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PROGRAMME SUR 3 ANS


Les modalités concrètes de la mise en oeuvre et de la construction du travail interdisciplinaire sont définies ci-dessous.

Parallèlement à un travail collectif de tous les participants au long des trois années sous forme de séminaires réguliers et associés à des invitations de collègues étrangers, le déroulement des activités (terrains et ateliers) se fera selon la chronologie thématique suivante :


1ère année : CONTRASTES REVISITES, HIERARCHIE
DES CONTRASTES, CHANGEMENTS
(TRANSPOSITIONS, METAMORPHOSES)

- Etude de l'apprentissage des partitions spatiales aux jeunes enfants, qui se fera comparativement dans une communauté traditionnelle, chez les Mayas Yukatek du Quintana Roo (Le Guen, dans le cadre de sa thèse de doctorat) et dans une colonie d'implantation récente, d'origine des Hautes Terres, installées au Campeche dans les Basses Terres (Geslin, dans le cadre d'un DEA puis d'une thèse sur ce thème).

- L'ensemble des "autres" (non Mayas, alliés, étrangers, morts, ancêtres, saints, divinités, etc.) constitue des catégories qui s'interpénètrent et montrent de grandes variations de communauté à communauté. C'est pourquoi tout un groupe de chercheurs s'attachera à redéfinir les termes des contrastes, à les hiérarchiser et à témoigner de leur transformation historique : au Chiapas, Figuerola et Roullet (ethnologie), Monod Becquelin (ethnolinguistique), Becquelin (archéologie postclassique et ethnohistoire) et Andrieu (ethnohistoire) ; dans les Hautes Terres du Guatemala, Breton (ethnohistoire), Petrich et Piedrasanta (ethnologie) ; au Yucatan, Pierrebourg et Becquelin (archéologie et ethnohistoire).

- Une étude des marques matérielles des identités sera menée comparativement à Rio Bec (Petén, Basses Terres du Guatemala à la charnière Classique final/Postclassique ancien (IX-Xe siècles) et en Baja Verapaz (Hautes Terres du Guatemala au Protohistorique (XV-XVIe siècles). L'expression de catégories identitaires au moyen de marqueurs matériels (archéologie) sera confrontée à des catégories identitaires relevant de représentations historiques, mythologiques et/ou idéologiques (ethnohistoire, ethnographie, iconographie). Y participeront Arnauld, Michelet, Nondédéo (archéologie), Baudez (iconologie), Breton (ethnohistoire et ethnologie)

- Les expressions de l'identité dans l'image et dans les textes sont difficiles à mettre en relation avec des marqueurs fixes pour plusieurs raisons : le caractère limité du corpus et les grandes variations stylistiques. Il est d'autant plus urgent d'inventorier les modalités de signification et les finalités communicatives de l'image et du texte. Baudez (iconologie) se penchera sur les variations de l'image tandis que Hoppan et Jacquemot (paléographie, épigraphie) travailleront sur des textes glyphiques et les images qui les accompagnent.


2ème année : NATURE, QUALITE ET DYNAMIQUES
DES FRONTIERES

Les projets de la première année seront poursuivis dans cette nouvelle perspective. Par exemple :

- La catégorie des saints, patrons de village, joue un rôle central dans la structuration d'une identité communautaire dont les frontières, instables, ne coincident que rarement avec celles des découpages géographiques et administratifs. L'histoire récente de ces communautés montre que les déplacements de population n'affectent que rarement le sentiment d'appartenance communautaire et que, en revanche, lorsqu'un groupe veut s'affranchir de la communauté dont il dépend, il demande aux autorités religieuses de lui attribuer un saint patron. Dans les Hautes Terres du Chiapas, ce cas sera étudié en conjuguant les approches ethnohistorique (Andrieu) et ethnolinguistique (Roullet).

- On analysera l'articulation entre les expériences de l'espace vécu et narré (espaces oniriques, espaces des pouvoirs, espaces mythiques, thérapeutiques, etc.) et les pratiques discursives qui à la fois mobilisent et transforment les genres de la parole. La collaboration des ethnologues et des linguistes permet de remettre en question et de qualifier les frontières entre espaces d'expérience et les frontières entre genres. Pour cette étude, nous nous servirons de la base du corpus de tradition orale tzeltal (Figuerola, Monod Becquelin, Roullet) yukatek (Vapnarsky), ch'ol (Geslin), k'iche' (Breton), kaqchikel, tz'utujil (Petrich), introduit dans la base de données textuelles constituée la première année.


3ème année : STRATEGIES IDENTITAIRES. LES MAYAS,
CONTINUITES ET CHANGEMENT

Disposant déjà de résultats sur les catégories de l'espace, de l'identité et du sacré, cette année sera spécifiquement consacrée aux stratégies exercées par les différents groupes, depuis la famille jusqu'à l'ethnie, mais aussi les factions politiques, professionnelles ou religieuses, et cela à différentes époques.

- A Rio Bec, au vu de l'originalité de la configuration et de la disposition architecturales que l'on peut observer au Classique terminal, on s'interrogera sur la nature et/ou les conséquences de cet écart par rapport aux configurations canoniques de la même période. On se posera la question de savoir 1/ si la naissance de l'art Rio Bec est une réponse à une volonté identitaire qui contraste et s'affirme par rapport à celui des Basses Terres centrales ou une simple variante, 2/ si ce changement reflète une évolution des conceptions de l'espace. On touche là à la question fondamentale de la correspondance entre structures matérielles et structures idéelles.

- Notre préoccupation comparative sur la longue durée nous conduit également à comprendre les processus de fission, de mutation et d'appropriation qui s'exercent par des moyens tels que la manipulation des cadres spatiaux de récits mythiques, la fabrication de l'histoire récente dans la tradition orale, l'invocation de textes écrits et sacralisés, des transferts de cadres de repérage (Breton, Vapnarsky). Des processus qui sont au fondement des mouvements de revendications identitaires actuels.