisation d'outils conceptuels communs nous permettrait, par la comparaison des manifestations dans un ou plusieurs champs donnés, de saisir structures et variantes. Les variantes sont les manifestations des virtualités des structures, productrices d'identités manifestées au cours de l'Histoire. Par exemple, selon un certains nombre de facteurs qui appartiennent au monde réel et à la perception de ce monde par les Mayas, les éléments du système conceptuel sont utilisés pour configurer une orientation prégnante, qui sera Est/Ouest, comme décrit chez les Mam par Watanabe, ou Nord comme décrit par Tozzer et Roys chez les commerçants yucatèques au post-classique.

Les associations explicites qui seront examinées pour commencer appartiennent au lexique des mondes naturel, sauvage, socialisé et construit : qu'elles concernent les grottes, les forêts, les montagnes, les éclairs... ou les lieux-dits, maisons, autels, ou encore celles qui ont trait à l'association homme/territoire et composants de la personne, leurs occurences, fréquences respectives, relations sémantiques sont relevées; de même que sont scrutés le cotexte - entourage de la paire sémantique, modes de présentation morphologique et syntaxique, spécification qualitative ou quantitative - et le contexte pragmatique dans lequel elles apparaissent. En même temps on introduit des textes en langues dans la base de données textuelle.

La phase suivante est la comparaison de ces inventaires, agencements et sémantique des relations dans plusieurs langues mayas : on y décrira les différences dans les associations, l'usage qui en est fait, les genres et sous-genres que leur apparition et fréquence déterminent, essayant ainsi de caractériser chacun des groupes, des rituels, des situations, déterminant ainsi un corpus central et ses variantes. Un de nos objectifs est que les résultats fournissent matière à comparaison avec les données de l'épigraphie (cf. les travaux de Lacadena, Stuart, Hull) en même temps qu'un inventaire de suggestions pour de nouveaux déchiffrements.

Toutefois, ce projet requiert préalablement une définition précise des outils de description et d'analyse (la terminologie linguistique) et oblige à les rendre comparables sinon compatibles pour des recherches qui s'apparentent à celles-ci mais dans d'autres disciplines : les limites de ce que l'on appelle « parallélisme » sont difficiles à tracer, et l'interdisciplinarité nous oblige à repenser des concepts comme « analogie », « répétition », « variante », « variation », « symétrie », et à envisager tous les cas de figure du parallélisme si nous voulons les utiliser de façon opératoire et intercompréhensible.

En effet, motif iconologique « répété », « variantes » de glyphes, terme « complémentaire » ou organisation « analogique » sont des phénomènes comparables qu'il convient de saisir exactement et ensemble si nous voulons approcher un peu la pensée maya. Les pages qui suivent sont une préparation à l'analyse du domaine des géographies du sacré à partir des textes oraux recueillis et transcrits, de textes coloniaux et de textes glyphiques.

Ce rapport est donc un préalable au travail de documentation et d'analyse proposé relativement au projet « géographies du sacré » sur le thème du parallélisme. La première partie établit, à partir d'exemples simples, la vulgate relative au parallélisme et au « langage sacré » ou « langage rituel » ; la seconde partie remet en question ces catégories dans l'optique de travail de l'ACI ; la troisième décrit les tentatives faites puis les formes envisagées de collecte de données et d'intégration des données existantes.

Liste des textes de l'atelier Parallélisme :
cliquer pour les voir