The Kura-Araxes culture from the Caucasus to Iran, Anatolia and the Levant: Between unity and diversity

Paléorient 40.2 – 2014
Volume thématique coordonné par C. Chataigner et G. Palumbi
CNRS Édidtions
ISBN : 978-2-271-08271-8

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The Kura-Araxes culture, named after the two main rivers of the Southern Caucasus, spread from the second half of the 4th millennium over a vast area covering the Southern Caucasus, Eastern Anatolia and North-Western Iran. In the light of recent works carried out in these regions, this volume introduces new approaches and data to questions concerning the origin and expansion of this culture, by exploring elements of unity and diversity among the Kura-Araxes regional components as well as their interaction with other contemporary cultural phenomena.


SOMMAIRE

In Memoriam

Klaus SCHMIDT by H.G. Gebel

Articles

G. PALUMBI and C. CHATAIGNER
Introduction

  • S. E. CONNOR (School of Earth, Atmosphere and Environment, Faculty of Science, Monash University, Australia), E. V. KVAVADZE (Institute of Palaeobiology, Georgian National Museum, Tbilisi)
    Environmental context of the Kura-Araxes culture

Abstract: The Kura-Araxes culture flourished in the South Caucasus and neighbouring regions during the 4th–3rd millennia BC. More than in previous periods, this period saw a greater concentration of populations in the vast volcanic highlands of this region. Palaeoecological records suggest that deciduous forests reached their maximum extent at the time, triggered by changes in temperature and precipitation. In this contribution, the environmental conditions that accompanied the Kura-Araxes culture are reconstructed from palaeoecological data from the region, placing settlement patterns in context and providing insights into human–environment interactions during this period of social and environmental change.

Résumé : La culture Kura-Araxe s’est épanouie dans le sud du Caucase et les régions voisines au cours des 4e et 3e millénaires. De façon plus marquée que dans les périodes précédentes, cette époque a connu une concentration de populations sur les hautes terres de la région, qui couvrent un vaste territoire. Les données paléoécologiques suggèrent que les forêts à feuilles caduques ont atteint leur extension maximale à cette époque, par suite de changements de températures et dans les précipitations. Dans cet article, les conditions environnementales qui ont prévalu pendant la culture Kura-Araxe sont reconstituées à partir des données paléoécologiques de la région, en replaçant les différents modes de peuplement dans leur contexte et en donnant un aperçu des interactions homme-environnement pendant cette période de mutation environnementale et sociétale.

Keywords: Past climate; Environmental change; Palaeovegetation; Western Asia.
Mots-clés : Paléoclimat ; Changement environnemental ; Paléovégétation ; Asie occidentale.

  • A. SAGONA (Classics and Archaeology Programme, School of Historical Studies, The University of Melbourne)
    Rethinking the Kura-Araxes Genesis

Abstract: The Kura-Araxes horizon is arguably the most long-lived and geographically expansive archaeological complex of the prehistoric Near East, stretching from the Southern Caucasus through Eastern Anatolia and Northwestern Iran, to lands beyond. It is also highly distinctive with a cultural package that sets it apart from contemporary traditions. This paper investigates the origins of this perplexing tradition, generally placed around 3500/3400 BC, through a critical review of the evidence. Drawing on well-established sequences and new data, including those from Chobareti, in Southwestern Georgia, it contends that the 4th millennium BC in the Southern Caucasus was a period of cultural interplay and hybridity. This current picture is more interconnected and nuanced than the conventional view, and involves relationships between local and intrusive elements.

Résumé : L’horizon Kura-Araxe est probablement le complexe archéologique du Proche-Orient préhistorique qui a connu la plus grande extension dans le temps et dans l’espace ; il s’étire du Sud Caucase à l’Anatolie orientale et au nord-ouest de l’Iran, puis aux régions situées au-delà. Cette culture possède aussi une forte originalité avec un « bagage » culturel qui la distingue des traditions contemporaines. Dans cet article sont étudiées les origines de cette « surprenante » tradition, que l’on situe généralement autour de 3500/3400 av. J.-C., avec un examen critique des données. À partir de séquences bien établies et des fouilles récentes, dont celles de Chobareti dans le sud-ouest de la Géorgie, il est démontré que le 4e millénaire dans le sud du Caucase fut une période d’interaction culturelle. Cette vision suppose plus d’interconnexions que le schéma traditionnel et implique l’existence de relations entre des éléments culturels locaux et intrusifs.

Keywords: Origins of Kura-Araxes; Chalcolithic; Caucasus; Entanglement; Sioni.
Mots-clés : Origine du Kura-Araxe ; Chalcolithique ; Caucase ; Interaction ; Sioni.

  • E. ROVA (Università Ca’ Foscari di Venezia, Dipartimento di Studi Umanistici)
    The Kura-Araxes Culture in the Shida Kartli region of Georgia: An overview

Abstract: Located in the centre of present-day Georgia, in what is traditionally considered the heart of the Kura-Araxes culture, the Shida Kartli region hosts a relatively high number of excavated Kura-Araxes sites, as well as several sites of the preceding Late Chalcolithic and of the following Early Kurgan cultures. It therefore offers a good opportunity to analyse one of the regional variants of the Kura-Araxes culture in its diachronic development. The paper describes the stratigraphy of the main Kura-Araxes sites of the region, discusses available evidence concerning architecture, settlement patterns, burial customs, pottery and other categories of finds, and attempts at drawing up a relative chronology of the region on the basis of stratigraphy, chrono-typology and recent 14C evidence. The origins and the end of the Kura-Araxes culture in Shida Kartli, and the changing patterns in the subsistence and social organisation of the local population are discussed in the wider framework of contemporary developments in the neighbouring regions.

Résumé : Située au centre de l’actuelle Géorgie, dans ce qui est traditionnellement considéré comme le coeur de la culture Kura-Araxe, la région de Shida Kartli abrite un nombre relativement élevé de sites Kura-Araxe fouillés, mais aussi plusieurs sites antérieurs, du Chalcolithique récent, et postérieurs (époque des ‘Early Kurgans’). Cette région offre donc une bonne opportunité pour analyser l’une des variantes régionales de la culture Kura-Araxe dans son développement diachronique. Dans cet article, la stratigraphie des principaux sites Kura-Araxe de la région est décrite; y sont examinées les données disponibles sur l’architecture, la répartition des sites, les coutumes funéraires, la poterie et d’autres catégories de mobilier. Une chronologie relative de la région est dressée sur la base de données stratigraphiques, chrono-typologiques et de datations radiocarbone récentes. Les origines et la fin de la culture Kura-Araxe dans la région de Shida Kartli et l’évolution des modes de subsistance et d’organisation sociale de la population locale sont présentées dans le cadre élargi des développements contemporains dans les régions voisines.

Keywords: Early Bronze Age; Ceramics; Architecture; Burial customs; Metallurgy.
Mots-clés : Bronze ancien ; Céramique ; Architecture ; Coutumes funéraires ; Métallurgie.

  • R.S. BADALYAN (Institute of Archaeology and Ethnography, National Academy of Sciences, Yerevan)
    New data on the periodization and chronology of the Kura-Araxes culture in Armenia

Abstract: This article discusses the following issues: The Kura-Araxes sequence was of discrete character; its periodization can be dated in-between 3600/3500-2900 (KA I) and 2900-2600/2500 (KA II) BC. The discreteness of the Kura-Araxes phenomenon is reflected in the largely single-layered character of both early (KA I) and late (KA II) settlements: a destructive layer demonstrates the discontinuity of certain multi-layered (KA I-II) settlements. The KA I phase represented throughout Armenia is marked by ‘Elar-Aragats’ type ceramics, which belong to a rather homogeneous complex, widespread almost all over the Armenian Highland. The homogeneity of the complex disintegrates around 2900 BC, and the relative unity is followed by a mosaic of local ceramic styles. The KA II phase contains a series of ceramic complexes similar in basic characteristics but stylistically rather specific. Today, at least three synchronous complexes can be identified on the territory of Armenia, whose areas correspond to physical-geographical regions of the country: the ‘Shresh-Mokhrablur’ complex in the central part of Ararat valley, ‘Karnut-Shengavit’ to the north and east (Aragatsotn, Shirak, Kotayk, Lori-Pambak regions), and ‘Ayrum-Teghut’ in the basins of Aghstev and Debed rivers.

Résumé : L’article discute les questions suivantes : la séquence Kura-Araxe est discontinue ; sa périodisation peut être résumée en deux phases principales, datées de 3200-2900 (KA I) et 2900-2600/2500 (KA II) av. J.-C. La discontinuité du phénomène Kura-Araxe est reflétée par le fait que la plupart des sites n’appartiennent qu’à une phase, soit KA I, soit KA II et que dans certains établissements fréquentés dans les deux phases la transition est marquée par un niveau de destruction. La phase KA I, qui est présente dans toute l’Arménie, est caractérisée par une céramique de type « Elar-Aragats », qui appartient à un complexe relativement homogène, largement répandu sur presque tout le plateau Arménien. L’homogénéité de ce complexe se désintègre autour de 2900 av. J.-C. et l’unité relative qui prévalait auparavant fait place à une mosaïque de styles céramiques locaux. La phase KA II recouvre une série de complexes céramiques ayant les mêmes caractéristiques de base, mais qui présentent des traits spécifiques en ce qui concerne les styles. Actuellement, trois complexes synchrones, au moins, peuvent être identifiés sur le territoire de l’Arménie et leurs aires d’expansion semblent plus ou moins correspondre à des zones physico-géographiques : le complexe ‘Shresh-Mokhrablur’ dans la partie centrale de la plaine de l’Ararat, celui de ‘Karnut-Shengavit’ au nord et à l’est (régions d’Aragotstn, Shirak, Kotayk, Lori-Pambak) et le ‘Ayrum-Teghut’ dans les bassins de l’Aghstev et du Debed.

Keywords: Early Bronze Age; Periodization; Radiocarbon dates; Elar-Aragats; Shresh-Mokhrablur; Karnut-Shengavit ceramics.
Mots-clés : Bronze ancien ; Périodisation ; Datations radiocarbone ; Elar-Aragats ; Shresh-Mokhrablur ; Céramique Karnut-Shengavit.

  • P.L. KOHL (Dept. of Anthropology, Wellesley College (MA), USA) and R.G. MAGOMEDOV (Institute of History, Archaeology and Ethnography, Dagestan Scientific Center, Russia)
    Early Bronze developments on the West Caspian Coastal Plain

Abstract: This article reviews investigations of the Velikent Early Bronze Age Complex and related sites on the West Caspian Coastal Plain of Daghestan, Russia, extending south into Northeastern Azerbaijan. Survey work has determined that this littoral plain was first densely occupied in the middle of the 4th millennium by peoples who already used a potter’s wheel to finish highly fired wares and who were able to melt, cast, and possibly alloy bronze tools, weapons, and ornaments. Technical analyses of materials from Velikent and Velikent related sites are briefly presented, as are the descriptions and illustrations of materials from the Velikent collective tombs and settlements. The article defines a distinct ‘Velikent Culture’ that is related to the Kura-Araxes Cultural-Historical Community but sufficiently different from it to warrant its own designation as an archaeological culture.

Résumé : Cet article passe en revue les recherches menées sur le Complexe du Bronze ancien de Velikent et sur les sites liés à la culture de Velikent, établis sur la plaine côtière de la rive ouest de la mer Caspienne, au Daghestan (Russie) et, plus au sud, dans le nord-est de l’Azerbaïdjan. Des prospections ont montré que cette plaine littorale fut occupée de façon dense pour la première fois au milieu du 4e millénaire, par une population qui utilisait déjà le tour de potier pour façonner des céramiques cuites à haute température et qui était capable de fondre, couler, et vraisemblablement de créer des alliages de bronze pour des outils, des armes et des parures. Les analyses techniques du mobilier de Velikent et des sites apparentés sont présentées brièvement, tout comme les descriptions et illustrations du mobilier des tombes collectives et des établissements de Velikent. L’article définit une ‘Culture de Velikent’ spécifique, qui est reliée à la Communauté culturelle et historique Kura-Araxe, mais qui en diffère suffisamment pour justifier sa propre appellation en tant que culture archéologique.

Keywords: Azerbaijan; Daghestan; Velikent Culture; Radiocarbon Dates; Velikent 2 Ware; Metal Working.
Mots-clés: Azerbaïdjan ; Daghestan ; Culture de Velikent ; Datations radiocarbone ; Céramique de Velikent 2 ; Travail des métaux.

  • B. LYONNET (CNRS, UMR 7192, Collège de France, Paris)
    The Early Bronze Age in Azerbaijan in the light of recent discoveries

Abstract: The article deals with the Early Bronze Age in Azerbaijan, a period when the Kura-Araxes culture starts and develops. The previous excavations carried on settlements and burials or kurgans of this culture often lack of stratigraphy and of precise dates. The main sites are briefly reconsidered here on the basis of recent excavations made at Mentesh Tepe: following a long occupation going back to the Neolithic, three phases have been distinguished within the EBA period (from the second half of the 4th to the second half of the 3rd millennium). The first one is linked to a collective burial under a kurgan, the second to numerous pits, and the third to a rather rich kurgan with a wooden four-wheeled cart dated to the Martkopi phase of the Early Kurgan Culture. This last phase is contemporary with the last period of the Kura-Araxes culture and is considered to be linked to the rise of an ‘international’ trade mainly based on tin. The absence of visible settlements over a large area of Western Azerbaijan leads the author to consider that the population was probably mobile during this long period.

Résumé : L’article concerne l’âge du Bronze ancien en Azerbaïdjan, période au cours de laquelle a commencé puis s’est développée la culture Kura-Araxe. Les fouilles anciennes sur des établissements et des tombes ou kourganes de cette culture manquent souvent de repères stratigraphiques et de dates précises. Les sites les plus importants sont revus ici sur la base de fouilles récentes faites à Mentesh Tepe : après une longue occupation remontant jusqu’au Néolithique, trois phases du Bronze ancien ont été mises en évidence (de la seconde moitié du 4e à la seconde moitié du 3e millénaire). La première phase correspond à une tombe collective sous kourgane, la deuxième à de nombreuses fosses et la troisième à une tombe à char à quatre roues en bois assez riche, datée de la phase Martkopi de la « culture des Premiers Kourganes ». Cette dernière phase est contemporaine de la dernière séquence de la culture Kura-Araxe et l’on estime qu’elle est liée au développement d’un commerce « international », basé principalement sur l’étain. L’absence d’établissement visible sur une large étendue de l’Azerbaïdjan occidental conduit l’auteur à considérer que la population était probablement mobile pendant toute cette longue période.

Keywords: Mentesh Tepe; Collective burial; Mobility; Martkopi Kurgan; Tin trade.
Mots-clés : Mentesh Tepe ; Tombe collective ; Mobilité ; Kourgane de Martkopi ; Commerce de l’étain.

  • C. MARRO, R. BERTHON (CNRS, UMR 5133 Archéorient, MOM, Lyon) ; V. BAKHSHALIYEV (Azerbaijan National Academy of Sciences, Nakhchivan Branch, Azerbaijan)
    On the Genesis of the Kura-Araxes phenomenon: New evidence from Nakhchivan (Azerbaijan)

Abstract: The formative processes of the Kura-Araxes cultural complex, in particular the date and circumstances of its rise, have been debated for decades. This article takes advantage of the recent data retrieved from Ovçular Tepesi, a Late Chalcolithic settlement located in Nakhchivan by the Arpaçay river, to demonstrate that the earliest manifestation of the Kura-Araxes phenomenon should be dated back at least to the last quarter of the 5th millennium BC. More importantly, since the early Kura-Araxes pottery from Ovçular Tepesi was found within the Late Chalcolithic habitat together with buff-coloured Chaff-Faced Ware, we make use of technological and functional evidence to argue that the coexistence of Kura-Araxes and Chaff-Faced vessels corresponds to a multicultural settlement pattern, which involves two human communities that interact at the regional level. We then compare this pattern with later examples of multiculturalism involving Kura-Araxes societies in the Kura and Euphrates basins, but also in Palestine.

Résumé : Les processus de formation du complexe culturel Kura-Araxe, notamment la date et les circonstances de son développement, font l’objet de débats depuis des décennies. Cet article y contribue à travers la présentation de données récentes provenant d’Ovçular Tepesi, établissement situé au Nakhchivan au bord de la rivière Arpaçay. pour démontrer que la plus ancienne apparition du phénomène Kura-Araxe remonte au moins au dernier quart du 5e millénaire av. J.-C. De façon plus significative, étant donné que la céramique Kura-Araxe a été retrouvée à Ovçular Tepesi au sein de l’habitat Chalcolithique récent, associée à de la vaisselle Chaff-Faced Ware, nous démontrons, à travers l’introduction de paramètres technologiques et fonctionnels, que la présence concomitante de ces deux types de poterie traduit la coexistence de deux communautés humaines interagissant au niveau régional. Ces modes de fonctionnement sont ensuite comparés à d’autres exemples de multi-culturalisme impliquant les sociétés Kura-Araxe dans les bassins de la Kura et de l’Euphrate, mais aussi en Palestine.

Keywords: Kura-Araxes ceramics; Multi-cultural settlement patterns; Behavioural patterns; Caucasus; Anatolia.
Mots-clés : Céramique Kura-Araxe ; Structures de peuplement multi-culturelles ; Modes de fonctionnement ; Caucase ; Anatolie.

  • G.D. SUMMERS (The University of Mauritius, Mauritius)
    The Early Trans-Caucasian Culture in Iran: Perspectives and problems

Abstract: Most recent synthetic studies of the Early Trans-Caucasian Culture (ETC) have omitted inclusion of evidence from Iran, concentrating instead on the Trans-Caucasus and Eastern Turkey. Recent publication of Godin Tepe level IV and ETC stratigraphy and architecture at Yanik Tepe permit a wider assessment. Brief reports of new work undertaken by Iranian archaeologists have extended the range of ETC settlements to the edge of the Caspian Basin. Despite chronological imprecision arising from absence of 14C dates, an overview of the Urmia Basin and Western Zagros is attempted. Current evidence suggests that the ETC arrived in the Urmia Basin fully developed and rapidly spread south. This overview addresses local and regional differences in material culture, from building traditions to ceramic styles, against the overwhelming sense of cultural conservatism. A final section is concerned with the end of the ETC and its apparent replacement by the Yayla Culture (Urmia Ware), in the Urmia Basin and portions of Eastern Anatolia.

Résumé : Les synthèses les plus récentes sur la culture Trans-Caucasienne ancienne (ETC) ont omis d’inclure les données venant d’Iran et se sont concentrées sur la Transcaucasie et l’Anatolie orientale. Les récentes publications sur le niveau IV de Godin Tepe et celles qui portent sur la stratigraphie et l’architecture de Yanik Tepe permettent d’en élargir l’étude. Des rapports succincts sur les recherches nouvelles, entreprises par des archéologues iraniens, ont permis d’étendre l’aire de répartition des sites ETC jusqu’au bassin de la mer Caspienne. Malgré une chronologie imprécise qui résulte de l’absence de datation radiocarbone, on s’attachera à dresser un état des lieux pour le bassin du lac d’Urmia et le Zagros occidental. Les données actuelles suggèrent que l’ETC est apparue pleinement développée dans le bassin du lac d’Urmia et s’est rapidement diffusée vers le sud. Ce tour d’horizon porte sur les différences locales et régionales dans la culture matérielle, depuis les traditions architecturales jusqu’aux styles de céramique, en opposition à l’impression générale de conservatisme culturel. Une dernière section concerne la fin de l’ETC, remplacée manifestement par la culture Yayla (poterie d’Urmia) dans le bassin d’Urmia et certaines parties de l’Anatolie orientale.

Keywords: Northwestern Iran; Early Trans-Caucasian Culture; Yanik Tepe; Haftavan Tepe.
Mots-clés : Nord-ouest de l’Iran; Culture Trans-Caucasienne ancienne ; Yanik Tepe ; Haftavan Tepe.

  • M. FRANGIPANE (Sapienza Università di Roma, Dipartimento di Scienze dell’Antichità)
    After collapse: Continuity and Disruption in the settlement by Kura-Araxes-linked pastoral groups at Arslantepe-Malatya (Turkey). New data

Abstract: The paper presents the main results obtained in the recent excavation of the early 3rd millennium levels at Arslantepe-Malatya, which reveal substantial changes following the collapse of the Late Chalcolithic centralised system in connection with the establishment of new groups linked to the Kura-Araxes culture. The new data show that these early 3rd millennium settlements, besides marking a break with respect to the earlier Chalcolithic period and a radically new organisation, interestingly also show more elements of continuity than previously thought in the maintenance of a central role for Arslantepe in the Malatya region and in the continuation of some traditions such as those related to metallurgy. Rather than a momentary intrusion of pastoral communities of Transcaucasian origin, the new picture suggests the temporary appropriation of the site by mobile, probably transhumant groups moving in a wide area around the plain and already (deep?) well-rooted in the region; after the destruction of the 4th millennium palace, they used Arslantepe as their power centre and landmark, probably competing with the local rural population for the control of the site and the region.

Résumé : Cet article présente les principaux résultats obtenus lors de la fouille menée récemment sur des niveaux du début du 3e millénaire à Arslantepe-Malatya, niveaux qui ont révélé de profonds changements après l’effondrement du système centralisé du Chalcolithique récent, en connexion avec l’installation sur le site de nouveaux groupes de population liés à la culture Kura-Araxe. Outre le fait qu’elles marquent une rupture par rapport au Chalcolithique et témoignent d’une organisation radicalement nouvelle, les données récentes montrent que ces occupations du début du 3e millénaire présentent aussi plus d’éléments de continuité qu’on ne le pensait auparavant dans la maintenance du rôle central d’Arslantepe dans la région de Malatya et dans la poursuite de certaines traditions comme celles liées à la métallurgie. L’image qui se dessine maintenant suggère l’appropriation temporaire du site par des groupes mobiles, probablement transhumants, se déplaçant sur un large territoire autour de la plaine [de Malatya] et déjà bien implantés dans cette région, plus qu’une intrusion passagère de communautés pastorales venues de Transcaucasie. Après la destruction du palais du 4e millénaire, ces groupes mobiles ont utilisé Arslantepe comme le centre et le marqueur territorial de leur pouvoir, probablement en conflit avec la population rurale locale pour le contrôle du site et de la région.

Keywords: Early 3rd millennium; Upper Euphrates; Pastoralism; Kura-Araxes connections.
Mots-clés : Début du 3e millénaire ; Haut-Euphrate ; Pastoralisme ; Liens avec [la culture] Kura-Araxe.

  • R. GREENBERG (Tel Aviv University, Dept. of Archaeology and Ancient Near Eastern Cultures) ; R. SHIMELMITZ (Zinman Institute of Archaeology University of Haifa) ; M. ISERLIS (Laboratory for Comparative Microarchaeology, Tel Aviv University)
    New evidence for the Anatolian origins of ‘Khirbet Kerak Ware people’ at Tel Bet Yerah (Israel), ca 2800 BC

Abstract: High-resolution excavation at Tel Bet Yerah of contexts associated with large quantities of Khirbet Kerak Ware (KKW), as well as contexts associated with local-tradition pottery both preceding and contemporary with the KKW contexts, have allowed us to extend the definition of the KKW cultural complex. Wattle and daub, polished and fired clay furnishings, a distinct lithic technology, clay andirons, symbolic objects and ground-stone artefacts can all be attributed to the KKW contexts. They differ markedly from the local tradition and find ample precedents in the ETC/Kura-Araxes world of Eastern Anatolia and the Upper Euphrates region. These finds lend greater credence to the approach that sees the introduction of KKW in the Levant ca 2800 BCE as evidence of kin-based group migration.

Résumé : À Tel Bet Yerah, la fouille intensive de contextes associés à de grandes quantités de céramique Khirbet-Kerak (KKW), ainsi que de contextes associés à la poterie de tradition locale, qu’ils soient antérieurs aux contextes KKW ou contemporains, nous a permis d’élargir la définition du complexe culturel KKW. L’usage du torchis, le mobilier en terre cuite polie, une technologie lithique particulière, les supports de foyers en argile, des objets symboliques et des éléments de mobilier lourd en pierre, peuvent tous être attribués aux contextes KKW. Ils diffèrent nettement de la tradition locale et trouvent de nombreux précédents dans le monde ETC / Kura-Araxe en Anatolie orientale et dans le Haut Euphrate. Ces découvertes donnent plus de crédibilité à l’approche qui voit l’introduction vers 2800 av. J.-C. de la KKW au Levant comme un témoignage de la migration d’un groupe familial.

Keywords: South-Eastern Anatolia; Khirbet Kerak; Early Bronze Age; Lithic technology; Figurines.
Mots-clés : Anatolie sud-orientale ; Khirbet Kerak ; Bronze ancien ; Industrie lithique ; Figurines.

  • T.C. WILKINSON (TÜBITAK/Istanbul Üniversitesi, Edebiyat fakültesi Arkeoloji Bölümü Protohistorya ve Ön Asya Arkeolojisi)
    The Early Transcaucasian phenomenon in structural-systemic perspective: Cuisine, craft and economy

Abstract: The extensive distribution of the distinctive pottery associated with the Early Trans-Caucasian ‘phenomenon’ (known also as the ETC, Kura-Araxes, Yanik, Karaz and Khirbet Kerak cultures) has long posed a complex puzzle for archaeologists. The problem has attracted various explanations based on three main themes—migration, nomadism or metallurgy—as each generation updated the precise scenario to fit current paradigms. This paper considers the macro-scale ‘systemic-structural’ relationship of the ETC to its neighbours, especially the Uruk phenomenon, by comparative examination of food traditions, idiosyncratic modes of craft and exchange, and the management of space. The results emphasize those aspects that make the ETC phenomenon distinct, and allow us to put forward a tentative scenario, which may account for its longevity and intriguing phases of expansion and contraction.

Résumé : La diffusion très étendue de la poterie caractéristique associée au phénomène de l’Early Transcaucasian Culture (connue sous les noms de cultures ETC, Kura-Araxe, Yanik, Karaz et Khirbet Kerak) a longtemps constitué une énigme complexe pour les archéologues. Ce problème a suscité des explications variées, fondées sur trois thèmes principaux – migration, nomadisme ou métallurgie –, chaque génération mettant au point un scénario précis qui corresponde aux paradigmes en cours. Cet article examine la relation « systémique-structurelle » à grande échelle entre le phénomène ETC et ses voisins, en comparant les traditions culinaires, les modes idiosyncratiques de production artisanale (avec des indications sur l’artisanat et sur les échanges) et l’organisation de l’espace. Les résultats mettent en évidence les traits qui font de l’ETC un phénomène particulier et nous permettent de proposer un scénario expérimental qui concourt à expliquer à la fois sa longévité et ses phases d’expansion et de contraction.

Keywords: Early Transcaucasian; Ritual economy; Food traditions; Metal consumption; Spatial hierarchies; Uruk phenomenon.
Mots-clés : Culture « Early Transcaucasian » ; Économie rituelle ; Traditions culinaires ; Consommation de métaux ; Hiérarchies spatiales ; Phénomène Urukéen.

  • M. POULMARC’H (UMR 5133 Archéorient, MOM, Lyon), L. PECQUEUR (Inrap –Croissy-Beaubourg) ; B. JALILOV (Institute of Archaeology and Ethnography, Baku, Azerbaijan)
    An overview of Kura-Araxes funerary practices in the Southern Caucasus

Abstract: Although many excavations have been carried out on sites of the Kura-Araxes culture (3500-2400 BC) in the Southern Caucasus since 1940, no overall study has been made about the funerary practices of the populations. This article presents a synthesis of the information by combining earlier and more recent excavation data with a new viewpoint, the archaeothanatology methods. Across the whole region, 111 sites with burials have been discovered. The burials can be divided into six categories: cists, tombs built in various forms, horseshoe-shaped tombs, pit tombs without surface evidence, tombs indicated on the surface by small heaps of stones, and kurgans. Maps of the sites distribution were established according to the different types of tombs identified and the ways in which the deceased were deposited. The use of archaeothanatalogical methods provides a better comprehension of the body deposits and enables to identify unsuspected burial practices.

Résumé : Malgré le grand nombre de fouilles menées sur des sites de la culture Kura-Araxe (3500-2400 av. J.-C.) dans le Sud Caucase depuis 1940, aucune synthèse n’a été réalisée sur les pratiques funéraires des populations. Cet article présente donc un essai de synthèse en intégrant les données des fouilles anciennes et récentes avec un nouveau regard, celui de l’archéothanatologie. Sur l’ensemble du Sud Caucase, 111 sites où la présence de sépultures est attestée ont été recensés. Les sépultures ont pu être réparties en six catégories : les cistes, les tombes construites de formes variables, les tombes en fer à cheval, les tombes en fosse sans signalement, les tombes signalées en surface par des petits amas de pierres et les kourganes. Des cartes de répartition des sites ont été établies en fonction des différents types de tombes identifiés et des modes de dépôt des défunts. Les méthodes de l’archéothanatologie ont permis de mieux appréhender les modes de dépôt et de mettre en évidence des gestes insoupçonnés.

Keywords: Burial; Archaeothanatology; Kalavan-1; Mentesh Tepe; Uzun Rama.
Mots-clés : Sépulture ; Archéothanatologie ; Kalavan-1 ; Mentesh Tepe ; Uzun Rama.

G. PALUMBI and C. CHATAIGNER
The Kura-Araxes Culture from the Caucasus to Iran, Anatolia and the Levant: Between unity and diversity. A synthesis