Studia Euphratica. Le moyen Euphrate iraquien révélé par les fouilles préventives de Haditha

Travaux de la Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès n°3

Collection Travaux de la Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès
Sous la direction de Christine Kepinski, Olivier Lecomte, Aline Tenu
Paris, 2006, 29,7 x 21 cm, ISBN : 978-2-7018-0220-6, 81 €

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La construction d’un barrage sur l’Euphrate en amont de Haditha, s’est accompagnée entre 1978 et 1986, dans le cadre d’un programme international, de fouilles préventives largement financées par le gouvernement iraquien. Une région, jusque-là inexplorée sur le plan archéologique, a ainsi livré des vestiges de périodes diverses remontant jusqu’au Paléolithique.
La géographie des environs a toujours limité les possibilités d’implantation humaine. Cependant, en tant que zone de contacts, la vallée joua à plusieurs reprises un rôle clef. Principalement vouée à une économie pastorale, elle fut aussi un lieu de rencontre entre nomades et sédentaires. Tantôt ils s’y affrontèrent, tantôt ils cohabitèrent et pratiquèrent des échanges fructueux. Ainsi la région autour de Haditha est-elle un bon observatoire de la pénétration depuis la steppe de populations nomades : amorrite, araméenne puis arabe. Elles y apparaissent à l’Histoire et acquièrent une certaine visibilité avant de s’acculturer.
Le moyen Euphrate servait de plaque tournante aux échanges à longue distance. Porte d’entrée vers la Babylonie et la haute Mésopotamie, il mettait en relation le Croissant Fertile avec la péninsule Arabique. Enfin il fut au cœur des conflits entre grandes puissances mésopotamiennes. De zone frontière sous la tutelle d’Eshunna, Mari ou Babylone puis Assur, il devint partie intégrante des empires néo-babylonien et achéménide. Il constitua plus tard un enjeu crucial dans la rivalité qui opposa les Romains aux Parthes.
Des pouvoirs divers ont contrôlé la vallée du moyen Euphrate mais la pluralité politique correspond souvent à une unité culturelle et cultuelle liée aux fortes contraintes environnementales et à la dialectique subtile entre pratiques tribales et étatiques, associant parfois de vastes territoires. Tenant compte des sources archéologiques et épigraphiques, qu’elles soient cunéiformes ou classiques, cet ouvrage collectif livre une documentation inédite mais aussi une synthèse unique sur l’histoire de la région.


SOMMAIRE

Christine Kepinski, Olivier Lecomte et Aline Tenu, Introduction
Stefan Karal Kozlowski, The Haditha Lithics
Guillaume Gernez, Armement et société au Moyen-Orient : l’exemple des lances à douille à la fin du Bronze Ancien et au début du Bronze Moyen
Christine Kepinski, Mémoires d’Euphrate et d’Arabie, les tombes à tumulus, marqueurs territoriaux de communautés en voie de sédentarisation
Denis Lacambre, La région du Suhûm à l’époque des archives de Mari (XIXe-XVIIe siècles av. J.-C.)
Kazumi Oguchi et Hiromichi Oguchi, Japanese excavations at ‘Usiyeh
Kazumi Oguchi, Early Guardian Lion Statues in Mesopotamia
Hiromichi Oguchi, Notes on Khabur ware from the Haditha dam A rea Aline Tenu, Le moyen Euphrate à l’époque médie-assyrienne
Philippe Clancier, Le moyen Euphrate de l’implantation des Araméens à la période romaine
Robert C. Henrickson et Lisa Cooper, The Pottery of Yemniyeh
Jean-Louis Huot, Le rhyton de Haradu
Christine Kepinski, Haradu. A General Outline of the Middleand Neo-Assyrian Fortress, with a brief history of the French excavations at Khirbet ed-Diniyeb
Maria Krogulska et Andrzej Reiche, The Parthians on Bijan Island
Carlo Lippolis, Kifrin, avant-poste sur l’Euphrate

Alastair Northedge, The Islamic period in the Haditha dam area